L'Anthropo-Bio-Cosmologie : l'ABC des relations
Anthropologiques entre la Biologie humaine et le Cosmos

 
 
Imaginaire anthropologique et « astro/logie » : le discours des astres

Etymologiquement, le terme « astro/logie » signifie : le « discours » (logos) des astres. Que nous disent donc les astres ? Le langage des astres est-il décodable ? Nous verrons que ce langage peut s’expliquer par la fascination de la lumière et par certains critères d’observation des phénomènes astronomiques apparents ayant frappé l’imagination. Par exemple, la dimension relative des diamètres apparents du Soleil et de la Lune étant identique aux yeux de l’observateur terrestre, il est probable que les deux luminaires aient servi de modèle de classification inconsciente des régimes de l’image à la fois identique, par la taille apparente, et distincte, par la lumière perçue et leurs formes (le Soleil toujours circulaire et visible, la Lune à la forme et à la visibilité changeantes). Nous verrons comment reconstituer le discours des astres, en rendant compte, dans un premier temps, de nos recherches sur la nomenclature des planètes dans les différentes cultures astronomiques, puis en les synthétisant sous forme de tableaux synoptiques.

 
La nomenclature planétaire dans le monde
 
Nous n’essayerons pas ici de donner les détails de nos résultats, procédé trop fastidieux, mais plutôt de prendre quelques exemples, d’une part, dans les cultures astronomique qui connurent l’écriture et la formation d’états et, d’autre part, dans les cultures de tradition orale.
 
1-- Amérique Centrale, Chine, Mésopotamie, Egypte, Antiquité classique :
 
Référents>
Signifiants
Soleil
Lune
Mercure
Vénus
Mars
Jupiter
Saturne
matin (est)
soir (ouest)
Mésopotamie
(dieux)
Shamash (dieu mâle de la justice et de la divination)
Sin (dieu mâle du temps)
Nabû (ancien dieu)
Ishtar
(déesse de l’amour et de la guerre)
Inanna (déesse des Enfers)
Nergal (dieu mâle des Enfers)
Marduk (Créateur, protecteur de Babylone)
Ninib (ancien dieu solaire de l’ouest)
Grèce pré-socratique
Hélios
Séléné
Stilbon (scintillant)
Phosphoros
Hespéros
Pyroeis (enflammé)
Phaéthon (éclatant)
Phaenon (brillant)
Dieux grecs
Apollon (beauté, raison, arts et musique)
Artémis (chasse et de nature sauvage)
Hermès (ingéniosité et voleurs)
Aphrodite, déesse de la beauté et de l’amour
Arès, dieu de la guerre
Zeus, dieu de la foudre
Kronos, dieu du temps
Rome (dieux et attributs)
Sol (Apollon, Hélios)
Luna (Diane, Séléné)
Mercure (commerce, sandale, caducée)
Vénus (déesse de la beauté et de l’amour, attribut : miroir et ceinture)
Mars (dieu de la guerre, lance et casque)
Jupiter (ciel et foudre, aigle)
Saturne (agriculture, faucille et sablier)
Egypte
(symbole)
iten assimilé à Rê, Aton, Amon
(scarabée, faucon)
iâh, assimilé à Thot (dieu mâle)
anthropo-morphe, «trublion» assimilé à Seth (nord)
anthropomorphique et bicéphale, appelé « Dieu de l’Aube » au Nouvel empire (symbolisé par un héron ou un phénix)
Horus le rouge, « qui navigue à reculons » (est)
Horus qui éclaire le pays (sud)
Horus, le taureau céleste (ouest)
Chine (héros, dieux ou éléments)
yàng (Hou Yi, archer solaire, principe yang dit « T’ai yang)
yue (Chang’e, déesse de la Lune, principe yin)
Tch’en (eau, nord, planète yin)
jin xing (planète d’or, d’argent), Tai Pe, « belle au visage blanc » (métal, ouest, planète yin)
huo xing (planète feu), Yong Ho (feu, sud, planète yang)
mù xing (planète bois, est, planète yang)
tout xing (terre, centre, yang)
Aztèque (symbole)
nanauatzin,
Uitzilopo-chtli, dieu de la guerre et du soleil de midi (bleu, aigle)
tecciztecatl, Metztli, dieu de la fécondité et de l’ivresse (lapin)
 
ueycitlalin (grande étoile), Xolotl dieu double, est/ouest
 
 
 
Tezcatlipoca (dieux rouge de l’est), Tlauizcal-pantecutli
Quetzalcoatl, serpent à plume (dieu blanc de l’ouest)
 












































Voici quelques commentaires concernant ce tableau synoptique.
En Mésopotamie, Nabû (Mercure) était un ancien dieu de Borsippa, déchu il est devenu dieu de la sagesse sous l’influence grecque, mais ses épithètes premiers étaient plutôt dépréciatifs, comme beaucoup d’autre dieu associés à Mercure. Ninib (Saturne) était un ancien dieu solaire de l’ouest et du couchant (comme Kronos, réputé séjourné dans les Îles Bienheureuses), il fut déchu et remplacé par Mardouk, comme Saturne le fut par Jupiter. Ninib reçut l’épithète de « stationnaire » (en raison des rétrogradations et stations de Saturne) et « astre de justice » (en relation avec son antériorité solaire).
Dans le monde grec, Phosphoros était l’étoile du matin (Vénus) qui devint, dans la littérature gréco-latine, Eoüs, « l’astre de l’aurore », Phosphorus ou Lucifer, « le porte-lumière », ou Iubar, « l’incitateur, l’impulseur ». L’étoile du soir (Vénus) devint Hesperus, Vesper ou Vesperugo, termes qui désignent le couchant.
En Egypte, Mercure était anthropomorphe, doté d’épithètes tels que « immature », « nonchalant »,  « crocodile » ou « trublion » et assimilé au nord et à Seth, le dieu néfaste.
En Chine, le soleil (yàng) était en relation au principe yang dit « T’ai yang » et connecté au héros Hou Yi, l’archer solaire.Né d’un ancêtre solaire, l’archer Yi maîtrisa les 10 soleils qui nuisaient à la terre. Ce thème mythique, très répandu en Afrique, en Océanie et en Amérique, ne fait pas pour autant de Yi l’archer un héros solaire mais plutôt un « attrapeur de soleil », comme Maui en Polynésie. La lune (yue) était associée à Chang’e, déesse de la Lune et principe yin.Le héros Hou Yi est associé aussi à la déesse lunaire dans les mythes de la pleine lune d’automne (il existe aussi la mère des 12 lunes : Tch’ang Yi). Vénus (jin xing) était la planète d’or et d’argent, Tai Pe, la « belle au visage blanc » (métal, ouest, planète yin).Le soleil et la lune constituent aussi les deux yeux du ciel, ce thème du visage est récurrent en Chine mais aussi un peu partout dans le monde.
En Méso-Amérique, le soleil (nanauatzin) était représenté par Uitzilopochtli, dieu de la guerre et du soleil de midi (bleu, aigle) et s’opposait à Tezcatlipoca, dieu noir du ciel nocturne.La lune (tecciztecatl) était représentée par Metztli, dieu de la fécondité et de l’ivresse (symbolisée par un lapin) et fils de Tlaloc (dieu de la pluie). Il existait de nombreuses déesses aztèques liées à la lune et une ancienne dualité semble apparaître entre les dieux du feu (soleil) et de la terre (lune). La Lune est aussi symbole de temps et du cycle de mort et de renaissance. Vénus (ueycitlalin ou « grande étoile ») était sous l’égide de Xolotl, dieu double de l’est et de l’ouest, des épis de maïs double et des jumeaux. On trouve aussi un dieu et une déesse de la dualité connus sous les épithètes d’ « étoile brillante » ou de « celle qui a une jupe d’étoiles » qui rappellent le dieu vénusien Xolotl.
Il faut aller chercher chez les Mayas, les connaissances astronomiques des trois planètes supérieures. A Palenque, les textes des monuments mayas témoignent d’une triade composée des trois planètes associées à la cosmographie : Mars pour l’ouest, Jupiter pour le milieu du ciel du ciel et Saturne pour l’est. Ce tripartisme se retrouve en Egypte où Mars, Jupiter et Saturne prennent les trois aspects du dieu Horus. En Chine, les trois planètes supérieures sont yang, comme le Soleil, alors que la Lune, Mercure et Vénus sont yin. Mais la Lune était aussi le principe du yin et du yang dans son intégralité, les deux animaux symboliques représentés sur la Lune chinoise correspondant chacun à un principe : le crapaud pour le yang et le lièvre pour le yin.
Pour revenir aux Aztèques, Tezcatlipoca était le dieu de l’étoile du matin (Vénus), associé au rouge et à l’est. Le rouge était associé à l’est dans toutes les traditions mésoaméricaines, cette association se retrouve en Polynésie et dans bien d’autres cultures. Quetzalcoatl, le « Serpent-Oiseau », était le dieu blanc de Vénus et de l’ouest. Ciuatlampa autre dieu de l’est, signifie « le côté des femmes ». Vénus est aussi liée à la fécondité, le calendrier vénusien correspondant, dans la culture mésoaméricaine, à la période de gestation des femmes. Tlauizcalpantecutli (ou Mictantecutli dieu de la mort), autre émanation de l’étoile du matin, était représenté par un archer aux flèches brûlantes présidant au sacrifice sanglant. Autrement appelé Xiuhtecutli, il symbolisait l’éclat du feu et de la turquoise. Vénus était donc associée au soleil sacrifié (ouest) et renaissant (est), la planète (Vénus) et ces deux aspects (matin/soir) formant une triade sous l’égide de Xolotl, Tlauizcalpantecutli et Quetzalcoatl.
 
 
2- Amérique du Nord, Polynésie et Afrique du Nord-Ouest
 
Référents>
Signifiants
Mercure
Vénus
étoile du matin
étoile du soir
Mars
Jupiter
Saturne
en Amérique du Nord
(Pawnee Chumash, Inuit…)
« frère de la grande étoile » ? (Pawnee)
« chef du pays de la mort », « aigle », « oiseau-bleu », « œil », « celui qui se tient et écoute.»…
« grande étoile », «fem -me de la nuit », « vieille femme jaune »…
« femme de l’ouest », « vieille femme », « fille du soleil »…
« étoile du grand feu » (pieds noirs), « condor » (Chumash)
« celle que l’on prend pour l’étoile du matin » ?
(Pawnee)
« étoile des maladies » (Pawnee)
en Afrique occidentale (Dogon)
 
tolo yazu, « étoile du matin » (associé à la circoncision et au calendrier agricole)
yazu, « le matin »
donno tolo, « étoile de l’ouest »
yapunu tolo « étoile des femmes menstruées » (sang de la circoncision)
dana banna tolo, « étoile du crâne », « étoile de la fontanelle »
yalu ulo tolo, ?
en Polynésie
(Tahiti,
Marquises Samoa, Hawai’i Tuamuto
Nouvelle-Zélande, Cook,
Rapa Nui
ou l’Île
de Pâques)
ta’ero, « ivre » (Tahiti)
ta’urua nui, « grande festivité », feti’a ao, « étoile-lumière », (Tahiti), hetu nui, « grande étoile » (Marquises)
fetu ao (Samoa), hoku ao (Hawai’i), hetu ao (Marquises) « étoile-lumière », fetia no te po’ipo’i, « étoile du matin » (Tahiti), « Yeux de Tane » (Cook)
takurua ahiahi, « festivité du soir » (Tuamuto), rangi tu ahiahi, « ciel du soir » (NZ), hoku kau ahiahi (Hawai’i)
feti’a ura, « étoile rouge », maunu ‘ura e hiti mai ite ahiahi e mata rua, « rougeur disparaissant qui se lève le soir avec deux yeux » (Tahiti), matawhero, « yeux de Whero » (NZ), matamae, « yeux rouges » (Rapa Nui)
feti’a a po’ipo’i, « étoile du matin », ta’urua nui, « grande festivité » (Tahiti), ikaika, « force, puissance » (Hawa’i)
feti’a tea, « étoile pâle » (Tahiti)
 
Chez les Dogons, tolo yazu ou « étoile du matin » était associée à la circoncision, au sang des menstrues et au calendrier agricole, ce qui n’est pas sans rappeler l’association de Vénus avec le temps de gestation des femmes chez les Aztèques. Ses six positions, appelées yazu giri (« œil de Vénus »), symbolisaient le sacrifice du dieu démiurge (Nommo) et les étapes de la germination, de la mort et de la renaissance du mil. Ces positions sont symbolisées par un cercle comportant six traits à sa circonférence, formant ainsi une « roue » indiquant les positions de Vénus autour du Soleil.
 
soleilVénus étoile< Soleil (à gauche) et Vénus (à droite) en Mésopotamie
 
Nous retrouvons cette roue vénusienne en Mésopotamie et en Egypte, tout comme on trouve une roue solaire en Egypte et des les sociétés indo-européennes.
 
soleil eurasieVénus egypte

< Soleil indo-européen (à gauche) et Vénus en Egypte (à droite)




En Polynésie le thème des « yeux » pour Vénus et Mars est troublant, car on le retrouve en Méso-Amérique. Ce schème des « yeux » est cependant quasiment universel pour désigner des étoiles ou des planètes.
 
 
Les trois régimes de l’imaginaire des planètes
 
Après avoir déjà évoqué les trois régimes de l’imaginaire des planètes dans nos pages précédentes, voici le moment d’en dresser un portrait plus détaillé.
L’imaginaire céleste n'est pas empreint de dichotomie, car selon l’anthropologie des étoiles, il ne s’agit pas d’opposer la lumière à la nuit, le Soleil à la Lune en tant qu’astres. Il faut plutôt considère les luminaires comme les deux facettes d’un élément commun : la lumière. Par exemple, le Soleil n’est visible qu’en plein jour et représente donc l’image de la lumière se distinguant de la nuit, le Soleil étant tout l’un ou tout l’autre, selon un principe d’excessivité ou, selon Durand, d’exclusion, alors que la Lune est visible de jour comme de nuit et représente l’image du cycle de 24 heurs (nycthémère) de la lumière qui est ni celle du jour ni celle de la nuit et les deux à la fois (le paradoxe de l’un et l’autre / ni l’un ni l’autre, selon Lévi-Strauss). Les planètes visibles et d’apparence circulaire (Mars, Jupiter et Saturne) sont traitées comme des images solaires apparentées à l’exclusion (tout l’un ou tout l’autre). De la même façon, les planètes possédant des phases (Lune, Vénus et Mercure) et étant à la visible et invisible (l’un et l’autre, selon Levi-Strauss) sont traitées comme des images lunaires avec des phases, alors que les planètes restant invisibles à l’œil nu (Uranus, Neptune et Pluton) soient traitées comme des images lunaires apparentées au principe de double négation (ni l’un ni l’autre, selon Lévi-Strauss).
Dans un tableau synoptique, ces trois régimes s’inscrivent « en colonnes », les axes de lecture de chacun de ces régimes s’inscrivant « en ligne ». Pour tenir compte de l’histoire de l’astronomie, nous développerons lesgrands axes des régimes de l’imaginaire astronomiques dans les anciennes cultures astronomiques, puis ces mêmes grands axes dans les cultures modernes.
 
Les régimes de l’imaginaire astronomiques dans les anciennes cultures astronomiques  
 
Les grands axe de « lecture » de l’imaginaire anthropologique des planètes sont : 1) la prédominance diurne ou nocturne des planètes ; 2) leur prédominance à la visibilité ; 3) leur relation aux symboles caractéristiques de l’infra- et du supra-monde ; 4) leur appartenance à certaines fonctions socioculturelles ; 5) leur utilisation comme repères spatio-temporels ; 6) et comme indices structuraux (nombre) et énergétiques (mouvement).
 
Voici notre tableau synoptique synthétisant les axes (ligne) et régimes (colonne) de l’imaginaire anthropologiques des planètes dans les anciennes cultures que nous venons d’évoquer.
 
Tableau synoptique des axes (ligne) et régimes (colonne) de l’imaginaire anthropologiques des planètes dans les anciennes cultures (I)
Soleil / Lune >
Soleil
Lune
Selon Lévi-Strauss
Tout l’un ou tout l’autre
L’un et l’autre
Ni l’un ni l’autre
Selon  Durand
Diurne
(exclure)
Mixte
 (relier)
Nocturne
(confondre)
Planètes
(diurne/nocturne)
Soleil, Mars, Jupiter, Saturne, Vénus (diurne)
Mercure, Vénus, Lune
(mixte)
Lune (nocturne)
Planètes
(visible/invisible)
Soleil, Mars, Jupiter, Saturne (visible, cercle, rétrograde)
Mercure, Vénus, Lune
(semi-visible, phase, croissant)
 
Lune, Uranus, Neptune, Pluton (invisible à l’œil nu)
Symboles et planètes
(infra/supra-monde)
 
Soleil, Vénus  = roue
Soleil/dieux = supramonde
Arbre cosmique
(infra/supra-monde)
Mercure, Vénus, Lune
(communication)
 
 Lune = inframonde 
Catégories socioculturelles
(fonction)
Mars (militaire), Jupiter (sacerdotale), Saturne (agraire)
Vénus (agraire), Mercure (savant, commerçant)
Lune (toutes sauf militaire et sacerdotale)
Indices (espace/temps et
nombre/force)
Soleil (espace)
structuro-énergétique (nombre/force)
Mars, Jupiter, Saturne
Soleil, Mercure, Vénus, Lune (espace-temps)
Lune (temps)
 
Quelques autres grands axes
 
Plusieurs remarques s’imposent ici. Premièrement, Vénus et le Soleil semblent tantôt diurne, tantôt mixte. Deuxièmement, Mercure semble à la fois mixte et nocturne. Ces doubles appartenances s’expliquent par les formes et les mouvements apparents des planètes, les nombres et les couleurs qui leur sont attribués et que nous analyserons ici.
 
Axe de la visibilité et des formes (cercle, croissants, éclipse) :
Les luminaires forment des croissants (Lune) et/ou des éclipses (Lune, Soleil), alors que les phases des planètes telluriques (Mercure et Vénus) visibles à l’œil nu sont relativement semblables aux croissants lunaires, tandis que les planètes supérieures (Mars, Jupiter et Saturne) s’inscrivent dans un cercle comme le Soleil. Ces phases, croissants, cercles ou éclipses ont très tôt sensibilité l’imaginaire collectif. Le Soleil gigantesque pouvait néanmoins paraître à l’égal des formes circulaires des « planètes rondes » que sont Mars, Jupiter et Saturne. La Lune, Vénus et Mercure ont dû être rapprochées de la Lune (phases, croissants), alors que l’astre du jour, très dissemblable des planètes telluriques, a pu néanmoins avoir été rapproché analogiquement de ces dernières et surtout de la Lune lors des éclispes solaires partielles ou totales. La Lune représente à elle seule toutes les variantes des formes et de la visibilité des astres, parce qu’elle peut être ronde (PL), obscure (NL), de quart (QL), en croisant ou éclipsée partiellement ou totalement. Elle est donc, phénologiquement parlant, la somme des variétés de forme et de visibilité
 
Axe mouvements planétaires (roue, rétrogradation) :
Les phases planétaires sont souvent décrites par le champ lexical de la fécondité (femme, fécondité, gestation…) qui renvoie au croissant lunaire, aux phases de Vénus et au thème « rythmique » (cycle, danse…) de l’imaginaire. La « roue » est une image particulièrement récurrente : le temps ou la mort, l’agriculture, le cycle de renaissance…formant une « roue » et renvoient aux rétrogradations de Vénus autour du Soleil (couronne ou « roue ») comme aux cycles synodiques de la Lune (lunaisons). L’agriculture, le temps et la mort sans renaissance…semblent eux être, dans les mondes anciens, imparties à Saturne.
Les rétrogradations de Mars et de Saturne sont signalées dans l’Ancien Monde par leurs qualificatifs « qui navigue à reculons » ou « stationnaire », comme d’ailleurs en Polynésie et dans d’autres cultures.
 
Axe des couleurs :
Historiquement, les couleurs planétaires des babyloniens étaient : le noir pour Saturne, le rouge clair pour Jupiter, le pourpre pour Mars, l’or pour le Soleil, le blanc pour Vénus, le bleu pour Mercure. Dans les textes de l’hermétisme oriental, les couleurs des planètes sont : le rougeâtre pour Mars, une couleur livide ou plombée pour Saturne, le jaune citron avec un éclat blanchâtre pour Jupiter, le blanc pour Vénus (Fustigière, 2006, p.164). Pour Ptolémée, Saturne était gris livide, Jupiter blanc, Mars rouge, Vénus jaune et Mercure avait des nuances variées (Bouché Leclercq, 1963, p.314). Les axes des couleurs que nous avons observé sont quelque peu différents.
~ Soleil :
La couleur réelle du Soleil est le blanc, ce qui correspond à la couleur du régime diurne. Les couleurs apparentes du Soleil regroupent celle des autres planètes du régime diurne, elles sont le jaune et le rouge, voir le blanc lorsqu’il est observé à travers des lunettes noires modernes ou des protections plus « primitives » comme celles des Inuit ou des Polynésiens. Ainsi elles recouvrent les couleurs apparentes des trois autres planètes du régime diurne : Mars pour le rouge, Jupiter pour le blanc et Saturne pour le jaune. Les couleurs du crépuscule sont le jaune (pour Vénus et Mercure) et le rouge (pour Vénus et Mars). Le Soleil recouvre donc les couleurs du crépuscule (régime mixte) et celle du ciel diurne. Il est donc légitime de l’association à la Lune, comme pour la dyade qu’il forme avec elle. En résumé, les couleurs du Soleil recouvre le régime diurne, les trois sous couleurs qui composent les trois planètes « diurnes » et, enfin, le régime mixte du crépuscule.
~ Lune :
Ce qui est vrai pour les couleurs du Soleil, qui recouvrent les couleurs apparentes des trois autres planètes du régime diurne, est vrai pour la Lune pour toutes les couleurs des planètes du système solaire. En effet, les couleurs de la Lune sont comprises entre celle lumineuse du régime diurne, pâle et sombre du régime nocturne et enfin roux (lors d’éclipse) du régime mixte, elles recouvrent donc tout le spectre des couleurs du ciel et il est donc légitime de lui voir attribuer le régime mixte (ou « moyen ») de l’imaginaire. Mais il faut aussi voir dans cette largeur du spectre lunaire un recouvrement symbolique de l’ensemble des planètes, un peu à la façon d’un « mini » système solaire.
~ Jupiter :
C’est la planète blanche dans le régime blanc, la plus diurne des diurnes.
~ Mars et Vénus :
Mars, c’est le rouge (du soleil crépusculaire) dans le régime diurne (blanc ou jaune, rouge, blanc).Vénus, c’est le jaune/rouge étincelant de l’aube.
~ Saturne, Mercure et Vénus :
Les trois planètes sont associées au jaune.
~ Mercure :
La planète, dont la durée de visibilité est courte, est associée au jaune (crépuscule) pâle (aspect « sombre ») et au nord (invisibilité) des planètes du régime nocturne.
~ Mercure et les transsaturniennes :
Les transsaturniennes apparaissent très pâles à la lunette et s’apparentent aux couleurs jaunes pâles de Saturne et de Mercure. Le sombre, obscur, pâle et noir sont les couleurs de Mercure et des transsaturniennes. Ces couleurs sont associées au nord (Chinois, Aztèques), au nadir ou au méridien inférieur (Mayas, Indiens Pueblo), à l’enfer, la magie. Le nord noir n’est pas l’inverse du sud blanc, mais représente l’axe de la transcendance absolue, en ce sens que le noir est la contre-couleur du blanc et son égal en valeur absolue, blanc et noir étant l’absence ou la somme des couleurs.
 
Axe des nombres :
~ Trois (triade diurne et divinités célestes) :
Nous avons déjà vu que le nombre 3 appartient au régime diurne. La triade de Mars, Jupiter et Saturne chez les gréco-romains, en Egypte et chez les Mayas, la triade romaine (Jupiter, Mars et Quirinus) et les représentations tripartites des planètes au Moyen Âge renvoient à la trifonctionnalité, comme du reste le Soleil et la planète Vénus (dans ses deux aspects) dans le monde mésoaméricain. La répartition des points cardinaux prête au « régisseur » du ciel (méridien supérieur ou sud) la préférence à Jupiter (ou le Soleil chez les Aztèques), à la symbolique crépusculaire (est, rouge) celle de Mars (ou de l’ « étoile du matin » chez les Aztèques et autres) et au couchant (mort/temps…) la préférence à Saturne (ou à l’étoile du soir, chez les Aztèques et autres). Cette répartition donne aux triades (Jupiter/Mars/Saturne ou Soleil/Vénus/Vénus) une symbolique de dimension divine et « hiérarchique » ou « verticale » des puissances planétaires. La symbolique du trois nous renvoie d’ailleurs aux puissances du ciel, en Chine, au tripartisme divin, en Inde, à l’héroïsme dans les contes occidentaux.
~ Deux (dyade du régime mixte) :
Nous avons déjà vu que le nombre deux appartient au régime nocturne et mixte. Nous aborderons ici les relations de la dyade (2) au régime mixte. Le Soleil et la Lune, surtout la pleine lune, sont pratiquement partout associés mutuellement à la face humaine dont ils constituent les yeux, pour constituer une dyade. En Mésopotamie, c’est la dyade Vénus-Soleil prédominant où Ishtar supplante la Lune.
Les dyades soli-lunaire renvoient surtout à la bipolarité des sexes, c’est-à-dire à leur différence, sans attribution exhaustive d’un sexe à l’un ou à l’autre des luminaires.
Ce n’est pas le cas du dualisme qui renvoie au thème du double, comme pour la Vénus et Mercure où la bivalence des sexes signifie leur indifférenciation (ou « hermaphrodisme » : Hermès et Aphrodite, chez les Grecs).
La dualité, le thème du double, la bivalence et l’ambiguïté du régime mixte, de la Lune, Vénus et Mercure, que nous avons déjà vu, renvoient à un dualisme des forces planétaires qui oppose le visible à l’invisible, la lumière à l’ombre etc… Dans ce sens, la Lune, Mercure et Vénus représentent la bivalence de cette dualité, Mercure et la nouvelle lune plutôt le côté « obscur » et Vénus avec la pleine lune le côté « lumineux ». Le dualisme du régime mixte, entre Vénus et Mercure, n’est pas forcément une dichotomie des puissances de l’univers (en Chine, ce sont les deux aspects yin et yang de la Lune) et, dans un contexte de type « indo-européen » comme dans le tripartisme des planètes supérieures des Mayas, il n’est pas interdit de voir en eux des médiateurs infra/supra-monde ou des puissances de l’arbre cosmique « voyageant » entre le ciel et l’enfer. C’est d’ailleurs Mercure qui est le héraut des dieux sur terre, en Grèce, et Vénus qui fait la jonction entre ciel et enfer dans les mondes mésoaméricain et mésopotamien. Mercure et Vénus ont tout particulièrement, par conséquent, un sens de représentation, de liaison ou contact entre le ciel et la terre, entre l’espace et le temps (rythme, vitesse…). Nous avons vu la symbolique cyclique de Vénus pour pouvoir mettre la planète vénusienne sous l’égide de la roue, du rythme, de la danse etc.…alors qu’à Mercure revient l’espace-temps « linéaire » (non cyclique au sens strict du terme) et « évolutif » (intelligence et ingéniosité) que l’on peut mettre aisément sous l’égide de l’arbre et de la croix, comme dans les schèmes symboliques de Gilbert Durand.
A notre premier tableau (I), nous pouvons donc en ajouter un second (II) tenant compte de ces autres axes de l’imaginaire que nous avons observé.
 
Tableau synoptique des axes (ligne) et régimes (colonne) de l’imaginaire anthropologiques des planètes dans les anciennes cultures (II)
planètes
Jupiter
Mars
Saturne
Vénus
Mercure
Mercure
 
couleurs apparentes
blanc
rouge
jaune
jaune (clair)
jaune (pâle)
pâle, sombre
ciel diurne = blanc
crépuscule = rouge/jaune
ciel nocturne = noir
(sombre, pâle, invisible)
                      <= Soleil = blanc, rouge, jaune =>
<= Lune = blanc, roux, gris =>
nombres
trois (triade)
Mars, Jupiter, Saturneou Soleil, Vénus-Vénus
    deux (dyade) ou trois (triade)
       Soleil-Luneou Soleil-Vénus, Vénus-Mercureou  Soleil, Vénus-Vénus
deux (dyade)
?
mouvements apparents
mouvement rétrograde de Mars, Jupiter, Saturne formant des ? ou boucles dans le ciel, à l’opposition du Soleil
mouvement rétrograde de Vénus et Mercure formant des « roues » autour du soleil
 
 
 
Ainsi, la double appartenance du Soleil s’explique par ses couleurs et sa double appartenance ainsi que celle de Vénus s’expliquent par leur formation de dyades (régime mixte) et de triades (régime diurne et mixte). Tandis que la double appartenance de Mercure est due à sa couleur jaune (régime mixte) et sombre (nocturne).
 
 
Tableau synoptique des axes (ligne) et régimes (colonne) de l’imaginaire anthropologiques des planètes dans les cultures modernes
critères astronomiques
régime diurne
régime mixte
 
régime nocturne
planètes I
 
Mars, Jupiter, Saturne
(Soleil)
<=
Vénus
 
Soleil
Lune
(éclipse)
 
Mercure
=>
Uranus, Neptune, planétoïdes
ou Pluton
visibilité
et
forme
planètes visibles à l’œil nu
cercle
= ciel diurne
phases visibles
croissant
= ciel crépusculaire
planètes visibles au télescope
transsaturniennes
= ciel nocturne
tailles apparentes
Grandes tailles apparentes des planètes
= gigantisme, hyperbole, exclusion…
Petites tailles apparentes (ou invisibilité) des planètes
= miniaturisme, atténuation, négation…
plan orbital
proche de celui de la Terre (Vénus, Mars, Jupiter, Saturne)
éloigné de celui de la Terre
(Lune, Mercure, Pluton)
proche de celui de la Terre
nombres
résonance 1/2, 2/5
 Mars-Jupiter-Saturne
 
résonance    1/3, 2/5
Mercure-Vénus-Lune
principe de résonance 1/3 , 2/3
Uranus-Neptune-Pluton
 
L’axe de résonance orbitale dans les cultures modernes
 
La révolution copernicienne allait apporter de grands bouleversements dans l’histoire de l’astronomie. L’invention de la lunette puis du télescope moderne allait donner raison à plusieurs découvertes. Surtout, ils découvrirent le principe de résonance orbitale.
La loi de Titius-Bode, souvent appelée « loi de Bode », est une relation empirique entre les rayons des orbites des planètes du système solaire, qui utilise une suite arithmético-géométrique pour justifier l’ordre des planètes. Validée en 1781 par la découverte d'Uranus, la loi de Bode a été mise en échec en 1846 par la découverte de Neptune, et ne donne plus de résultats probants au-delà. Il fallu attendre le XXe siècle pour adopter le principe de résonance qui explique la cohésion des planètes. Une résonance orbitale, en astronomie, a lieu lorsque deux objets orbitant autour d'un troisième ont des périodes de révolution dont le rapport est une fraction entière simple. Par exemple, la ceinture d’astéroïdes est en résonance avec Mars et Jupiter. Le principe de résonance orbitale explique aussi la cohérence des planètes transsaturniennes découvertes à partir du XVIIIe siècle.
resonance

< Les objets transneptuniens en résonance 3:2, en rouge (Doressoundiram et Lellouch, 2008, p.68)
 
Tous les corps célestes transneptuniens ne sont pas stables, mais lorsqu’ils le sont ils ont une nette préférence pour la résonance 3:2, comme le montre le graphisme ci-joint. Cette observation moderne permet de « mettre de l’ordre » dans les transsaturniennes, les planètes invisible à l’œil nu. En effet, Uranus est en en résonance 3:1 (ou 1/3) avec Pluton qui est lui-même est en résonance 3:2 (ou 2/3) avec Neptune, c'est-à-dire qu’Uranus effectue trois révolutions autour du Soleil pendant que Pluton en fait une et Neptune en réalise deux.

Cette résonance est stable : une perturbation de l'orbite de Pluton serait corrigée par l'attraction de Neptune, ce qui justifie le rôle de Pluton comme planète naine majeure dans le trio Uranus-Neptune-Pluton.
 
La résonance orbitale des transsaturniennes s’établit d’un point de vue héliocentrique, mais pour ces planètes cela faisait peu de différence avec les périodes géocentriques.



Sur le même principe de résonance, mais cette fois vue de la Terre, y aurait-il matière à classer les planètes des trois régimes de l’imaginaire ?

 
resonance nocture
< Résonance du régime nocturne : 84 ans (Uranus), 164 ans (Neptune) et 248 ans (Pluton)
 

 
 














< Résonance du régime diurne : 12 ans (Jupiter), 15 ans resonance mixte(Mars) et 30 ans (Saturne)
 
 















 





resonance diurne< Résonance du régime mixte : 19 ans (Lune), 8 ans (Vénus) et 6 ans (Mercure)
 




















En tenant compte des périodes géocentriques des planètes, nous obtenons les résonances suivantes qui s’organisent en 1/3, 2/3, 1/2 et 2/5. Il est intéressant de noter que la résonance des planètes du régime mixte (2/5 et 1/3) est intermédiaire entre celle des planètes du régime nocturne (1/3 et 2/3) et celle des planètes du régime diurne (1/2 et 2/5), parce quelles ont en commun le rapport de 1/3 avec le régime nocturne et le rapport 2/5 avec le régime diurne. Les périodes des planètes s’organisent donc bien de façon cohérente d’un point de vue géocentrique.
 
 
Un imaginaire « mathématique » ?
 
Les cultures astronomiques anciennes auraient-elles été conscientes des ces « mathématiques » planétaires ?
Nous avons vu que les périodes géocentriques étaient connues dans l’Antiquité et qu’au moins celle de Vénus était établie, voire celle de Mars, dans les autres cultures astronomiques.

Rappelons l’importance des cycles de 30 ans et ses multiples dans les différentes cultures anciennes telles que la Chine, où la révolution de Saturne (30 ans) servait d’unité à un compte de 60 ans insérant Mars (15 ans X 4) et Jupiter (12 ans X 5), ou chez les Celtes qui possédaient un calendrier « astrologique » de 30 ans (Lefort, 1998). En Afrique du Nord-Ouest, le cycle de 60 ans est aussi utilisé dans le calendrier rituel des peuples du Mali (Griaule, Dieterlen, 1950). Le cycle de 30 ans et ses multiples suit l’analogie de la révolution synodique de la Lune (29,5 jours) avec la révolution géocentrique de Saturne (29,5 ans), analogie qui a pu frapper l’imagination, surtout dans les cultures ayant adopté un calendrier lunaire comme dans les traditions hébraïque et musulmane .
Le dénominateur commun de ces différentes analogies est le nombre 2 et les multiples de 8 et de 30 qui forment une suite de 15 ans (Mars) à 240 ans (Pluton). En effet, la période de Mars (15 ans) multipliée par 2 donne celle de Saturne (30 ans) qui, multipliée par 2, donne 5 fois celle de Jupiter (5 X 12 = 60 ans). Cela continue avec la multiplication par deux de 60 ans qui donne 120 ans, nombre d’années atteint au bout de 15 fois les périodes de Vénus et de l’octaéride de la Lune (8 ans X 15 = 120 ans) et au bout de 20 fois la plus courte période de Mercure (6 ans X 20 = 120 ans). La multiplication par 2 se poursuit pour atteindre 240 ans (120 ans X 2 = 240 ans) qui est approximativement la période de Pluton (248 ans) avec laquelle celles d’Uranus et de Neptune sont en résonance, comme nous l’avons vu. Nous obtenons ainsi, la suite que voici :

 
Périodes géocentriques sur la suite de nombres d’années multiples de 2 :
suite multiple de 2

Remarquons que les nombres obtenus, dans cette suite, par les planètes du régime diurne sont soit des nombres premiers (soulignés) soit des nombres divisibles par 3 (surligné en jaune). Les nombres des planètes du régime mixte sont soit des nombres divisibles par 3 (en jaune) soit des  nombres pairs (soulignés), alors que les nombres des planètes du régime nocturne sont des nombres pairs (soulignés). Nous observons la même chose, en rangeant les périodes et des demi-périodes géocentriques par rapport à la résonnance des transsaturniennes (voir tableau plus bas) : nombres pairs pour le régime nocturne, nombre premier ou divisible par 3 pour le régime diurne et nombre pair ou nombre divisible par 3 pour le régime mixte. Les propriétés des nombres du régime mixte sont intermédiaires à celle des deux autres régimes.
Classement des périodes et des demi-périodes géocentriques par rapport à la résonnance des transsaturniennes
Planètes du régime diurne 
Planètes du régime mixte 
Planètes du régime nocturne 
Jupiter : 12 X 7 = 84
 
Vénus : 8 X 10 = 80
Uranus : 84 ans
résonnance : 1/3
Mars : 15 X 11 = 165
 
Lune : 8 X 20 = 160
ou ½ de 19 ans : 9,5X17=161,5
Neptune : 164 ans
résonnance : 2/3
Saturne : 29 X 9 = 261 
ou 30 X 8 = 240 
Mercure : 20 X 12 = 240
ou ½ de 19 ans : 9,5X26=247
Pluton : 248 ans
résonnance : 1
nombre divisible par 3
ou nombre premier
nombre divisible par 3
ou nombre pair
nombre pair
 
La comparaison avec les numérologies spécifiques aux anciennes cultures astronomiques est frappante : nous retrouvons la même préférence pour les nombres premiers et le tripartisme (nombre divisible par 3), dans l’organisation planétaire des cultures de mythe et de calendrier solaires du régime diurne, la même préférence pour les nombres pairs, dans l’organisation planétaire des cultures de mythe et de calendrier lunaire du régime nocturne, et la même préférence pour les nombres pairs et le bi- et tri-partisme (nombre divisible par 2 et par 3) dans l’organisation planétaire des cultures de mythe et de calendrier soli-lunaire du régime mixte.
 
Imaginaire
Régime diurne
Régime mixte
Régime nocturne
 
Mythes et représentations astronomiques
Mythe solaire et calendrier solaire
 
(roue ou barque solaire)
Calendrier soli-lunaire, utilisation de l’astrologie et/ou du zodiaque
<=   arbre-serpent cosmique   =>
Mythe et calendrier lunaires, étoiles et constellations
(tambour, tortue)
 
Organisation du cosmos et des planètes (nombres)
5 et 7 planètes 
(5 jours épagomènes en Egypte) Tripartisme des planètes supérieures : Mars, Jupiter, Saturne
(nombres premiers impairs)
1) 5 et 7 planètes  ou étoiles, 29 lunaisons synodiques, 19 ans (cycle de Méton)
(nombres 1ers) ;
2) bi- et/ou tripartisme: Vénus, Lune-Soleil (2,3), 12 signes et lunes (3X4) 
(nombres pairs)
Points cardinaux (4), représentation quadripartite et circulaire, 28 lunaisons visibles, 2 invisibles et 4 phases lunaires
(nombres pairs : 4,8…, 28…)
 
Cultures afro-américaines
Amérique Centrale (Mayas, Aztèques) et Amérique du Sud (Incas)
Afrique du Nord-Ouest
Cultures afro-océaniennes
 
Egypte pharaonique
 
Polynésie
(possession)
 
Cultures asiatiques et indo-européennes
Germains, Scandinave 
Rome (julienne)
Europe (grégorienne, puis républicaine)
Mésopotamie, Hébreux
Inde, Grèce, Celtes
 
 
Chine et Asie du Sud-Est bouddhistes
 
 
 
Examinons, enfin, les trois régimes planétaires par rapport aux nombres de « boucles » que les planètes effectuent au cours de leur période géocentriques.
Rappelons que nous appelons "périodes géocentriques" la coïncidence entre révolution synodique et révolution sidérale de la terre, comme sur notre tableau.
 
Nombre des révolutions synodiques des planètes correspondant à un nombre entier ou " périodes géocentriques"
 
Périodes héliocentriques
Périodes géocentriques
Planètes et luminaires
Période de rotation sidérale
Période de révolution sidérale
Période de révolution synodique
Révolution synodiques et révolution sidérale de la terre (années solaires de 365,25 jours) coïncident tous les :
soit
= nb de révolutions synodiques
(boucles)
Lune
 
27,32 jours
29,53 jours
18,999 ans
235
Mercure
58,65 jours
88 jours
116 jours
20,008 ans
(ou 6,9869 ans)
63
(ou 22)
Vénus
243 jours(r)
224,7 jours
583,9 jours
7,993 ans
5*
Mars
24 h 37 min
687 jours
780 jours
14,948 ans
7*
Jupiter
9 h 50m 30’
11,86 ans
399 jours
12,016 ans
11*
Saturne
10 h 14 min
29,46 ans
378 jours
30,012 ans
29*
Uranus
17 h 14 min
84 ans
370 jours
84, 079 ans
83*
Neptune
16 h 3 min
164,8 ans
367,5 jours
165, 010 ans
164
Pluton
6,39jours(r)
248,5 ans
366,7 jours
248,984 ans
248
Soleil
 
365,25 jours
 
 
 
Terre
23 h 56m 04
365,25 jours
 
 
 
* nombre premier
 
Concernant la classification des planètes en groupe de trois, par rapport à leur nombre de révolutions synodiques ou « boucles » pour les planètes, nous constatons plusieurs constantes.
Les nombres de boucles des planètes du régime diurne (Mars, Jupiter et Saturne) sont des nombres premiers (7, 11 et 29), comme nous l’avons vu au sujet de la préférence pour ces nombres dans les cultures astronomiques ayant adopté un calendrier solaire. Dans le cas du régime mixte, les nombres de boucles des planètes sont soit des nombres premiers (5) soit des nombres divisibles par un nombre premier (3, 5 et 7). En effet, Mercure a un nombre de boucles représenté par un nombre (63) divisible par le nombre premier 3 (3X21 = 63), ce nombre est aussi divisible uniquement par des nombres premiers (3X3X7 = 63), Vénus a un nombre de boucle qui est un nombre premier (5) et la Lune a un nombre de révolution synodique représenté par un nombre divisible par des deux nombres premiers (5X47 = 235) dont 5. Les nombres de boucles des planètes du régime nocturne (Neptune, Uranus et Pluton) sont des nombres pairs (164 et 248) ou premiers (83), on pourrait donc dire que les nombres de boucles des planètes du régime nocturne sont des nombres divisible par 1 ou par 2.
Nous avons pu constater à plusieurs occasions que les trois régimes de l’imaginaire planétaires pouvaient se subdiviser en trois autres sous groupes. Il nous semble donc intéressant de poursuivre ces possibilités par rapport aux nombres de « boucles » que les planètes effectuent au cours de leurs périodes géocentriques.
 
 
 
Classification des planètes en fonction des nombres de « boucles » des révolutions synodiques
Régimes >
Régime diurne
Régime mixte
Régime nocturne
Sous catégories
v
Nombre premier
Divisible par un nombre premier (3,5,7)
Divisible par 1 ou un nombre pair (2,4,8)
Nombre premier
Jupiter : 11
Vénus : 5
Uranus : 83
Divisible par 2,5,7
Mars : 7
Lune : 235
Neptune : 164
Divisible par 1,2,3
Saturne : 29
Mercure : 63
Pluton : 248






 
 
Conclusion
 
Pour conclure, le langage des astres est décodable grâce à l’anthropologie des étoiles qui décline l’imaginaire du ciel en trois groupes, par la convergence des planètes dans l’un d’eux. La comparaison des « mathématiques » évoquées ici avec les représentations du cosmos et des planètes spécifiques aux anciennes cultures astronomiques donne raison à une organisation en nombres pairs et/ou impairs, selon la nature des mythes et des calendriers des différentes cultures. Cela signifie que la vision du temps calendaire, lié aux mythes et à la numérologie, a pu frapper l’imagination et inscrire dans notre mémoire collective un imaginaire des planètes décliné en images diurnes, nocturnes et mixtes.



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