L'Anthropo-Bio-Cosmologie : l'ABC des relations
Anthropologiques entre la Biologie humaine et le Cosmos

 
 
Les influences des planètes : entre intoxication médiatique et réalité des rapports de l’Homme au cosmos
 
Les planètes ont-elles une influence réelle sur notre planète et sur les hommes ? Entre les preuves astronomiques concernant l’influence des planètes géantes sur l’activité solaire, et partant sur le climat, et les prétentions des astrologues qui croient en une influence généralisée de toutes les planètes sur le globe mais aussi sur l’individu, et ceci de manière « physique » pour certaines écoles, il est bien difficile de savoir à quel dieu se vouer. Lorsque science et croyance se confrontent, il ya bien des chances de ne pouvoir trancher, de même que lorsque les astrologues modernes mêlent science et imaginaire, ils se fourvoient dans l’impasse épistémologique des pseudosciences. Nous vous proposerons dans un premier temps, un exemple type d’intoxication médiatique de soi-disant influences planétaires sur les séismes. Dans un deuxième temps, nous essayerons de faire le point entre les distinctions à faire entre ce que l’astronomie prouve et ce que l’astrologie croit et prétend être réel.
 
Séismes et planètes : un exemple d’intoxication médiatique 
 
Depuis de dernier tsunami du Japon, de nombreux sites sur le web nous interpellent sur l’éventuelle responsabilité de certaines configurations planétaires sur les séismes et les raz de marée. La responsabilité des astres sur les perturbations séismiques est-il exacte ou s’agit-il d’une intox ?
La pleine lune à son périgée provoque-t-elle des raz de marée en Europe ? L’annuaire des marées européenne (http://maree.frbateaux.net) prévoyait déjà « La plus grande marée des 6 prochains mois sera le lundi 21 mars 2011 - coefficient 118 », alors que le vendredi 18 mars 2011 le coefficient prévu était de 97 et que pour l’Ouest France une alerte était donné pour les hautes marées, du samedi 19 mars sur la Bretagne, qui étaient estimées avec le coefficient 118. Pour autant, aucun raz de marée n’a été provoqué en Europe.
Concernant la prévision astronomique (ou astrologique) des séismes, le site web intitulé « http://www.whatdoesitmean.com/index1457.htm » donne pour responsables des séismes de 2011, celui de Christchurch en Nouvelle-Zélande et celui du Japon, les conjonctions de Mars, Jupiter et Saturne. Le séisme du 22 février 2011 (appelé aussi séisme de Christchurch) est un tremblement de terre d'une magnitude de 6,3 survenu à 12 h 51 min  (23 h 51 min 42 s UTC), dans la région de Canterbury sur l'île du Sud. Une réplique de magnitude 5,6 est survenue à 13 h 4 heure locale (0 h 4 le 22 février UTC). Le séisme du 11 mars 2011 de la côte Pacifique du T?hoku au Japon est un tremblement de terre d'une magnitude 9, survenu au large des côtes nord-est de l'île de Honsh?. Il a engendré un tsunami qui a ravagé les côtes de la région sur plus de 200 km, et jusqu'à 5 km à l'intérieur des terres causant des milliers de morts. Ces évènements ont entraîné les accidents nucléaires de Fukushima. Ces séismes ont-ils un rapport avec les astres ? Pour vérifier les assertions des sites en question, il faut examiner lesséismes les plus meurtriers et leurs éventuelles corrélations évènementielles avec les mêmes configurations astrales.
 
Quelles sont les relations possibles avec les séismes les plus importants depuis les années 70 ?
1) Séismes les plus meurtriers depuis 1970 
Ville / Zone
Pays
Date
Magnitude
Nombre de morts
Chimbote
Pérou
31 mai 1970
M=8,0
66 000
Yibin
Chine
10 mai 1974
M=6,8
20 000
Guatemala
4 février 1976
M=7,5
23 000
Tangshan
Chine
27 juillet 1976
M=8,2
240 000
Michoacan
Mexique
19 septembre 1985
M=8,1
20 000
Région de Spitak
Arménie
7 décembre 1988
M=7,0
25 000
Zangan
Iran
20 juin 1990
M=7,7
45 000
Kocaeli
Turquie
17 août 1999
M=7,4
17 118
Bhuj
Inde
26 janvier 2001
M=7,7
20 085
Bam
Iran
26 décembre 2003
M=6,6
26 200
Sumatra
Indonésie
26 décembre 2004
M=9,3
227 898
Muzaffarabad
Pakistan
8 octobre 2005
M=7,6
79 410
Province du Sichuan
Chine
12 mai 2008
M=7,9
87 149
Port-au-Prince
Haïti
12 janvier 2010
M=7,2
230 000
Côte Pacifique du T?hoku
Japon
11 mars 2011
M=9,0
inconnu pour le moment
(source :http://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9isme#S.C3.A9ismes_les_plus_puissants_enregistr.C3.A9s_depuis_1900)
Remarquons que les dates des séismes ne correspondent pas aux périodes des équinoxes (excepté celui du Mexique, le 19 septembre 1985) qui pourraient se combiner avec l’attraction de la Lune, comme il est suggérer sur les sites catastrophiques.
Les conjonctions de Jupiter avec Saturne suivent un cycle approximative de 10 ans, nous avons aussi pris en compte les conjonctions avec Mars. Voici les conjonctions inférieures et supérieures de ces planètes depuis les années 70, comme sur la figure ci-contre.
(Les termes de conjonction inférieure et supérieure sont le plus souvent utilisés pour les planètes Mercure et Vénus, qui sont des planètes intérieures par rapport au Soleil vues depuis la Terre. Nous utilisons ces termes pour Jupiter, Saturne et Mars)
 
2) Périodes de conjonction Mars-Jupiter-Saturne depuis 1970 (héliocentrique)
dates
Planètes conjointes (conjonctions inférieures)
Planètes opposées (conjonctions supérieures)
Planètes à près de 30°
21/3/1970
Terre-Jupiter
Saturne
Mars
21/5/1971
Terre-Jupiter
Saturne
Mars
26/3/1981
Terre-Jupiter-Saturne
Mars
 
31/1/1991
Terre-Jupiter
Saturne
 
29/4/2000
Terre
Jupiter-Saturne
Mars
4/6/2001
Terre-Mars
Jupiter-Saturne
 
7/04/2011
Terre-Saturne
Jupiter
Mars
 
Seul l’alignement de 2011 est susceptible d’être mise en corrélation avec le séisme du Japon et celui de Nouvelle-Zélande (surligné en jaune). Peut-il y avoir d’autres possibilités avec l’influence de la Lune ? Le point de vue géocentrique permet de tenir compte des lunaisons. Voici les périodes de conjonction et d’opposition entre Mars-Jupiter-Saturne depuis 1970, d’un point de vue géocentrique (vue de la Terre)
 
3) Périodes de conjonction et d’opposition entre Mars-Jupiter-Saturne depuis 1970 (géocentrique)
dates
Heures (GMT)
conjonction
oppositions
conj. à 30°
Lune
11/1/1971
12 h
Mars-Jupiter
Saturne
 
PL
21/3/1981
00 h
Mars-Soleil
Saturne-Lune
Jupiter ?
PL
12/9/1991
12 h
Mars-Jupiter
Saturne
 
NL
19/4/2000
12 h
Mars-Jupiter-Saturne
 
 
PL
6/6/2001
00 h
Jupiter-Saturne
Mars
 
PL
19/3/2011
00 h
Jupiter
Saturne
Mars
 
18/4/2011
00 h
Mars-Jupiter
Saturne
 
PL
 
La dernière corrélation se réitère, mais seul le séisme indien du 26 janvier 2001 peut être mis en relation à l’alignement planétaire de juin 2001, les autres dates des mêmes configurations ne correspondant à aucun autre séisme.
Ceci prouve que, sans même tenir compte des dates précises (nous n’avons retenu que les années), les alignements de Mars, Jupiter et Saturne ne présentent pas de corrélation significative avec les séismes de 40 dernières années.
 
Une influence supposée de la Lune
 
Reste à examiner l’influence de la pleine lune à son périgée. Le 19 mars, la pleine lune se combinait à la proximité de la date d’équinoxe du printemps en hémisphère nord. Etant donné que la révolution des nœuds de la Lune ou « draconique » (point d’intersection entre le plan de la révolution de la terre et celle de la Lune) a lieu tous les 18 ans environ (18,6 ans), voici les pleines lunes à leurs périgées, au plus proche de l’équinoxe de printemps, au cours de 40 dernières années.
4) Les pleines lunes à leurs périgées proches du 21 mars
années
dates
Distance (km)
2011
19 mars
356577
1993
8 mars
356529
1975
25 février
356519
 
Seule la pleine lune à son périgée du 19 mars 2011 peut être rapprochée des séismes de février et mars 2011, ce qui pourrait être en faveur de l’hypothèse d’une cumulation des effets de marée de la pleine lune avec les configurations géocentriques de Mars, Jupiter et Saturne, le 19 mars 2011 (tableau 3).
 
5) Apogées des pleines lunes depuis 2011
années
dates
Distances (km)
2011
19/3
356577
2010
30/1
356592
2009
10/1
357500
2008
12/12
356567
2007
26/10
356754
2006
8/9
357174
2005
10/1
356571
2004
3/6
357247
2003
17/4
357157
2002
27/2
356897
2001
7/2
356852
2000
1/7
357362
 
Le séisme indien du 26 janvier 2001 peut également être mis en relation à l’apogée de la pleine lune du 7 février 2001 (tableau 5), mais trop loin de la date d’équinoxe, le 21 mars, pour confirmer l’hypothèse par une seconde « preuve ».
Remarquons que la pleine lune du 19 mars 2011 n’est pas celle qui est la plus proche de la Terre, mais celle du 12 décembre 2008 (en rouge).
En prenant les pleine lunes les plus proches de la Terre depuis les années 70, trouve-t-on des dates proches de celles des configurations astrales et des séismes ?
 
 
6) Les pleines lunes les plus proches depuis les années 70
années
dates
Distance (km)
1993
8 mars
356529
1990
2 décembre
356526
1975
25 février
356519
1972
21 novembre
356524
 
Le périgée de la pleine lune du 2 décembre 1990 (tableau 6) est bien loin du séisme iranien, du 20 juin 1990 (tableau 1), et des conjonctions et oppositions (géocentriques) de Mars-Jupiter-Saturne, du 12 septembre 1991 (tableau 3). Les autres dates ne correspondent ni à un séisme ni à configuration astrale.
 
Pour conclure, nous avons vu que sur l’ensemble des séismes des 40 dernières années, seuls ceux de 2011 correspondait à une configuration planétaire. En fait, l’assertion de la responsabilité des astres sur les dernières séismes, ne repose que sur une simple question de mathématique où se conjuguent trois paramètres astronomiques : 1) l’équinoxe, soit une date proche du 21 mars (le 19 mars) ; 2) les configurations des planètes supérieures, soit une période approximative de 10 ans (le 19 mars et 18 avril 2011, vue de la Terre) ; 3) le périgée des pleines lunes, qui a lieu tous les an. Sur l’échantillon des 40 dernières années, la possibilité mathématique de la rencontre entre ces trois paramètres tombe sur le 19 mars 2011, proche de l’équinoxe. Mais, en ce qui concerne les supposés « effets » des planètes (datés même approximativement) sur les derniers séismes, ces derniers ont eu lieu le 22 février (Nouvelle-Zélande) et le 11 mars (Japon) et non entre le 19 et le 21 mars, là où équinoxe, périgée et configuration astrale se rencontrent. Ayant lieu avant la configuration astronomique, les séismes ne peuvent en être la conséquence.
En revanche, nous verrons dans notre prochain article que les planètes géantes gazeuses ont un véritable impact sur le climat.
 
 



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