L'Anthropo-Bio-Cosmologie : l'ABC des relations
Anthropologiques entre la Biologie humaine et le Cosmos

 
 
Ethnoastronomie
Un mythème universel : l’arbre cosmique

Existe-t-il des « symboles universels » dans les différentes cultures astronomiques ? Pour répondre à cette question, nous souhaitons évoquer le mythème de l’arbre cosmique qui mêle luminaires, Soleil et Lune, astres, surtout les Pléiades, et planètes, surtout Vénus et Mercure. L’axe du monde a un rapport particulier, dans nombreuses cultures différentes, avec les mythèmes du serpent, ou tout animal en connexion à la terre (tortue) ou à l’eau (la tortue aquatique, le poisson, l’anguille…), et de l’oiseau, ou tout autre thème du vol (plumes, lévitation, axe cosmique…). Ces thèmes sont, dans certaines cultures, astronomiquement rattachés aux Pléiades, elles-mêmes souvent associées à Vénus. Anthropologiquement parlant, il existe un mythème  « arbre/serpent/oiseau/axe cosmique » en relation astronomique avec les Pléiades.
Nous verrons la dimension quasi « universelle » du mythème « arbre/axe cosmique », du chamanisme aux sociétés agro-pastorales, en parallèle à l’observation pluriculturelle des Pléiades. Nous analyserons les associations établies encore de nos jours dans cette région entre arbre cosmique et Pléiades. Puis, nous nous intéresserons à cette relation chez les Amérindiens et les Polynésiens.
 
L’arbre ou l’axe cosmique, un symbole universel ?
arbre
La notion d'Arbre Monde, au sein de nombreuses mythologies différentes, renvoie à l'existence d'un arbre cosmique reliant les différentes parties de l'univers. Ces racines plongent dans l’inframonde (ou monde chthonien), son tronc émerge sur terre et ses branches et feuillages s’épanouissent dans le supramonde (ou monde ouranien). Chez les Indo-Européens, par exemple, cet arbre est censé être un chêne (perkwus). Cette notion se retrouve ainsi dans la mythologie scandinave avec le frêne nommé Yggdrasil. En Inde, ce symbolisme à son point de départ dans le banyan, qui se serait développé à partir de la graine de Brahman. Plus tard, c’est sous une autre variété de banyan que Bouddha reçoit l’illumination. Ce concept se retrouve chez d'autres peuples, notamment chez les peuples chamaniques de Sibérie et d'Amérique du Nord.
 
<Yggdrasil, Peinture attribuée à Oluf Olufsen Bagge (http://fr.wikipedia.org/wiki/Arbre_Cosmique)

La relation de ’arbre au serpent est connue dans la tradition écrite, telle que la Bible (mythe emprunté à la Mésopotamie), mais aussi dans les traditions de pré-écriture, comme celle des Mayas ou les Aztèques qui rendaient un culte au « Serpent-Oiseau » monté sur un arbre (Fromager ou Ceiba) symbolisant l’axe cosmique, et dans les traditions orales comme nous le verrons. Dans les peintures des Ngaju, à Bornéo, tout le cosmos est figuré dans les branches de l’arbre de vie, car le cosmos et les êtres vivants sont issus de l’union de l’arbre et d’un oiseau (le bucéros), tous deux en rapport étroit avec le serpent.
L’arbre, comme axe cosmique, serait-il un symbole universel ? Pour répondre à cette question, nous évoquerons les survivances de ce thème à travers ses particularités chez les chamanes, puis dans le chamanisme et les sociétés agro-pastorales et, pour finir, son association à l’astronomie.
 
Les particularités symboliques chez les chamanes
 
Eliade Mircea (1983), dans son étude exhaustive Le chamanisme et les techniques archaïques de l’extase, a bien montré toute l’importance du thème de l’axe cosmique et du vol mystique (serpent, arc-en-ciel, arbre, axe cosmique, lévitation …) dans le chamanisme et, dans son chapitre « Chamanisme et cosmologie » (Ibid, pp.211-231), de la numérologie cosmique en relation avec les nombres divisibles par 3 (6, 9, 33, 99…) et le nombre 7, qu’il attribut en partie à la probabilité d’une influence mésopotamienne. Cette particularité numérologique, du 3 et du 7, est pourtant tout autant attestée en Afrique du Nord-Ouest.
 
parure subérie< Objet de parure de Mal'ta (Sibérie) et Mézine
(Schmider, 1992, p.450)
 
Pourtant, une spécificité chamanique d’Eurasie est probable. Les fouilles archéologiques de la préhistoire sibérienne prouvent que les chamanes du Paléolithique supérieur de la Sibérie ont très tôt développés, dans la Vallée d’Angara, un art de la parure où dominent serpent, sinusoïde ou cercle concentrique et oiseau en plein vol (cygnes), comme en témoigne les objets sculptés dans de l’ivoire de mammouth sur le site de Mal’ta sur la rive de l’Angara qui afflue dans le lac Baikal (Schmider, 1992, p.446).
Si le mythème du serpent est, de façon purement symbolique et analogique, souvent mis en relation à celui de l’arbre (De Beaucorps, 1989), le premier mythème est surtout très vivant dans le chamanisme à travers le « Serpent-Arc-en-Ciel » figurant dans l’initiation du medecin-man australien (Eliade Mircea, 1983, p.120). Eliade Mircea associe volontiers l’arc-en-ciel au chiffre 7 qui est le nombre de ses couleurs, mais qu’il est possible également de rapprocher du nombre d’étoiles des Pléiades dans lesquelles les Aborigènes distinguent 7 sœurs. L’arc-en-ciel est aussi souvent représenté sur les tambours chamaniques (Ibid.), un thème développé par l’auteur (« Le tambour chamanique », Ibid., pp.144-153), constitué de peau d’animaux et d’une caisse en bois, matériaux qui met en résonnance l’esprit de l’animal (peau) avec l’arbre cosmique (bois).
La forme la plus courante pour ce tambour est une forme ronde ou ovale, et suffisamment plat pour pouvoir être transporté facilement. La caisse est toujours en bois creusé dans un tronc ou une bûche, et la peau tendue sur cette caisse est souvent aujourd'hui faite de peau de chèvre ou de daim (autrefois de bisons) chez les Amérindiens, et de peau de cheval chez les peuples Sibériens. L'arbre qui sert à faire la caisse du tambour n'est pas n'importe quel arbre. Celui-ci est désigné par les esprits au chaman (lors de rêves ou de visions), ou bien on prend un arbre qui a été frappé par la foudre, ou encore un arbre renversé qui pointe ses racines vers le ciel. Ainsi, cet arbre devient un avatar de l'Axis Mundi, ce qui permet au chaman lorsqu'il bat le tambour d'accéder à l’axe cosmique sur lequel il peut alors monter jusqu'aux Cieux.
Selon les peuples, la décoration du tambour est très variable. Chez les Amérindiens, le dessous du tambour est orné de 6 bandes de cuir ou tiges de bois tendues en rayons, avec au centre, un lien de cuir ou de tissu qui sert alors de poignée pour tenir le tambour. Chez les Ostyaks et les Samoyèdes de la Sibérie occidentale, la surface extérieure ne porte aucun dessin. Mais, des oiseaux, des serpents ainsi que d'autres animaux sont représentés sur la peau des tambours toungouses. Sur les tambours des Toungouses transbaikaliens : le symbole de la Terre ferme ; plusieurs groupes de figures anthropomorphes, à droite et à gauche, et nombre d'animaux. On ne peint aucune image au milieu du tambour, mais « les huit lignes doubles qui y sont figurées, symbolisent les huit pieds qui supportent la Terre au-dessus de la Mer » (Ibid., p. 147). Le symbole du tambour et des nombre paires (4, 6, 8) se retrouve ailleurs. 
Le Tambour a d'ailleurs une symbolique plus affirmée encore quand il s'entoure de 8 lanières de soutien. Elles représentent alors, les 4 directions cardinales et leurs intermédiaires, les 8 rayons de la roue de médecine, dans le cadre notamment du chamanisme indien d'Amérique du Nord, mais aussi les 8 pattes du cheval magique que le dieu scandinave Odin chevauche.
Il existe un zoomorphisme particulier au chamanisme. Nous l’avons déjà vu pour le serpent et l’oiseau. Nous allons le voir pour la tortue.
La tortue est aussi un axe du monde puisque sa carapace symbolise le ciel et ses 4 pattes la terre, représentant ainsi une sorte de mandala en trois dimensions. Cette représentation, proche du tambour chamanique, survit encore de nos jours en Chine. Il est frappant de constater à quel point c'est dans la civilisation chinoise que la tortue a le plus marqué les esprits. Il faut dire que les premières traces de l'écriture chinoise remontent à environ 3500 ans et que ces idéogrammes primitifs, lorsqu'ils n'étaient pas gravés sur de la pierre, l'étaient sur les carapaces de cet animal. Dans la cosmogonie chinoise, le monde est porté par quatre éléphants, eux-mêmes soutenus par une tortue. Cette vision du monde vient probablement d'Inde ou l’a influencée. En effet, en Inde nous retrouvons la tortue portant les éléphants, comme dans la cosmogonie chinoise. Pour les hindous la création du monde revient au dieu Brahmâ. Un énorme serpent, se mordant la queue, symbolise la course éternelle du Soleil dans le ciel. Sur ce serpent repose une tortue. C'est par elle que la force des cieux va se traduire dans le monde terrestre. La tortue prend donc dans l'esprit de l'hindou le symbole de force et de pouvoir créateur. Sur cette tortue se trouvent des éléphants qui portent les trois mondes, l’inframonde, le monde intermédiaire des hommes et de la Terre et le supramonde. C'est par la tortue que ces trois mondes existent, car elle en est le lien direct. Nous trouvons là une association entre tortue et serpent.
En Polynésie, la tortue (honu) est un animal sacré dont la consommation est réservée aux rois (ari’i). Les tortues de mer sont pêchées au filet, mais aussi en les rabattant jusqu’au rivage. Aux Tuamotu, les pêcheurs de tortues les chevauchent, comme les chamanes peuvent chevaucher leur tambour, pour les asphyxier, ce qui évoque un accouplement sexuel entre homme et tortue.
Dans certains atolls, le cycle de reproduction des tortues est observé par rapport aux Pléiades qui, dans certaines îles de la Société, sont représentées par une tortue (voir chapitre IV). A Bora Bora, les pétroglyphes représentant des tortues symbolisent la fertilité, comme à l’île de Pâques certains pétroglyphes évoquent leur association avec les 28 lunaisons visibles sur le cycle synodique de la Lune (voir illustration). Selon la légende (Henry, 1993, p.392), tortue, poule et cochon seraient nés d’un seul et même couple habitant l’île d’origine mythique des Polynésiens, Havai’i. La poule, surtout la poule blanche, est liée au supramonde et aux dieux (atua), le cochon est lié à la terre ferme et la tortue à l’eau, alors que le chien polynésien est un animal chthonien lié à l’inframonde. La tortue symbolise donc, avec le cochon, le milieu intermédiaire de l’arbre cosmique. Ce sont les mets les plus délicats à sacrifier sur les lieux de culte (marae) qui font la jonction entre le ciel et la terre.
En Polynésie, la tortue a donc gardé un caractère chamanique et entretient une relation certaine avec la fécondité, la Lune et les étoiles.
 
Du chamanisme aux religions agro-pastorales :
 
Si Eliade Mircea a très bien attesté du symbolisme de l’axe cosmique dans les religions chamaniques qui développent le mythème de l’ascension et du vol mystique, il faut cependant souligner que le thème de l’arbre cosmique est autant présent dans les sociétés agro-pastorales d’Afrique, mais cette fois sous la forme de l’arbre cosmique, que dans les sociétés non agraires. Ces sociétés africaines ont, d’ailleurs, souvent fait preuve d’une grande adaptation du chamanisme archaïque aux cosmogonies agro-pastorales. Yves Lambert (2009) montre bien que, sous l’apparence de la révolution du Néolithique où les sociétés s’établissent par une nouvelle approche des répartitions des rôles bien plus hiérarchisés, le chamanisme persiste en développant des pratiques de « spécialiste » plus individualisées que, par exemple, dans le chamanisme sibérien. Des relations étroites ont aussi été établies (Hell, 1999) entre chamanisme et possession par la similitude de la vision du monde des esprits, la possession étant très répandues en Afrique et, comme le chamanisme, ne présente pas de culte des ancêtres mais une référence constante aux esprits. Cette référence aux esprits, dans le chamanisme, plus qu’aux ancêtres, dans les sociétés agro-pastorales, existe au sein d’une conception cosmologique privilégiant une relation équitable entre les animaux et les hommes, encore pratiquée par les chamanes de Sibérie. Dans cette conception, le chasseur-chamane « reçoit » des esprits les animaux chassés, plus qu’il ne les « tue ». En contre partie, la mort de l’homme permet aux esprits de se nourrir à nouveau pour pérenniser le « stock » de force vital des animaux. Dans cette perspective, l’axe cosmique, qui unit homme et animaux, ne connaît pas de niveaux segmentés. Non hiérarchisé, il est fluide et en perpétuel rééquilibrage des forces vitales. Nous verrons que cela est très différent dans l’arbre cosmique africain.
L’arbre cosmique, qui a été profondément analysé par Viviane Pâques (1995), fait encore l’objet de symboles et de mythes dans la pensée populaire et dans la vie quotidienne du nord-ouest africain. Chez les Dogons, comme beaucoup d’autres ethnies du Mali, l’arbre cosmique est directement lié au rite de circoncision. Selon le mythe dogon, le désordre cosmique aurait été la cause originelle de la circoncision (Chebel, 2006, pp.69-70). Le héros Ogo (ou Pemba chez les Malinkés et les Bambaras), en voulant retrouver sa sœur jumelle, aurait bouleversé l’ordre cosmique. « Toute l’histoire de la circoncision [africaine] est liée au va-et-vient d’Ogo qui circule entre la Terre et le Ciel », nous dit germaine Dieterlin (in Dictionnaire des mythologies, p.201, cité par Chebel, 2006, p.70). Conséquence : les hommes doivent être circoncis et les femmes excisées, pour déterminer leur sexe respectif qui, sans cet acte, reste dans l’androgynie. Les Dogons nomment « menstrues des hommes » le sang de la circoncision qui est, comme dans de nombreuses ethnies, « la façon dont les hommes s’y prennent pour mettre leurs fils au monde » (Chebel, 2006, p.70). La circoncision a donc un étroit rapport avec la fécondité et la fertilité, en parfaite analogie avec le monde végétal de l’arbre cosmique. En Afrique, les rites de passage comme la circoncision ont pour effet de segmenter la fluidité de l’axe cosmique en séparant les être humains par leur distinction sexuelle et en leur épargnant l’état primordial androgynique : « Les rites transforment l’enfant. Il est un être neutre, proche des femmes ; après l’opération, c’est un mâle » (Chebel, 2006, p.73). Nous verrons (dans nos parties II et IV) que, dans les mythes astronomiques des Pléiades associés parfois à la circoncision, la jeunesse des enfants, frère et sœur, jouent un rôle particulier dans la fluidité cosmique leur permettant de « monter au ciel ».
 
Symbole de l’arbre cosmique astronomiquement associé à Mercure, Vénus, à la Lune et au Soleil
 
L'arbre est un mythe bien connu expliqué dans le livre de la Genèse, dans l'Ancien Testament. Mais ce n'est pas un concept propre au Judaïsme et au Christianisme. En effet on le retrouve, sous des formes différentes, dans le monde entier.
Selon la Genèse 2,9, il y avait deux arbres dans le Jardin d'Eden, l'Arbre de Vie et l'Arbre de la Connaissance. Il semble bien que les Hébreux aient connu ces deux arbres grâce aux peuples de Mésopotamie. Selon les Sumériens, il y avait un bosquet sacré dans la ville d'Eridu qui était consacré au dieu Enki (Ea en akkadien), dieu des eaux souterraines. Là étaient plantés deux arbres sacrés. On prétendait que les racines de ces deux arbres descendaient jusque dans l’inframonde et que leurs branches atteignaient le ciel. L'Arbre cosmique est souvent représenté entouré par des êtres envoyés par le dieu Ea qui sont soit des hommes habillés en poissons, soit des hommes portant des ailes ou des hommes à tête d'oiseau.  
La déesse sémite Asherah était connue par les Cananéens d'Ougarit sous le nom d'Athirat. Elle semble avoir été représentée par un poteau de bois car son nom pouvait être traduit par « Bosquet », « Jardin », « Arbre » ou « Lieu sacré » qui comportait sept branches. Le septénaire était également un attribut de l’arbre cosmique africain et mettait l’arbre en connexion avec les 7 étoiles des Pléiades.
La déesse sémite Asherah est très proche de la déesse de Vénus, Ashtart ou Astarté (déesse phénicienne de Vénus) ou d’Athtar qui devint ‘Ashtar, la déesse de la rosée. Chez les Arabes préislamiques cette dernière devint le dieu vénusien de la fertilité par l'irrigation et les pluies d'orage. Ces noms évoquent les déesses babyloniennes Ishtar (étoile du matin), déesse de l'amour et de la guerre (associée à l’est), et Inanna (étoile du soir), déesse des enfers (associée à l’ouest). Il faut souligner qu’à Babylone, c’est Vénus qui préside au ciel et aux enfers et que, le long de l’arbre cosmique originaire de Mésopotamie, c’est elle qui investit tant le monde céleste que le monde infernal.
Pour les Chinois, le centre de l'univers, le lieu où devrait se trouver la Capitale parfaite, est marqué par Kien-mou, « Bois dressé ». Kien-mouest l'arbre du renouveau, donc aussi du commencement absolu, celui du monde. « Il réunit les Neuvièmes Sources (séjours des morts) aux Neuvièmes Cieux, les Bas-fonds du monde à son Faîte... et l'on dit qu'à midi rien de ce qui, auprès de lui, se tient parfaitement droit ne peut donner d'ombre. Rien non plus n'y donne d'écho » (Brosse, p.34, 2001). Par son tronc qui est creux, montent et descendent les souverains, soleils des hommes, médiateurs entre le ciel et la terre. De part et d'autre de Kien-mou, se dressent au levant Pan mou,un immense pêcher, dont les fruits confèrent l'immortalité, et au couchant l'arbre Jo, sur lequel les Dix mille soleils viennent se percher le soir. En d'autres représentations de l'univers, le rôle principal est dévolu à Kong­sang, lemûrier creux, résidence au levant de la Mère des Soleils, d'où s'élève le matin l’astre du jour. Notons que le mûrier sacré était considéré comme hermaphrodite, antérieur à la partition du clair et de l'obscur, du ciel et de la terre. Il symbolisait, par conséquent, l’état originel de fluidité entre l’inframonde et le supramonde.
En Amérique Centrale, le Codex Borgia illustre les croyances des anciens Mexicains. Au centre du monde, se dresse l'arbre multicolore qui jaillit du corps d'une déesse terrestre représentant l'ouest. Il est flanqué d'un côté par Quetzalcóatl, le « Serpent-Oiseau » à la fois chthonien et ouranien, le dieu qui s'est sacrifié sur un bûcher afin de donner vie au soleil et à la planète Vénus » (Brosse, p.35, 2001), le « Serpent-Oiseau » étant le dieu de Vénus. Soulignons que, afin que renaisse le monde, les Aztèques, qui pratiquaient des sacrifices sanglants, suivaient pour cela un calendrier soli-vénusien en relation aux Pléiades (Frazer, pp. 392-400, 1983)
Le serpent et l’aigle représentent les deux pôles d’une même identité dans le chamanisme. L’aigle est le pôle céleste et solaire de l’arbre cosmique, le serpent le pôle terrestre et lunaire. Chez les Aztèques, les aspects de l’arbre cosmique sont tripartites :
·         le jaguar représente l’aspect chthonien et les racines de l’arbre cosmique
·         le serpent son aspect terrestre et son tronc
·          l’oiseau on aspect céleste et son sommet
En ce qui concerne le rapport de la planète Mercure/Hermès avec les Pléiades et l’arbre cosmique, il nous faut aller les trouver en Grèce. En effet, le nom de la planète Mercure vient des Grecs qui la nommèrent Hermès (?ρμ / Herm?s). Fils de Zeus et de Maïa, Hermès était le messager des dieux, rôle céleste. Lié à ce rôle de messager, on dit qu'il est également le conducteur des âmes aux Enfers, rôle chthonien. Fils de Zeus et de Maïa, il naît un matin dans une caverne du mont Cyllène en Arcadie. Selon le premier Hymne homérique qui lui est consacré, il bondit de son berceau quelques instants seulement après sa naissance. Sur son chemin, il rencontre une tortue qu'il tue ; de la carapace, il fabrique une lyre sur laquelle il célèbre sa propre naissance (Hymne à Hermès I, 16 et 24-61), ce qui lie le dieu au vieux symbole chamanique de la tortue. hermes
 
< Hermès et son caducée, coupe attique à figures rouges du Peintre de Tarquinia, v. 480–470 av. J.-C.
 
Ses attributs étaient le caducée et les sandales ailées. Le caducée (en grec ancien, κηρýκειον / kêrúkeion, « sceptre du héraut » ou ?Ü?δος / rhábdos, « bâton ») est composé d'un bâton surmonté de deux ailes, autour duquel s'enroulent deux serpents qui se font face à son sommet. Ce caducée est le sceptre porté par les hérauts chargés de porter des messages importants, fonction en rapport avec son rôle de messager des dieux. À l'origine, il est simplement en olivier, mais par la suite, les branches de l’arbre se sont enroulées autour du bâton pour figurer des serpents. Avec les sandales ailées, nous retrouvons là les deux thèmes de l’arbre cosmique : serpent et oiseau. Enfin, Hermès a partie liée aux Pléiades, par l’intermédiaire de sa mère, Maïa, nom que les Grecs donnaient à la grand mère, la nourrice, la Terre-Mère. Maïa était une Pléiade, fille aînée de sept filles du Titan Atlas. Elle était aussi la sœur des Hyades. Les Pléiades ayant été chassées pendant de nombreuses années par Orion demandèrent la protection des dieux. Elles furent changées en colombes et placées en constellation dans le ciel. Les Romains donnèrent son nom (Maïa) au mois de mai durant lequel fut pratiqué, dans toute l’Europe occidentale, un rite du cycle des saisons : l'arbre de mai, rituel de fécondité lié au retour de la frondaison. Cela souligne bien le lien entre Mercure, l’arbre cosmique et les Pléiades.
Dans la civilisation de l’Indus, à Monhenjo-Daro, l’arbre cosmique est similaire à l’arbre mésopotamien et hinaaccompagné des mêmes symboles, il s'agit ici du figuier, dans le feuillage duquel se produit l'épiphanie d’une déesse nue. Ces représentations serviront ensuite de modèles à celles qui décorent les monuments du sud de l'Inde, édifiés par les Dravidiens qui occupaient le pays bien avant que l'invasion aryenne les refoule vers le sud. Ficus religiosa demeurera en Inde l'arbre sacré. En Inde aussi il existait deux arbres sacrés, tous les deux de la famille des figuiers. Le banyan (Ficus Bengalensis) est un Arbre de vie, il est nourricier, apporte la fertilité et même l'immortalité. Quand au pipal (Ficus Religiosa), il représente la Trinité Hindouiste. En Afrique du Nord-Ouest, l’arbre cosmique possède aussi les attributs du tripartisme.
En Polynésie, la banyan (ora) était l’arbre cosmique de Hina, la déesse de la Lune, qui, pour les anciens Polynésiens, était représentée dans notre satellite accompagné de son arbre sacré (voir illustration ci-contre). Dans d’autres représentation, elle figure dans la Lune avec son oiseau fétiche, un u'upa (pigeon vert sauvage), qui demeurait dans l'arbre, se nourrissant de ses petites figues dont il apporta quelques exemplaires sur terre. « Une fois près de la terre il éparpilla les fruits qui donnèrent naissance aux premiers banyans en Polynésie. Les populations, trouvant l'écorce propre à la fabrication du tapa (tissus d’écorce d’arbre), répandirent l'arbre un peu partout » (Henry, 1993, p.483). Notons que le tapa se fabrique également à partir du mûrier chinois dont nous avons déjà évoqué la relation au Soleil. Le récit du banyan polynésien s’inscrit donc parfaitement dans le thème de l’arbre cosmique associant astre (Lune), arbre cosmique (banyan) et oiseau (pigeon). De plus, Hina, à l’instar de la déesse vénusienne babylonienne, fit également un séjour aux enfers dont elle fut tirée par le héros légendaire Tafa’i. On raconte que Tafa’i sauva Hina des confins du monde des esprits. La déesse allait se précipiter dans l’inframonde, lorsque « Tafa’i fit un bond prodigieux dans l’air et la saisit par les cheveux » (Henry, 1993, p.577-8). Comme Vénus, en Mésopotamie, la déesse polynésienne de la Lune circulait donc entre les mondes extrêmes de l’arbre cosmique.
 
Nous ne pouvons traiter, dans cet article, de tous les aspects astronomiques en relation à l’arbre cosmique, mais, en guise de réponse à notre question sur l’universalité du thème de l’arbre cosmique, nous reproduisons un tableau synoptique des diverses associations astronomiques au thème de l’arbre/axe du monde qui paraît bien universel.
 
L’arbre cosmique et ses relations astronomiques dans les différentes cultures (sociétés de traditions orales ou proto-écrites – en vert - et écrites – en brun -) :
 
Sociétés de tradition orale pure ou à proto-écriture
Proto-écriture
(glyphes mayas et aztèques)
Hiérarchisée et verticale
Théocratie
Dieux (polythéisme)
Instrument mnémotechnique
(signes, cordelette…)
Prêtrise et chefferie, rite de passage, sacrifice
Dieux et déesses (polythéisme bisexuel)
Tradition orale
Société horizontale de chasseurs-cueilleurs, pêcheurs
Chamanisme, totémisme, possession
 
Tradition écrite
Théocratie,
dieux (polythéisme) et/ou Dieu (monothéisme)
Temple, urbanisation
 
Mythes et représentations astronomiques (symboles)
Mythe solaire et calendrier solaire,
 
(roue ou barque solaire)
Calendrier soli-lunaire, utilisation de calendriers +ou- astrologiques ou du zodiaque
<     axe cosmique  >
(arbre-serpent-oiseau)  
Mythe et calendrier lunaires, étoiles et constellations
(tambour, tortue)
Cultures afro-américaines
Amérique Centrale (Mayas, Aztèques) et Amérique du Sud (Incas)
Afrique du Nord-Ouest
Amérique du Nord (chamane et totem)
Cultures afro-océaniennes
 
Egypte pharaonique
 
 
Océanie (totémisme)
Polynésie (possession)
Cultures asiatiques et indo-européennes
 
Germains, Scandinaves
 
Mésopotamie, Hébreux
Inde, Grèce
Sibérie (chamanisme)
Chine et Asie du Sud-Est bouddhistes
 
 
Les Pléiades dans les traditions avec ou sans agriculture
 
Un autre fait intéressant est l’observation des Pléiades dans le monde, autant dans les sociétés n’ayant pas adoptées le mode de vie post-néolithique que dans les sociétés agricoles.
L’observation des Pléiades dans lemonde, dans les traditions totémiques et chamanique sans agriculture (aborigènes d’Australie) et dans les traditions de production agricole, a été attestée très tôt par George Frazer (Frazer, 1983, pp. 392-400).
 
art aborigene< Tableau représentant les Pléiades de Gabriella Possum Nungurrayi, peintre de l’École Aborigène, exposé au MAMAC de Nice
 
L’étude de synthèse de l’auteur montre une observation « limitée » à 6 ou 7 étoiles de l’amas ouvert, alors qu’un œil expérimenté peut en observer jusqu’à 9. Le dogmatisme du père du Rameau d’or attribue cette constante à une raison de l’ordre des mentalités « primitives » qui, selon lui, auraient été incapables d’en faire une observation exacte. Nous croyons plutôt que la récurrence du nombre d’étoiles, comptées 6 ou 7, appartient à une raison d’ordre numérologique, en relation avec la symbolique du septénaire et celle des nombres divisibles par 3, l’un et l’autre apparaissant dans les traditions totémiques ou chamaniques, comme dans les traditions agro-pastorales.
Une autre constante relève du système de parenté, les étoiles des Pléiades évoquant, dans leur majeures partie, des enfants ou des frères et sœurs.
Voici, en résumé, les occurrences de l’observation des Pléiades dans le monde :
- en Océanie : Australie (7 sœurs), Polynésie (6, 7 ou 8 étoiles, les 6 ou 8 étoiles étant associées à des enfants d’origine royale), Mélanésie (6 étoiles), Indonésie (?)
- en Amérique Centrale : Maya et Aztèques (7 étoiles associées aux sacrifices sanglants et à Vénus)
- en Amérique du Sud : Paraguay (?), Amazonie (?), Pérou (7 étoiles),
- en Amérique du Nord (6 enfants ou 6 dieux ou 7 sœurs ou frères)
- en Afrique : Afrique du Nord-Ouest (7 étoiles associées à l’arbre cosmique et à Vénus, elle-même associée à la circoncision), Afrique du Sud (associées à la circoncision)
- en Grèce (7 sœurs)
Il en résulte une constante anthropologique qui souligne le rôle de la parenté horizontale par la consanguinité (des frères ou sœurs ou frère et sœur), celui du sang (sacrifice sanglant ou circoncision) et, partant, de la fertilité ou de la fécondité. Ces deux dernières étant liées aux pluies annoncées par les Pléiades tant chez les aborigènes d’Australie, chasseurs-cueilleurs ou chez les Polynésiens, pêcheurs pratiquant l’horticulture, que dans les autres sociétés agricoles d’Amérique ou d’Afrique.
 
L’arbre cosmique en Afrique du Nord-Ouest
 
L’Afrique, véritable berceau de l’humanité moderne (homo sapiens sapiens), est le continent où coexistent le plus de langues différentes dans le monde (Noël, 2010). Des rapprochements linguistiques ont cependant pu souligner des apparentements aussi étranges que certaines similitudes entre l’égyptien pharaonique et les langues mandés, comme le sérère. Chikh Anta Diop (1979), qui lutta pour la reconnaissance de l’origine de la civilisation en Afrique noire et celle de l’antériorité de celle-ci sur celle d’Egypte, souligna les analogies sémantiques entre les langues de l’Afrique noire et celles de l’antique Egypte. En tout état de cause, l’origine africaine de l’Egypte ou l’influence de cette dernière sur les peuples d’Afrique du Nord et de l’Ouest peuvent expliquer les connaissances astronomiques similaires, notamment la même préoccupation pour l’étoile Sirius, entre l’empire des pharaons et l’Afrique du Nord-Ouest.
D’autre part, en dépit des différences linguistiques, l’Afrique noire présente des analogies mythologiques et astronomiques très récurrentes. Surtout, l’Afrique du Nord-Ouest décrit une même cosmogonie.
Selon Viviane Pâques (Pâques, 1995, p.672), les Africains du Nord-Ouest présentent une cosmologie similaire :
1. Dieu a créé le monde en faisant exploser la première étoile lorsque le serpent qu'elle recélait sortit de sa matrice.
Le serpent était triple, ce qui commande à toutes les divisions du monde par trois. L'étoile a donné naissance à six autres, ce qui commande à toutes les divisions du monde par sept.
2. Le monde s'est retourné lorsqu'un héros (parfois le forgeron) a décapité le serpent, ce qui fut le prélude à toutes les circoncisions.
3. Le héros est descendu sur la terre par la voie de l'arbre cosmique triple formé par le corps du serpent égorgé. Cet arbre est le chemin des âmes et celui des eaux fécondantes.
4. Le héros est ensuite remonté à l'occasion d'un second sacrifice du serpent, qui fut le prélude à tous les mariages.
5. Ces événements mythiques se sont produits en un point déterminé du ciel, au moment où le Soleil se trouve dans une relation particulière avec Canopus, pour l'explosion, et avec les Pléiades pour les sacrifices. Sur le plan des planètes, les Pléiades sont assimilées à Vénus.
 
Chez les Amérindiens du Centre et du Nord : quelques comparaisons
 
Dans cette région, nous trouvons les associons serpent/oiseau/arbre/Pléiades/Vénus, surtout en Amérique centrale. Nous examinerons successivement l’astronomie des Mayas, des Aztèques, puis celle des Amérindiens d’Amérique du Nord.
serpent a sonnetteChez les Mayas, les Pléiades forment, avec la constellation Persée, la queue d’un serpent à sonnette (Milbrath, 1999, pp.258-264) et Orion est représenté, comme dans certaines îles de Polynésie, par une tortue (Ibid., pp.266-268). Les Pléiades sont associées à Vénus et à la pluie fertilisante, le passage de la planète sur les Pléiades étant observée pour des raisons agricoles.
tortue mayaL’arbre cosmique des Mayas (le Fromager ou Ceiba) est représenté à travers plusieurs constellations formant une croix : la Croix du sud, la Croix du nord et une croix située dans la constellation du Sagittaire (Ibid., pp.270-273).
Les Mayas possédaient aussi un zodiaque, au plein sens du terme (car il était constitué d’animaux), formé par 13 signes-constellations (Ibid., pp.254-258). Le zodiaque maya suivant l’écliptique de près (Orion s’en écarte un peu plus), la jonction entre le zodiaque maya et la Voie lactée était de première importance dans leur représentation de l’arbre cosmique astronomique.
L’arbre cosmique, symbolisé par l’axe de jonction entre écliptique et galaxie, reliait donc, astronomiquement, les Pléiades (Serpent à sonnette) aux Croix (Arbres). Nous retrouvons là les symboles (arbre et serpent) de l’arbre cosmique déjà rencontré dans d’autres cultures astronomiques.
Mais revenons à la relation entre Vénus et les Pléiades, qui existe aussi en Afrique. Vénus et les Pléiades avaient tout deux un « cycle court » de 260 jours, Vénus ayant un « long cycle » de 37960 jours (soit 104 ans) alors que les Pléiades participaient au compte long des Mayas de 52 ans, les deux cycles longs des deux astres étaient donc intégrés l’un et dans l’autre (52 ans X 2 = 104 ans). Ces cycles donnaient lieu à des cérémonies de sacrifices sanglants afin que le monde puisse renaître. Nous retrouvons là, un parallèle à faire avec les rites africains de circoncision, liés aux Pléiades et/ou à Vénus, et avec la « singularité » des Dogons associant la planète Vénus (principe des liens verticaux de parenté entre l’humanité et le héros primordial) aux Pléiades (principe des liens horizontaux de parenté).
Concernant les Aztèques, qui reprirent à leur compte nombre de mythes cosmogoniques des Mayas, les sacrifices célébrant le cycle de 52 ans, ou « ligature des années », avaient lieu au sommet de la montagne Huixachtécatl d’où les prêtres aztèques attendaient l’apparition des Pléiades et : « allumaient le Feu Nouveau sur la poitrine d’une victime » (Soustelle, 1997, p.51).
Au sujet de la relation arbre cosmique et serpent/oiseau, que nous avons déjà évoqué dans le chamanisme, les Aztèques honoraient le dieu Quetzalcóatl ou « Serpent-Oiseau ». Lorsqu’on sait que Quetzalcóatl représentait la planète Vénus et qu’on connait l’association établie par les Amérindiens du Centre entre cette planète et les Pléiades, nous trouvons ici une belle illustration du mythème arbre/oiseau/serpent/Vénus/Pléiades.

            En Amérique du Nord, nous trouverons surtout la présence du symbole de la tortue dans le totem amérindien, évoquant l’axe du monde, et l’assimilation des Pléiades aux 7 frères ou sœurs.
Un totem est un animal présenté comme un ancêtre mythique ou un parent lointain de son groupe social (en général le clan, parfois la fratrie, la classe d'âge). Il servait aux indiens pour faire tomber la pluie. C'est une représentation sculptée ou peinte d'un animal souvent représenté avec des ailes. Nous retrouvons là le symbole de l’axe du monde et de l’oiseau. Chaque clan a le sien : la tortue pour les Iroquois ; l’ours pour les Mohawks, le calumet pour les Cayugas. Chez les Indiens Hopis, les chamans de la tribu recueillent dans leur terrier des serpents et effectuent une procession où ils imitent les ondulations des reptiles. Enfin ils prennent les serpents entre leurs dents et les jettent en l'air, ceux-ci étant censés regagner leur terrier en indiquant aux dieux que les hommes ont besoin de la pluie.
La tortue symbolise la Terre-Mère et le mythe cosmogonique. Chez les Amérindiens, une tortue cosmogonique contribue à la formation de la Terre-Mère et, chez les Iroquois comme chez les Sioux et les Hurons, l’origine de cette dernière viendrait du ciel. Tombée en mer sur le dos d’une tortue, une première île serait née. La tortue, chez les Amérindiens du Nord, reste la médiatrice du Ciel et de la Terre. Le totem zoomorphique de la tortue est donc d’autant plus représentatif de l’axe cosmique.
Il n’existe cependant pas de tortue dans le ciel amérindien. Cependant, les Pléiades sont quelques fois figurées par des danses rituelles qui peuvent évoquer la dance de la pluie. Le plus souvent elles sont représentées, selon Dorcas Miller (Miller, 1997, pp.297-299), par des frères, enfants et femmes dansants (Iroquois), 7 frères ou 6 personnes dans un bateau (Haida, Wiyot), des sœurs (Nez Percé), les filles du coyote ou la famille du coyote (Paiute), des femmes avec des enfants (Shoshone, Pima), 7 sœurs exécutant la dance de la puberté (Yurok), les « sœurs grizzly » (Sierras), des jeunes femmes (Yokut), des enfants (Costanoan), 7 étoiles (Jemez, Pawnee), 6 chasseurs et 1 fille (Navajo), des femmes en train de courir (Pima), une fille et ses frères (Cheyenne), 6 épouses (Californie) et 7 garçons (Cherokee).
Par exemple, selon la légende des Indiens de Californie, 6 épouses étaient en randonnée dans les bois et découvrirent quelques oignons sauvages qu’elles mangèrent dans leur tipi. Leurs maris leur en fit sortir et les épouses montèrent dans le ciel sous la forme des Pléiades, alors que leurs maris restèrent solitaires et, montant au ciel sous l’aspect des Hyades, ne purent jamais les rattraper.
En Amérique du Nord, les Pléiades sont donc représentées par 6 ou 7 étoiles qui évoquent des frères ou des sœurs, des femmes et/ou des enfants, des jeunes filles et/ou des garçons, tout ce petit monde étant généralement en mouvement (dansant, sur un bateau, courant…). Nous retrouvons les nombres 6 et 7, le jeune âge, la fluidité et les liens horizontaux de parenté que nous avons trouvés ailleurs.
Nous retrouverons ces points communs en Polynésie.
 
En Polynésie orientale, perspective comparative
 
En ce qui concerne la Polynésie orientale, voyons tout d’abord ce que représentaient les Pléiades.
Les Polynésiens distinguaient 7 étoiles dans les Pléiades, mais aux îles Cook au XIXe siècle, le révérend Gill prétendait que les Polynésiens distinguaient 6 étoiles dans les Pléiades et relate que ce fut le dieu de la lumière, Tane, qui, fou de jalousie pour une étoile d’un éclat trop fort à son goût, la fit éclater, aidé d’Aldébaran, en 6 petits étoiles (Gill, 1876, p.43). Dans les îles de la Société, en Polynésie française actuelle, et plus particulièrement à Huahine, 2 enfants rejoignirent la Queue du Scorpion ou les Pléiades (Caillot, 2010, p.116). Les légendes de la même île racontent aussi comment 8 enfants de sang royal s’envolèrent en direction des Pléiades (Duchateau, 2005). Sur la pointe extrême est du triangle polynésien, à l’île de Pâques, une histoire relaté par Alfred Métraux rapporte aussi que 2 enfants rejoignirent Orion, près des Pléiades (Métraux, 1941). A l’autre extrémité ouest de ce fameux triangle, les Maoris de Nouvelle-Zélande prétendent que le nom des Pléiades était aussi celui d’un grand chef, Matariki. Ce chef maori fut projeté au ciel avec les 6 enfants de sa progéniture royale dans les Pléiades (Best, 1955, p.52).
Nous trouvons donc surtout des nombres impaires (2,6,8) et le nombre 7, en relation avec le chamanisme, et toujours le même thème des enfants ou de la progéniture royale. A Tahiti, le lever vespéral des Pléiades annonçait la saison des pluies et la maturité de l’arbre à pain (uru) vers le 20 novembre, alors que dans les îles Marquises celles-ci indiquaient deux des plus grandes cueillettes du fruit de l’arbre à pain (mei), à leur lever vespérale en novembre-décembre et à leur lever héliaque en mai-juin. Les Pléiades polynésiennes étaient donc en relation à l’arbre cosmique, sur lequel nous reviendrons, à l’abondance et à la fertilité, comme elles étaient, par la représentation d’enfants célestes, associées à la fécondité.
Pour l’heure, nous examinerons les symboles chamaniques polynésiens (tortue, tambour et costume de deuil) en relation avec la Lune, les ancêtres et les Pléiades.
petroglyphe coiffeLes symboles chamaniques présents en Polynésie sont le tambour (associé au nombre 8, dans le chamanisme) et la tortue (associée au nombre 4). En effet, le tambour polynésien évoquait les esprits (atua) ou les ancêtres (tupuna) et n’était utilisé que pour la commémoration des morts ou les sacrifices sanglants. Lors des cérémonies de deuil, les prêtres revêtaient un costume particulier, autre spécificité chamanique, dont la coiffe est attestée de nos jours sur certains pétroglyphes.
 
< Coiffe de deuilleur de la presqu'île de Tahiti (photo de l'auteur)
Sur celui de la presqu’île de Tahiti (voir photo), nous avons compté 28 franges végétales de la parure supérieure, ce qui peut correspondre aux 28 phases lunaires visibles, le cycle synodique en comportant 29 ou 30 (seules 1 à 2 lunaisons restent invisibles). Les Polynésiens utilisaient, en effet, un calendrier soli-lunaires de 29 ou 30 lunaisons. Les phases lunaires invisibles étaient nommées « jeune pousse »(tireo) et/ou « couper (mutu), des termes qui relèvent du champ lexical de la vie végétative que le cycle de la Lune symbolisait. Mais, de façon générale, la Lune et sa déesse (Hina) représentaient la nuit (pö), la déesse lunaire étant assignée à résider sur l’horizon ouest, au couchant réservé au monde des morts (pöhe) et à la direction de départ des âmes des défunts (varua).
Les recherches ethnologiques sur la mort à Tahiti, notamment celles d’Alain Babadzan (Babadzan, 1993) ont montré, concernant le cycle d’alternance des rites, le rôle des Pléiades, de la Lune (le calendrier des Polynésiens débutait à la nouvelle lune suivant l’apparition des Pléiades) et des membres de la société ésotérique des ‘arioi composée de 8 grades, un nombre symbolique bien répandu dans les îles de la Société que l’on peut mettre en rapport avec le chamanisme.
En ce qui concerne la place occupée par le thème de la tortue, en Polynésie, elle était centrale, comme nous l’avons déjà évoqué, par exemple dans leur cycle de leur reproduction en relation avec les Pléiades aux Tuamotu. La tradition orale témoigne aussi de la représentation de la tortue dans la constellation des Pléiades. Dans la tradition populaire de Hao, un atoll des Tuamotu, lorsque les hommes revenaient de la pêche à la tortue et qu’ils présentaient le contenue de leur prise, « si c’est une tortue mâle, on disait ‘Takero’ [Beltégeuse dans la constellation d’Orion], si c’est une tortue femelle, on disait ‘Matariki’ (les Pléiades] » (Caillot, 2010, p.68). De même, Pléiades et Orion étaient représentés par deux tortues à Poapora (Boro Bora). Les Pléiades « symbolisées dans certaines îles par une tortue femelle, la tortue mâle était quand à elle représentée par la constellation d’Orion » (Porapoara …, 2001, p.31).
pua matariiSelon Mämä te’ura Aro, la doyenne de l’île de Bora Bora, la source « Des fleurs des Pléiades » (te pua matari’i) symbolisait avec l’arrivée des Pléiades, la ponte des tortues et l’éclosion de la fleur pua dans le cycle de l’abondance. Près de la source, les pétroglyphes présents attestent encore de la relation étroite entre tortues et Pléiades (voir photographies n°3 et 4 ci-contre). Les « 6 étoiles » décrites comme « visibles » dans les Pléiades, par les témoignages ethnographiques, mettraient donc en relation Pléiades et tortue par la symbolique du nombre 6 égal au nombre de pattes, de la tête et de la queue de la tortue. 
Abordons maintenant la question de l’arbre cosmique à Tahiti, dont on verra la connexion existant avec les étoiles, les Pléiades et l’anguille en guise de « serpent » (qui n’existe pas en Polynésie).
Dans les îles de la Société et dans les îles Australes certains lieux de culte sont orientés selon les « piliers » (pou) du ciel (Cruchet, 2005), véritables axes de la tradition cosmogonique de Tahiti. Ces piliers du ciel servaient à la navigation astronomique comme aux représentations cosmologiques (Cruchet, 2010). La tradition orale raconte que Tane, le dieu de la lumière solaire, sépara la Terre du Ciel, en créant le premier lever de sa lumière, à l’aide de troncs d’arbre constituant l’arbre cosmique par plusieurs piliers du ciel. Différents versions variant sur l’origine de ces troncs, nous verrons ici l’origine du cocotier (haari) et de l’arbre à pain (uru) comme arbre cosmique.
A Tahiti, le cocotier serait né d’une anguille. Nous retrouvons là l’association arbre/serpent. La légende raconte, selon Henry (Henry, 1993, p.626) que la princesse Hina fut mariée, par ses parents (le Soleil et la Lune), au roi du lac Vaihiria (Tahiti), qu’elle n’avait jamais rencontré auparavant. Revêtue des insignes de haut rang, une ceinture et un collier rouges et jaunes faites de ‘ura (plume de perroquets), elle allait à sa rencontre lorsque qu’elle vit que le roi n’était autre qu’une énorme anguille « aussi large et longue que le tronc d’un grand cocotier » (Henry, 1993, p.625). Terrorisée, Hina s’enfuit et rencontra le héros Maui qui, à l’aide de son Hameçon (Te Matau o Maui, la constellation du Scorpion), trancha la tête de l’anguille. Maui, qui lui en fit cadeau, lui recommanda bien de ne pas la poser sur le sol avant de la planter au centre de son lieu de culte (marae). Mais, ne suivant pas ses conseils, elle laissa tomber la tête qui se transforma en jeune pouce de cocotier.
D’autres mythes soulignent la relation étroite entre le cocotier et la tête humaine, la noix de coco ressemblant fort à un visage humain. Le haari ou cocotier (coco nucifera) jaillit de la tête de l’homme, nous dit la légende (Henry, 1993, p.436). La coque était le crâne, la bourre, les cheveux et les racines de la coque étaient les sutures du crâne qui se rejoignent à la base de la noix ; les deux petits trous étaient les yeux, le grand trou d’où s’élance la jeune pousse était la bouche. Une variante nous raconte qu’il y avait un homme nommé Râ-tairi (Soleil brûlant) et sa femme nommée Pîtô-ura (Plumes rouges réunies) qui eurent quatre enfants (3 garçons et 1 fille) dont les têtes devinrent des noix de coco peu de temps après la naissance.
Le mythe de la création de l’arbre à pain (uru), dont les fruits murissent en fonction des Pléiades comme nous l’avons déjà vu, est aussi intéressant. Nous retrouvons la même assimilation de l’homme à l’arbre. Le uru ou arbre à pain (Artocarpus incisa) jaillit d’un homme, racontait Mo’o, prêtre de Mo’orea, et Anani, chef de Taiarapu (Henry, 1993, p.435). Le tronc était son corps, les branches étaient ses membres et les feuilles ses mains, le fruit était sa tête et à l’intérieur de celui-ci se trouvait la langue (le cœur du fruit). Une autre légende, transmise par Tupaia, maître d’école à Ra’iatea, sous la dictée de son grand-père Tataura, en 1887 (Henry, 1993, p.438), raconte comment Rua-ta’ata, qui avait 4 enfants (3 garçons et 1 fille), se transforma en arbre à pain (uru). Ces mains devinrent les feuilles du uru, son corps et ses jambes devinrent ses branches et son crâne devint le fruit.
Nous pouvons maintenant faire un résumé synoptique de la relation des Pléiades aux divers éléments de notre analyse.

L’arbre cosmique et les Pléiades en Polynésie orientale du centre (actuelle Polynésie française)
Référent
Les Pléiades
Signifiants
enfants
pluie/mer
arbre/tortues/ancêtres
Signifiés
progéniture
fertilité/fécondité
abondance



 
 
Aspects diffusionnistes et structuraux
 
Nous avons vu la dimension quasi « universelle » du mythème « arbre/axe cosmique », du chamanisme aux sociétés agro-pastorales, en parallèle à l’observation pluriculturelle des Pléiades.Il est possible de conclure nos recherches d’un point de vue anthropologique (diffusionniste et structural).
A propos de l’origine sibérienne du thème oiseau/serpent, cette conception était peut-être une spécificité chamanique d’Eurasie probablement d’origine sibérienne. Le zoomorphisme spécifique à l’arbre cosmique (serpent, oiseau et tortue) et le symbole chamanique du tambour et des nombres paires (4, 6, 8) se retrouvent ailleurs. L’arbre cosmique fait encore l’objet de symboles et de mythes dans la pensée populaire et dans la vie quotidienne des sociétés agro-pastorales du nord-ouest africain où les nombres paires jouent le même rôle.
Eliade Mircea a déjà évoqué l’influence possible de la Mésopotamie dans la représentation de l’axe cosmique dominé notamment par le nombre 7. Y aurait-il eu aussi une influence du rôle joué par Vénus ? Car, dans les cités-états du Moyen-Orient, c’est Vénus qui est associée à l’arbre cosmique. Par exemple, à Babylone, c’est Vénus qui préside au ciel et aux enfers et qui investit tant le monde céleste que le monde infernal. Nous avons vu que nous retrouvons ce rôle de Vénus, associée aux Pléiades, en Afrique du Nord-Ouest (avec association au nombre 7) et en Amérique Centrale.
L’analyse diffusionniste n’étant pas toujours convaincante, nous aimerions aussi conclure par une approche structurale. Nous avons vu que chez les Dogons, comme beaucoup d’autres ethnies du Mali, l’arbre cosmique est directement lié au rite de circoncision qui a un étroit rapport avec la fécondité et la fertilité, en parfaite analogie avec le monde végétal de l’arbre cosmique. En Afrique, les rites de passage comme la circoncision ont pour effet de segmenter la fluidité de l’axe cosmique en séparant les être humains par leur distinction sexuelle et en leur épargnant l’état primordial androgynique. Nous avons vu que, dans les mythes astronomiques des Pléiades associés parfois à la circoncision, la jeunesse des enfants, frère et sœur, jouent un rôle particulier dans la fluidité cosmique leur permettant de « monter au ciel ».
Il en résulte une constante anthropologique qui souligne le rôle de la parenté horizontale par la consanguinité (des frères ou sœurs ou frère et sœur), celui du sang (sacrifice sanglant ou circoncision) et, partant, de la fertilité ou de la fécondité. Ces deux dernières étant liées aux pluies annoncées par les Pléiades tant chez les aborigènes d’Australie, chasseurs-cueilleurs ou chez les Polynésiens, pêcheurs pratiquant l’horticulture, que dans les autres sociétés agricoles d’Amérique ou d’Afrique.
Pour résumer, voici un tableau synoptique sur nos recherches qui tient compte de l’approche diffusionniste comme de notre analyse structurale.
 
*Aspect diffusionniste, évolutionniste                                                  **Aspect structural
 
Astronomie (nombre d’étoiles des Pléiades)
Axe cosmique chamanique
*
Arbre cosmique des sociétés agro-pastorales *
 
Mythe des Pléiades (ethnie)
**
Symboles (religion)
**
Pléiades (7), Afro-océaniens, Amérindiens, aborigènes, Grecs
 
7 (3+4)
7 sœurs ou frères (Amérindiens, Aborigènes, Grecs)
 
 
3
4
4 enfants (3 garçons et une fille) donnent naissance au cocotier et au uru (Polynésie)
4ou 6 = tortue (totémisme, chamanisme)
 
Pléiades (6), Amérindiens, Polynésiens, Mélanésiens
 
6
 
6
6 enfants ou 6 dieux (Amérindiens) ; 6 petits éclats d’étoile (Polynésie) ; 2 enfants, frère et sœur (Polynésie) 
Nombre d’étoiles visibles à l’œil nu (8 ou 9)
9
…..
8
……
8 frères d’origine royale (Polynésiens)
8 = tambour (chamanisme)
Mathématiques =>
nombres / par 3
nombres paires
Progéniture, fécondité, fertilité, fluidité cosmique
<= Mythème
 
Aspects astronomiques
 
Si le mythème de l’arbre cosmique semble pratiquement universel, les cultures différentes ayant exploité ce thème ont pu, néanmoins, avoir des représentations astronomiquement différentes de cet axe dans le ciel. Cependant, nous retrouvons des références constantes à l’axe Pléiades-Sirius, à la Voie lactée et à la Croix du Sud.
Il est également curieux que l’observation des Pléiades ait été tant utilisée de par le monde. On a souvent répondu à cette interrogation, en avançant qu’elles étaient utiles au calendrier agraire. Mais nombre d’autres étoiles pourraient être autant utiles à l’agriculture. De plus, nous avons vu qu’elles étaient observées dans les sociétés non agraires.
Pléiades MaliChez les Aborigènes d’Australie, les Pléiades sont la représentation de 7 sœurs, mais la Voie lactée et la Croix du Sud jouent aussi un grand rôle dans la représentation de l’axe du monde. La Voie lactée figure le « Serpent-Arc-en-Ciel » ou un oiseau, nommé Emu, qui est gravé sur un pétroglyphe du Parc National de Ku-ring-gai, et la Croix du Sud, pour l’ethnie Boorong de Victoria, est un arbre cosmique.
En Afrique, au Mali, le mythe du Forgeron, Bintu, est associé aux Pléiades et à Aldébaran. Dans la vie des agriculteurs, les personnages du mythe de Bintu ont leurs correspondances stellaires (Pâques, 1995, fig. 36, p.167). Dans l’ordre d’apparition viennent : les Pléiades, les Hyades, Aldébaran (représentant Bintu, le Forgeron), Orion (Le Chasseur), Sirius (Le Chien) et, enfin, Canopus (Le Bouc). Excepté Canopus, ces étoiles forment entre elles un axe très bien connu par tous les observateurs du ciel (voir illustration).

<Alignement sur un même axe des Pléiades, d’Aldébaran, d’Orion et de Sirius, au Mali
Peut-on alors parler d’un « axe cosmique » astronomique, entre les Pléiades (symbole de fluidité originelle) et Sirius (symbole de la détermination des sexes), en parallèle au mythème de l’arbre cosmique des ethnies africaines du Nord-Ouest ? Au Mali, cet axe est constitutif du mythe du Forgeron, avec les Pléiades, les Hyades, Aldébaran (le Forgeron), Orion (Le Chasseur) et Sirius (Le Chien), et semble avoir frappé l’imagination des Africains en général, comme en témoigne certaines relations de voyage, comme celle de Georges Bruel (1932), administrateur de l’époque coloniale, qui remarque que les « nègres » ne semblaient connaître « que » les Pléiades, Aldébaran, Orion et Sirius.
L’arbre cosmique des Mayas (le Fromager ou Ceiba), représenté à travers plusieurs constellations formant une croix : la Croix du sud, la Croix du nord et une croix située dans la constellation du Sagittaire (Ibid., pp.270-273), est aussi une représentation astronomique de l’arbre cosmique, nous renvoyant à notre hypothèse concernant les représentations d’Afrique du Nord-Ouest, à savoir : l’existence d’un arbre cosmique astronomique représenté par l’axe formé entre les Pléiades et Sirius.
zodiaque galaxie mayaLe zodiaque maya suivant l’écliptique et la jonction entre le zodiaque maya et la Voie lactée étant de première importance dans leur l’arbre cosmique, il existe une représentation astronomique de ce mythème. En effet, au nord, les Pléiades (Serpent à sonnette), la constellation pointant de la Terre le bord de notre galaxie, est à la fois sur l’écliptique et la Voie lactée, alors que, au sud, le Scorpion et le Sagittaire pointant de la Terre le centre de notre galaxie, les constellations symbolisant l’arbre cosmique (Croix du sud, Croix du nord et Croix du Sagittaire) sont à l’autre jonction de l’écliptique et de la Voie lactée (voir illustration).
L’arbre cosmique, symbolisé par l’axe de jonction entre écliptique et galaxie, reliant les Pléiades (Serpent à sonnette) aux Croix (Arbres), nous retrouvons aux symboles (arbre et serpent) de l’arbre cosmique.
 
<Axe cosmique  chez les Mayas,  les Pléiades à la jonction du zodiaqu et la Voie lactée
 
Nous pourrions tenir là, la réponse à notre interrogation sur l’importance prise par les Pléiades dans tant de cultures astronomiques différentes : c’est parce qu’elles sont à la jonction du plan de l’écliptique avec la Voie lactée.
 
 
Conclusion
 
En conclusion, nous pouvons avancer que l’Arbre cosmique, l’Axe cosmique ou celui du Monde sont des mythèmes dont la récurrence est patente dans des cultures très différentes. Ce mythème s’accompagne souvent de représentations cosmogoniques et de mythes astronomiques qui plaident en faveur de l’existence d’un axe cosmique projeté dans le ciel. Cet axe est représenté par la ligne imaginaire reliant Sirius aux Pléiades, ces dernières (avec Aldébaran), se trouvant à l’intersection du plan de l’écliptique avec la Voie lactée, sont souvent associées à la Lune, Vénus, Mercure ou le Soleil qui transitent sur l’écliptique. Certaines cultures ont aussi développé un concept zodiacal de part et d’autre de l’écliptique, où les luminaires et les planètes jouent un rôle important.



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