L'Anthropo-Bio-Cosmologie : l'ABC des relations
Anthropologiques entre la Biologie humaine et le Cosmos

 
 
 
La mort, une préoccupation humaine : des premières cultes à l’angoisse du temps
 
Les premières sépultures proprement dites font leur apparition au cours du Paléolithique moyen, il y a environ 100000 ans. Elles sont liées à l'Homme de Neandertal en Europe et aux premiers humains anatomiquement modernes au Proche-Orient. Les premières sépultures sont individuelles et nombreuse d’entre elles sont celles d’enfants (Tillier, 2009, p.55). Il faut attendre entre 27000 et 25000 pour que les sépultures deviennent multiples (Ibid., p.101) et les fouilles révèlent encore souvent des âges des défunts appartenant à une tranche assez jeune. En l’état actuel des connaissances, la présence de sépulture, qui témoigne d’une préoccupation évidente de la mort, ne prouve pas pour autant l’existence de culte funéraire. Il faudra attendre la révolution du Néolithique pour pouvoir attester de la naissance des premiers cultes, ceux-ci ayant pu précéder la rupture agricole du Néolithique par antériorité des divinités de la fertilité sur la naissance de l’agriculture  (Cauvin, 2010), puis enfin l’émergence du mégalithisme, pour parler de culte funéraire. La plupart des chercheurs concernés s'accordent aujourd'hui à reconnaître au mégalithisme un rôle multiple, soit par ordre d'importance : religieux et funéraire, astronomique, agricole, etc. Mais toutes ces constructions ne possédaient pas toutes ces fonctions. Cependant, la littérature scientifique, surtout celle d’origine anglo-saxonne, fait souvent état de l’orientation astronomique des mégalithes. Nous aborderons donc le thème du mégalithisme archéoastronomique, concomitant à l’apparition des premiers cultes funéraires, et celui de l’angoisse du temps qui semble avoir été une des conséquences majeures des découvertes astronomiques postérieures.
 
Mégalithisme : apparition des premiers cultes
 
Dès le début du Ve millénaire, apparaissent un peu partout sur la façade atlantique des édifices imposants, érigés au moyen de blocs énormes de pierre. Ces constructions, témoins de la première architecture monumentale européenne, furent érigées pour le service des morts : à l'intérieur de ces caveaux gigantesques, des dizaines de squelettes jonchant parfois le sol ont été retrouvés. Tout particulièrement, les cairns sont des sépultures collectives datant du Néolithique (de 5000 à 2500 ans avant notre ère).
 
carte site mégaNous vous proposons un tour du monde du mégalithisme, dans une approche archéoastronomique. Tout d’abord en Afrique. En 1983, Laurance Doyle et Eddie Frank ont mené leur première expédition à Namoratunga, un site très éloignée dans le nord du Kenya.   Leurs conclusions sur ce voyage notable leur a valu d’être une référence dans l'histoire de l'archéoastronomie.   Ils ont découvert qu'environ 300 avant J-C. un peuple centrafricain inconnu avait construit un « observatoire » de pierres témoignant d’une compréhension sophistiquée des mouvements de la lune et les étoiles. Avec leurs connaissances astronomiques, ces personnes ont créé un calendrier lunaire très précis. En 1989 Doyle et Frank s’aventurèrent plus au sud dans une autre expédition les conduisant aux ruines du grand Zimbabwe où un vaste complexe remonte à 400 avant notre ère et présente des alignements astronomiques importants.
En Amérique latine, la découverte d’un temple solaire, à Chankillo, a prouvé l’antériorité de temple dédié au Soleil deux mille ans avant ceux des Incas (Détruy, 2007).
Les recherches archéoastronomiques ont cependant été des plus riches en Europe où l’aube de l’astronomie avait lieu il y a 7000 ans (Haddad, Martin, 2004).
 

< Carte des sites archéoastronomiques du Néolithique européen
 





En effet, le tout premier observatoire astronomique est peut-être l’enclos circulaire de Goseck, construit 5000 ans avant notre ère.
 
Goseck
Site de Goseck (5000 avant notre ère)

 
 
newgrange
< Newgrange (Irlande)
 
Le site archéoastronomique de Newgrange (Irlande) construit vers 3150 avant notre ère, indiquait le cycle de Méton (19 ans) et la période de Vénus (8ans).
 
 
En Ecosse, plusieurs mégalithes ont été apparemment orientés en fonction de la Lune et du Soleil.









Mais le mégalithisme astronomique le plus connu est cependant celui de Stonehenge, au sud de l’Angleterre.

stonehenge
(Stonehenge (photo de l’auteur)
 
Depuis le XVIIIè siècle, on sait que l’axe du cercle de monolithes de grès s’oriente dans la direction où un observateur, placé au centre de Stonehenge, voit le Soleil se lever le jour le plus long de l’année, dans sa position la plus au nord sur l’horizon. De plus, en reliant les quatre pierres bornes on obtient des lignes indiquant les positions les plus au nord et au sud de l’horizon du lever et du coucher du soleil et de la lune. fleuve stonehengeLa latitude de Stonehenge peut même avoir été choisie de façon à ce que deux de ces directions forment un angle droit. En outre, le cercle des trous retrouvés autour de l’édifice (dits « trous Aubrey ») pourrait avoir servi de modèle simplifié aux mouvements du Soleil et de la Lune en vue de prévoir les éclipses. Gérard Hawkins a souligné la possibilité que les trous Aubrey aient servi à la détermination des noeuds lunaires et du mois draconique d'environ 18,6 ans, pour prévoir les éclipses, les phénomènes lunaires se répétant à Stonehenge tous les 56 ans, soit l'addition de 19 + 19 + 18 ans dont la somme est égale au nombre des dits trous (Briard, p.71, 1997). 

Un second site mégalithique, Woodhenge, a été mis à jour tout près de Stonehenge. Le fleuve Avon servait de communication entre Stonehenge et Woodhenge. De plus, de longues avenues de pierre reliaient les cercles au fleuve (illustration ci-contre).
 
 
Bien avant l’édification de Stonehenge les tumulus et les cairns de Bretagne, qui avaient pour principale fonction celle de tombeau funéraire, ont été également construits en fonction d’une orientation astronomique.

 
barnenez
Mégalithe de Barnerez (photo de l’auteur)
 
  L’édifice ci-dessus (Barnerez) date de 4700 à 4500 avant notre ère (cairn primaire) et forme une éminence lithique de plus de 72 m de long pour une hauteur originelle de 8 à 9 mètres.
 
barnenez1< Ouvertures orienté vers le solstice d’hiver (photo de l’auteur)
 
 
Sur le cairn secondaire (4300-3900) de Barnenez, certaines chambres funéraires (C et D) aujourd’hui en ruine (voir photo ci-dessous) donnent en plein sur le soleil levant du solstice d’hiver. 
Le Grand Dolmen brisé, à Locmariaquer, pèse plus de 342 tonnes et mesurait 20 m de haut avant qu’il n’échoie. Le menhir, selon Alexander Thom (un mathématicien qui défendit les théories archéoastronomiques), aurait servi de repère astronomique pour les huit points extrêmes de lever et coucher de la Lune, en station maxima et minima de son cycle.
 
Exemples d’orientation du néolithique archéoastronomique
 
site
BC
axe orienté
orientation solaire
Stonehenge
3000-2000
trilithe/pierre talon
lever solstice été
Barnenez
4500-3900
axe porte/couloir funéraire
lever solstice hiver
Gavrinis
4000-3000
axe porte/couloir funéraire
lever solstice hiver
 
Enfin, le cairn de Gavrinis, situé sur une petite île toute proche de Larmor-Baben, est finement orné de gravures représentant des vulves et des spirales. L’axe de la chambre funéraire est orienté en fonction du lever lunaire le plus au sud et en fonction du lever héliaque au solstice d’hiver.
Le mégalithisme occidental ne présente pas, en revanche, de préoccupation pour les étoiles.
Tous ces exemples montrent le lien étroit, pour l’Homme du Néolithique, entre la mort, les levers et couchers du Soleil et de la Lune. Surtout, Stonehenge montre la préoccupation des Hommes du mégalithisme occidental pour l’observation des nœuds et des éclipses lunaires sur un cycle de 56 ans.
 
Comment peut-on expliquer ce lien et quelles sont les conséquences à en tirer ?
 
 

Espérance de vie et angoisse du temps
 
Pour répondre à cette question, d’une part, il est nécessaire de dresser un portrait psychologique, en termes d’espoir de l’Homme vis-à-vis de la mort, ainsi que d’estimer l’espérance de vie au cours de la préhistoire et, d’autre part, de chercher les relations à établir entre cette attitude mentale et l’astronomie.
 
Il est extrêmement difficile de faire une estimation de l'espérance de vie moyenne des hommes préhistoriques. Plusieurs études utilisent l’analyse des squelettes trouvés en un site et établissent des statistiques sur l’âge de la mort, et, par extrapolation, donnent une espérance de vie. La plupart de ces études montrent que les squelettes les plus représentés sont ceux des personnes ayant environ 15 ans, les femmes étant plus représentées que les hommes. Voici la compilation que W. Krogman publiait en 1940, reprise par Paul Janssens, dans Paleopathology – diseases and injuries of prehistoric man, en 1970 :
·         Homme de Neandertal : 80% des personnes meurent avant l’âge de 30 ans, 95% avant l’âge de 40 ans ;
·         Homme de Cro-Magnon : 62% des personnes meurent avant l’âge de 30 ans, 88% avant l’âge de 40 ans ;
·         Homme du Mésolithique : 86% des personnes meurent avant l’âge de 30 ans, 95% avant l’âge de 40 ans.
La grégarisation de la société humaine, qui se sédentarise et voit apparaître l’agriculture, associée à un réchauffement climatique, expliquent probablement l’augmentation de la mortalité au Mésolithique. On peut, raisonnablement penser à une espérance de vie de 25 ans pour la période mésolithique, avec une légère amélioration au Néolithique. C’est d’ailleurs l’estimation de Ladislas Robert (Robert, 1989) et de Lefrançois dans son étude de synthèse, « L’espérance de vie du néolithique à nos jours » (Lefrançois, 2004), reprenant notamment l’étude d’Angel J.L. (Human biology, health and history in Greece from the first settlement until now) parue en 1951.
 
Espérance de vie dans les anciens mondes jusqu’au XXe siècle, pour les autres périodes selon les sources
 
Périodes
Espérance de vie (Robert, 1989, p.238)
Espérance de vie à 15 ans Lefrançois, 2004, p.101
Mésolithique
25 ans
 
Néolithique
32 ans
25-28 ans (moyenne de 26,5 ans)
Âge du bronze
 
35 ans
Mycènes (XVe au XIe)
 
36 ans
Âge de fer
 
36 ans
Antiquité (IXe au Ve)
36-40 ans (moyenne de 38 ans)
 
Classicisme (Grèce, Rome)
 
38-41 ans (moyenne de 39,5 ans)
Moyen Âge
 
35 ans
 
Si l’espérance de vie s’améliore très lentement, au fil des âges, la période des mégalithiques occidentaux révèle, au contraire, une espérance de vie étonnamment élevée, avec un âge moyen au décès dépassant de quelque peu 50 ans, une moyenne que l’on ne pourra retrouver qu’au …. XIXe siècle ! En effet, « le seul élément sérieux sur lequel on puisse actuellement s'appuyer est fourni par un hypogée champenois, celui des « Gouttes d'Or » à Loisy-en-Brie, auquel a été appliquée récemment une méthode permettant d'apprécier sans biais (…) l'âge moyen au décès d'un ensemble de squelettes adultes (…). A un écart-type près, le résultat obtenu est 52 ± 3 ans (Guilaine, 1999, p.12).
 
 
Espérance de vie à l’âge mégalithique (Ve-IIIe millénaire avant notre ère) : l’exception maximaliste
Espérance de vie (Guilaine, 1999, pp.12-15)
découverte astronomique
conséquence
49-55 ans (moyenne de 52 ans)
mégalithisme astronomique, quête de la maîtrise du temps et de la prévision agricole et astronomique
connaissance des cycles des éclipses  ou toute autre prévision porteur de la maîtrise du temps
 
L’exemple du mégalithisme est doublement intéressant. D’une part, les sépultures collectives, dont les corps mis à jour se comptent par centaine, ne résultent pas d’une quelconque sélection idéologique des défunts : les sépultures du mégalithisme occidental reflètent parfaitement l’état de santé mentale et physique des sociétés locales qui ont mis en œuvre une véritable gestion des mort et des rites socio-cultuels pour anticiper la mort et l’intégrer dans la vie communautaire. En effet, les techniques monumentales n’étaient pas uniquement esthétiques ni mégalithiques, mais prévoyaient aussi un espace funéraire aux proportions nécessaire aux exigences du renouvellement des morts : l’espace des chambres des morts était calculé en fonction du temps imparti à la décomposition des chairs afin d’introduire de nouveaux défunts au moment où les anciens corps étaient réduits à l’état de squelette (Guilaine, 1999, 23-40). D’autre part, les orientations astronomiques des mégalithes, qui permettaient une meilleure prévision des récoltes et une gestion de l’agriculture des sociétés néolithiques, servaient aussi d’observatoire susceptible de produire des découvertes astronomiques et probablement de prédire les éclipses ou tout autre phénomène permettant de maîtriser le temps astronomique. Ces prédictions offraient une relation humaine avec le Soleil et la Lune sur un mode de pérennisation d’observation sereine et non traumatique.
Nous pensons que les liens étroits entre le ciel et la mort se sont établis sur le registre de l’espoir des défunts dans l’au-delà et l’angoisse du temps, ces deux derniers étant en relation à l’espérance de vie. A l’âge des premiers cultes funéraires du mégalithisme occidental, l’espérance de vie, en termes de moyenne d’âge, était élevée et ni les cultes ni les découvertes astronomiques ne semblent avoir été l’expression d’un quelconque pessimisme vis-à-vis de la mort et de l’espérance en la vie. En revanche, l'espérance de vie était faible au cours des âges suivant le mégalithisme. Au cours de l'Antiquité de nombreuses découvertes astronomiques ont pu contribuer à associer la perte d’espérance aux mouvements du ciel. La découverte du décalage entre constellation et signe (à Babylone), puis la découverte de la précession des équinoxes (en Grèce) et enfin la décentralisation de l’Homme par rapport au cosmos (en Europe) ont probablement participé du « fardeau » des connaissances acquise au fil de l’Histoire et exprimer une certaine angoisse du temps qui semble avoir existé dans les cultures méso-amérindiennes comme dans celles de la Mésopotamie jusqu’à nos contemporains.
 
Progression linéaire des découvertes (de la préhistoire à l’Occident contemporain)
chronologie historique
découverte astronomique
conséquence
Paléolithique sup.
(homo sapiens)
observation probable de Vénus et Jupiter, les planètes les plus visibles
connaissance de l’écliptique (Lascaux) ?
Néolithique (à partir du IXe millénaire)
observation probable de Mars et Saturne, planètes jugées néfastes ?
relation de Mars et Saturne avec la mort ?
Antiquité (IX-Ve siècle avant notre ère)
invention de l’astrologie et de l’astronomie, observation de Mercure et de la Lune, connaissance du cycle soli-lunaire de 19 ans (Meton) et du décalage entre constellation et signe
angoisse du temps par la connaissance du décalage entre constellation et signe, puis la découverte de la précession des équinoxes
Classicisme (Grèce, Rome)
découverte de la précession des équinoxes
Ancien Régime (XVIe au XVIIe siècle)
révolution copernicienne
l’astronomie moderne ne place plus l’Homme au centre du monde
République (XVIIIe-XIXe siècle)
découverte d’Uranus et de Neptune
Contemporain (XX-XXIe siècle)
découverte de Pluton
 
Le Moyen Âge et l'âge classique de l'Europe, à l'inverse du mégalithisme du Néolithique, sont l'exception minimaliste de l'espérance de vie, réduite à 25 ans alors qu'à l'Antiquité l'espérance de vie atteignait presque 40 ans. Cet "âge sombre" était aussi un retour aux conceptions antique de l'astrologie qui ne pouvait qu'amplifier l'angoisse du temps causée par les guerres, la peste noire, les disettes et les hivers rigoureux.
 
Espérance de vie au Moyen Âge : première exception minimaliste
Espérance de vie
découverte astronomique
conséquence
 
25 ans (à 15 ans : 35 ans)
apporte de l’astronomie et de l’astrologie arabe vers le XIIe siècle
retour aux conceptions antiques de l’astronomie et de l’astrologie : angoisse du temps
 
Espérance de vie sous l’Ancien Régime : seconde exception minimaliste
Espérance de vie
découverte astronomique
conséquence
 
25 ans (*)
séparation entre science et astrologie en 1666 à la création de l’Académie des Sciences en France
polémique entre sciences et croyances
(* source : Goubert, p.43, 1966)
 
Entre ces deux exceptions, l'élévation de l'espérance de vie durant le mégalithisme et sa faiblaisee médio-classique, un léger accroissement de la moyenne de l'espérance de vie apparaît à l'âge classique de l'Antiquité. On aurait alors pu penser à une amélioration des mentalités face à la mort, mais ce serait sans compter la découverte du décalage entre signes et constellations, à Babylone (VIIIe siècle av. J.-C.), puis celle de la précession des équinoxes, par Hipparque (IIe siècle av. J.-C.). Comme chez les Méso-américains qui avaient une vision entropique, ces découvertes ouvraient la voie à l'angoisse du temps. Pour preuve de cette vision, le pessimisme mésopotamien est bien décrit par Jean Bottéro dans sa "mythologie de la mort" (Bottéro, 1987).
Le pessimisme mésopotamien était favorisé par la coutume de croire que les planètes étaient les messagers des dieux (et non les dieux eux-mêmes comme plus tard chez les Grecs) qui scellaient à jamais la destinée des hommes dans le ciel. Cette vision n’était pas franchement fataliste, comme chez les stoïciens de l’âge classique, car des prières et des rites pouvaient permettre la propitiation des dieux. Cependant, la tradition mésopotamienne de l’observation des bolides de feu, astéroïdes ou comètes, comme nous en rendent compte Bailey, Clube et Napier dans leur The origin of Comets (Clube et Napier, 2006), avait gravé dans l’inconscient collectif une peur ancestrale du ciel et des étoiles.
La Chine antique, elle aussi a observé des phénomènes astronomiques perturbant l’ordre du ciel. En1899, à Anyang au sud de Pékin, un villageois qui creusait un puits découvrit un morceau de carapaces de tortues et d'os gravés d'idéogrammes. En fait, il s’agissait d’une gigantesque bibliothèque, établie à l'aube de l'écriture, deux millénaires avant notre ère. « Couchée sur cette liste, comme un défi au temps, la première trace tangible d'une supernova visible à l'œil nu, survenue dans la constellation du Scorpion au XIVe siècle avant l'ère chrétienne ! » (Luminet, p.154, 2008).
Si les étoiles sont parfois favorables à la croyance populaire en la métempsychose, psychologiquement parlant, le noir de la nuit est aussi une projection expressive de l’angoisse (Durand, 1992, pp.97-99) et toute observation de supernovae, astéroïde ou comètes révèle une peur de l’inconnu et de l’imprévisible : l’angoisse du temps astronomique est aussi une angoisse de la mort.
 
 
Conclusion
 
Expliquons-nous. Loin de nous l’idée de causalité du ciel avec l’âge de la mort. Nous ne pensons pas que c’est parce que le ciel s’est obscurci que les hommes sont morts plus jeunes. Mais nous soulignons la corrélation entre espérance de vie et vision cosmologique. Lorsque l’âge de la mort est faible et que la vision entropique du cosmos l’emporte, il y a de plus fortes probabilités pour que les « désastres » du ciel soient traumatisantes et angoissantes. A plus forte raison, lorsque la précession des équinoxes devient un « désenchantement du monde »  au cours d’une période d’espérance de vie faible, l’angoisse du temps devient plus forte.



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