L'Anthropo-Bio-Cosmologie : l'ABC des relations
Anthropologiques entre la Biologie humaine et le Cosmos

 
 
L'Homme est-il "influencé" par le cosmos comme le sont les plantes ou les marées ?
 
S’il existe un déterminisme biologique qui régit nos rythmes de vie, somme-nous sensibles à l’influence des astres qui ont une incidence, selon la science, sur ces mêmes cycles biologiques ? Nous verrons que ces « influences » font souvent l’objet de croyances de type astrologique qui utilisent, de nos jours par l’astrologie dite « moderne », les études scientifiques comme explications en faveur de cette pseudo-science. Loin de nous l’idée de nous livrer à une analyse anti-astrologique, nous montrerons plutôt comment ces croyances traitent de l’Homme comme s’il s’agissait d’une plante ou de toutes catégories du vivant soumises à la physique des phénomènes naturels tels que les marées.
 
L’influence de la Lune
 
La Lune a toujours exercée une certaine fascination et excité l’imaginaire collectif. Le folklore populaire et les mythes des différentes traditions sont légions en matière de croyances et de superstitions relatives à son « influence » (Saintyves, 1989). De nombreuses études scientifiques ont essayées de trancher entre la part du vrai et du faux dans les différentes assertions sur son pouvoir : accidents, crimes et maladies mentales, crises cardiaques, morts, accouchements, pousse des cheveux ou simple influence sur les plantes… sans omettre la croyance au loup-garou. Outre cette dernière croyance, qui n’est plus reconnue, de nombreux ouvrages ont repris ces études scientifiques, souvent en les sortant de leur contexte conceptuel, pour prouver l’influence de la Lune sur l’être humain au même titre que ses influences supposées sur les plantes. Par exemple Lieber A. et Agel J., dans Les pouvoirs de la Lune, effets biologiques et répercussions sur les êtres humains (Lieber, Agel, 1979), soutiennent une thèse maximaliste sur les influences lunaires en invoquant un « effet biologique » sur l’homme.
homicideMalheureusement, les études choisies par ces auteurs sont très anciennes et sont très différentes selon la localité, par exemple pour les études faites aux Etats-unies (voir graphismes ci-contre). homicideDe plus, pour la plupart, elles sont contredites par d’autres recherches et réfutées par les études les plus récentes sur l’influence lunaire sur l’être humain (Lilienfield, Arkowitz, 2010). En revanche, son influence sur certains phénomènes physiques ou biologiques ne sont pas niés et certains ouvrages confirment ces derniers, comme par exemple « Les influences de la Lune sur la vie » (Mayorca, 2005, pp.78-92) qui soulignent la pertinence des corrélations faites entre le cycle de la Lune et celui des menstrues, des marées ou de la végétation. Mais, ce genre de corrélation a trop souvent pour but de donner raison à un présupposé principe d’influence « naturelle » sur l’homme par analogie avec l’influence reconnue de la Lune sur les plantes et les marées. Par exemple, le cycle des menstrues de 28 à 30 jours est corrélé aux révolutions sidérale (d’environ 28 jours) et synodique (environ de 29, 5 jours) de la Lune, alors que, bien entendu, toutes les femmes n’ont pas leurs menstrues en même temps et ne sont donc pas « influencées » par la Lune. Même si cette corrélation est intéressante, du point de vue corrélatif entre rythme biologique humain et cycle lunaire, elle ne prouve en rien l’assertion de l’influence directe de la Lune sur les règles des femmes, au sens strict du terme, c’est-à-dire une influence comparable à celle de la Lune sur les marées qui est prouvée par les lois de la physique.
Entre thèses maximalistes et thèses minimalistes, sur l’influence lunaire sur l’homme, celle de Charles Raison (Raison Ch. et al., 1999) est ambigüe. Les recherches de Raison portent sur la problématique des croyances. Pourquoi, en effet, il existe tant de personnes qui sont prêtes à jurer de la véracité de l’influence de la Lune, par leur propre expérience (infirmières déclarant qu’il y a plus de maladies ou malades qui souffrent plus à la pleine lune, insomnie etc.…), alors que la science prouve le contraire. Pour le psychiatre Charles Raison, ces « corrélations illusoires » seraient le fait de « fossile culturel » ancré dans la mémoire collective (cité par Lilienfield, Arkowitz, 2010, p.91). Par exemple, les personnes souffrant de douleurs articulaires feraient une association gratuite avec la pleine lune, en occultant toutes les fois où les douleurs existent les autres jours. La question serait donc de savoir comment sont nées ces corrélations illusoires. Pour Charles Raison, elles seraient le reliquat des anciens modes de vie où les hommes dormaient encore à la belle étoile et souffraient de trouble du sommeil à la pleine lune. « Comme la privation de sommeil déclenche souvent des comportements bizarres chez les gens présentant des troubles psychologiques, la pleine lune aurait entraîné une augmentation des actes que l’on associe aujourd’hui à la pleine lune » (Ibid., p.91). Voici, un bon exemple qui montre que l’homme n’est pas comparable à une plante, en matière d’influence cosmique, et qu’il faut envisager l’influence lunaire sur l’être humain dans son contexte historique et culturel. En effet, une étude récente prouve  la véracité de l'influence dela pleine lune sur le sommeil, mais pour des raisons anthropologiques. Ainsi, le chronobiologiste Christian Cajochen, de l’Université de Bâle, en Suisse, qui a enfermés 33 participants dans un laboratoire sans fenêtre pendant plusieurs jours pour une étude sur l’influence de l’âge et du sexe sur la qualité du sommeil (il est donc impossible qu'ils aient été affectés par la lumière provenant de la lune, ou par un quelconque effet psychologique puisque l'expérience ne portait pas, originellement, sur les effet de la Lune) a constaté que la pleine lune influençait le sommeil des participants : la fabrication de la sécrétion de la mélatonine (qui est sécrétée la nuit pour s’endormir) est réduite de moitié lors de la pleine lune (Devos, 2013, pp.95-96)
« En guise d’explication, nous avons d’abord pensé à l’attraction gravitationnelle, mais cela est vite apparu peu probable » nous dit Christian Cajochen (Ibid, p.96). Mais l'hypothèse défendue par les chercheur implique un autre rôle dans le développement de nos ancêtres : nous programmer pour que nous possédions un cycle calé sur les 29,5 jours du cycle lunaire, en rester éveillé une nuit plus lumineuse confère des avantages, notamment pour la chasse (Ibid, p.97). Selon les chercheurs, le cycle lunaire serait donc intégré dans notre cerveau, depuis des temps ancestraux, et nous aurionsun cycle circalunaire qui régulerait notre sommeil pour des raisons purement anthropologique : la chasse nocturne des hommes préhistoriques.
 
 L’influence du Soleil
 
Si le rôle de la photosynthèse est attesté sur les plantes et que l’influence des saisons ne fait aucun doute sur les végétaux, l’influence solaire sur les animaux et l’être humain semble plus complexe. Les animaux suivent, en général, un cycle de reproduction en fonction des saisons afin de mettre bas au printemps, mais certains cas (comme celui du hérisson) montrent une parfaite indépendance de la photo-périodicité. Mais, dans le cas où ils y sont sensibles, ils s’acclimatent aux changements de saison et même à leur inversion d’un hémisphère à l’autre car, par exemple, les brebis venues d’Europe en Australie se sont adaptées au nouveau rythme saisonnier en avançant leur cycle ovarien de 6 mois (Cycle et saisons, 1988, p.47).
piccardiCependant, se ne sont pas seulement les variations climatiques et saisonnières qui sont évoqués pour expliquer l’influence du Soleil sur les organismes vivants. Parmi les recherches sur l’influence de l’activité solaire en matière d’organisme biologique et chimique, les travaux du professeur Piccardi ont montré l’impact du déplacement de l’astre vers son apex, en direction de la constellation d’Hercule, sur les organismes vivants. Cette constatation remet en cause l’effet du Soleil en fonction des saisons et de la photo-périodicité. En effet, les tests de Piccardi tendraient à souligner l’influence du mouvement de la Terre dans la galaxie, dont le point sensible se situe en mars, pour des raisons d’ordre gravitationnel et non pour des raisons d’ordre saisonnier (voir illustration ci-contre), la terre se déplaçant sur son plan équatorial dans cette période de l’année ce qui réduirait l’impact du champ gravitationnel (Piccardi, 1960, cité in Kadivar, 1988, p.97).
Pour les êtres humains, l’influence saisonnière est dépendacourbe mortaliténte de l’histoire et de la géographie des sociétés, la tendance actuelle étant par exemple de se reproduire en été, durant la période des vacances, même si c’est aussi la période estivale qui correspond au maximum du cycle hormonal chez l’homme, car autrefois l’acte de procréation humaine avait plutôt lieu en hiver, période rurale de repos. Les causes actuelles de mortalité, qui suivent le rythme des épidémies saisonnières, sont aussi le propre des sociétés modernes qui se sont débarrassées des grands fléaux épidémiologiques (voir illustration ci-contre). Mais les accès saisonniers de maladies bactériennes et virales frappent toujours les femmes enceintes qui, selon les études scientifiques faites à ce sujet, accouchent d’enfants frappés de déficits congénitaux à certaines périodes de l’année (Cycle et saisons, 1988, p.122-123).
Chez l’homme, les dépressions saisonnières (sur lesquelles nous reviendrons) sont aussi une preuve scientifique de l’influence des saisons et donc du Soleil sur l’être humain. On pourrait, par conséquent, supposer que cette influence, reconnues par les scientifiques, soit un argument majeur employé par les défenseurs de l’astrologie pour démonter la cause de l’influence des signes zodiacaux. piccardiParadoxalement, même si l’influence des saisons est souvent évoquée, les théories sophistiquées de l’astrologie moderne déclinent des causes solaires plus en relation à l’électromagnétisme terrestre ou aux lois de la gravitation. Les théories de Piccardi sont beaucoup plus citées dans les thèses des défenseurs de l’astrologie que la courbe des saisons. Le graphisme de Piccardi sur le parallèle, entre la ponte des poules et les tests chimiques (montrant une baisse au mois de mars) y figure systématiquement (voir graphisme ci-joint), comme c’est le cas dans la thèse de 3ème cycle en « science de l’éducation » (sic.) de Maryam Kadivar intitulée « Les influences cosmiques »  (Kadivar, 1988). Cet exemple est intéressant parce qu’il montre que les démonstrations en faveur de l’influence solaire sont choisies par les « astrophiles » en fonction de critère non culturel, contrairement au cycle des maladies ou de la procréation humaine qui dépendent de facteur historique (la société moderne pour les maladies) ou géographique (la procréation dépend d’un type de vie, urbaine ou rurale), comme nous l’avons déjà vu. Le second avantage de l’argument de Piccardi, par les défenseurs de l’astrologie, c’est universalité. Car l’influence du Soleil est ici « universelle », c’est-à-dire qu’elle ne s’inverse pas d’un hémisphère à l’autre comme les saisons, puisque la sinusoïde des variations gravitationnelle de la Terre est valable pour l’intégralité de notre planète.
Surtout, ces exemples montrent que l’influence du Soleil scientifiquement prouvée est orientée, par ceux qui croient en l’astrologie, par une série d’analogies entre des catégories d’organisme vivant complètement différentes (allant de la cellule à l’homme en passant par les plantes ou les animaux), en omettant totalement le propre de l’homme, c’est-à-dire la culture, la parole et la symbolisation.
 
L’influence des astres sur les plantes
riches heures
La croyance en l’influence de la Lune, du Soleil et des étoiles sur le règne végétal, scientifiquement justifiée dans certains cas, est très répandue dans l’histoire de sociétés différentes, chez les cultures anciennes comme les sociétés dites « premières » mais aussi dans nos sociétés modernes, généralement en zone rurale.
Historiquement, dès le Moyen Âge, l’iconographie atteste de la liaison entre les signes du zodiaque et les activités agro-pastorales des la société féodale. Dans les « Très Riches Heures du duc de Berry », au début du XVe siècle, le mois de juillet, où figurent les signes du Cancer et du Lion, est illustré par l’image des récoltes et de la tonte des moutons (illustration ci-jointe).
A la Renaissance, âge d’or de l’astrologie, les almanachs agricoles mêlaient calendrier, astrologie et images pieuses. Le grant kalendrier et compost des Bergers avecq leur Astrologie, imprimé en 1581, donne une bonne idée du rôle joué par l’ « astrologie naturelle », dans la société agro-pastorale de la Renaissance.
Ce terme, en guillemet, était employé pour désigner l’astrologie reconnue par l’Eglise, en référence à l’action des planètes et du zodiaque sur la météorologie,  la santé et l’agriculture.almanach
Il existe toujours, d’ailleurs, une croyance rurale en l’influence des planètes et du zodiaque sur les plantes. Tout particulièrement dans le domaine de l’agriculture biologique et notamment utilisé dans la viniculture, il subsiste une croyance en l’influence des périodes sidérales des planètes et de la Lune dans les constellations. Par exemple, l’ouvrage d’Ingrid Gabriel, intitulé « L’influence des plantes sur les cultures » (Gabriel, 1988), explique que « les astres ont une influence sur la croissance et la santé des plantes ».
Cette « thèse maximaliste » d’influence écologique évoque le bénéfice que l’on peut tirer des conjonctions du Soleil avec la planète Vénus dans les différents signes du zodiaque pour leurs effets particuliers sur les racines, les fleurs, les graines ou les fruits (voir illustration ci-contre). Par ailleurs, les parties des plantes, influencées par les constellations, sont assimilées aux différents organes humains, comme représenté sur le tableau suivant.
 



Correspondance entre zodiaque, plantes et organes humains (Gabriel, 1988,p.62)
agriculture zodiaque
 

Il est intéressant de constater que, dans cette conception, l’homme est véritablement assimilé à une plante, comme la plante est « assimilée », c’est-à-dire « digérée », par l’homme.

<agriculture zodiaque Disposition des graines de tournesol comparée à la révolution sidérale de Jupiter (Gabriel, 1988, p.9)
 

Enfin, ce sont les plantes elles-mêmes qui sont considérées en tant que miroir du ciel, certaines d’entre elles étant supposées avoir la même structure que celle des révolutions planétaires (voir illustration ci-contre). Dans cette optique, l’influence des astres sur l’humain passerait par celle exercée sur les plantes dont il se nourrit.


 






Les marées astronomiques
 
Les marées que l'on observe le long des plages, dans les ports et les baies du monde entier, sont dues à des facteurs astronomiques et leurs effets terrestres et océaniques sont bien plus grands que l'on se l'imagine. On nomme « effet de marée », l'impact de la force de gravitation d'une planète sur ses satellites et, réciproquement, l'effet d'un satellite sur une planète. Notre planète, la Terre est soumise à la gravitation de la Lune qui provoque donc les marées, mais notre satellite déplace aussi de la terre ferme, ainsi l'effet de marée ne s'applique pas seulement à l'océan.
 
Les marées, entre ciel et terre :
1) Sur Terre:
Définition: sur la Terre, mouvement oscillatoire du niveau de la mer dû à l'attraction gravitationnelle du Soleil et de la Lune. Le phénomène des marées est dû au fait que des points de la planète plus rapprochés de la Lune sont plus fortement attirés que les plus éloignés (la force d'attraction diminuant avec la distance). Les marées affectant les océans et le reste de la matière terrestre. En tout point du globe, le passage du "bourrelet" de marée fait monter et descendre le sol de 20 cm et la mer avec une amplitude d'environ 50 cm. Ces mouvements périodiques de l'océan et de la Terre dissipent de l'énergie et, par suite, provoquent un ralentissement la rotation de la Terre, ce qui conduit à une lente augmentation de la durée du jour.
2) Entre la Terre et la Lune: l'effet de marée
Du fait de ce ralentissement, la Lune s'éloigne de la Terre à raison de 3,7 cm par an, par ce que l'on appelle un "effet de marée" c'est-à-dire l'effet gravitationnel de notre planète sur son satellite, la Lune. De plus, la Lune déforme la Terre et inversement. Ainsi la Terre produit sur la Lune deux renflements diamétralement opposés d'une dizaine de mètre de haut. L'attraction de la Terre sur ces renflements, a progressivement ralenti et stabilisé la rotation de la Lune de telle sorte qu'elle nous présente toujours la même face.
 
Les défenseurs de l’astrologie ont souvent pris pour exemple l’effet de marée comme explication des influences conjuguées de la Lune et du Soleil sur l’eau, dont le corps humain est composé en très grande partie (ce qui pourrait, à la limite, démontrer une  influence collective et non individuelle, ce qui est le propre de l’horoscopie).
En effet, les marées de l'océan sont dues à l'attraction de la Lune et du Soleil. La position relative des deux astres détermine leur amplitude. Lorsque la Lune et le Soleil sont alignés sur le même axe avec la terre, leurs forces d'attraction s'ajoutent et les marées sont plus intenses. On désigne ces périodes d'intensité marée de « vive-eau ». Pour les astrologues, c’est une preuve de l’effet des conjonctions et oppositions entre les astres. Au contraire, lorsque les deux astres forment un angle droit avec la terre, leurs forces d'attraction se contrarient et les marées sont donc plus faibles. On nomme ces périodes marée de « morte-eau ». Là, les astrologues se taisent car cela ne prouve pas l’influence des rapports interplanétaires dits « carrés » ou « cadratures ».
 
Camille Flammarion a dit
"Les eaux de la terre viennent s'accumuler d'un côté de la Lune, formant une, de même, elles s'accumulent du côté opposé à la Lune et y forment une proéminence pareille. Le Soleil produit un effet analogue sur les eaux, mais l'effet produit par le Soleil est à celui de la Lune dans le rapport de 1 à 2,05, c'est-à-dire que la Lune entre pour les 2/3 et le pour le 1/3 seulement. La Lune élève à l'équateur la surface de la mer de 50 cm et l'action du Soleil s'y ajoutant l'élévation arrive à 74 cm.
Les plus grandes marées sont celles qui arrivent aux nouvelles et aux pleines lunes, puisque alors les actions du Soleil et de la Lune se réunissent, tandis qu'aux quadratures elles s'exercent à angle droit l'une de l'autre. Mais la haute mer, au lieu d'arriver à l'instant où la Lune passe au méridien, n'arrive qu'un certain temps après ce passage. Dans nos ports, les plus grandes marées suivent d'un jour et demi la nouvelle lune ou la pleine lune" (Camille Flamarion, Les marées, chap. VII de l'Astronomie populaire, 1880)
 
La marée la plus haute arrive avec un peu plus d'un jour de retard en Europe, par rapport à la pleine lune ou à la nouvelle lune, parce que l'eau continue de monter après l'effet de marée proprement dit qui a été créé par la Lune. On peut donc concevoir un cycle d'amplitude moyenne des marées où les phases lunaires peuvent nous servir de repère. En comparaison aux marées océaniques observées dans les grandes baies d'Europe ou d'Amérique, les marées observées par exemple dans les archipels de la Polynésie française sont presque inexistantes. Les effets de marée prises pour démonstration des influences astrales tombent donc « à l’eau », c’est le cas de la dire, si l’on prend d’autres cas que ceux que les astrologues choisissent. Cela montre une sorte d’ethnocentrisme à vouloir démontrer des généralités en prenant le cas des phénomènes naturels qui n’existent que là où l’astrologie a connu un certain essor moderne, c’est-à-dire en Occident.
 
Les marées en Polynésie
En Polynésie française, les marées sont assez égales, mais de grandes différences d'amplitude et de phase peuvent être observées d'un archipel à l'autre. Dans la zone marine des îles de la Société, l'amplitude moyenne est seulement de 15 cm environ. A Tahiti, la hauteur de la mer varie entre 15 cm et 45 cm (soit une moyenne établie à 30 cm) en période de nouvelle et de pleine lune ou marée de « vive-eau ». Dans les Tuamotu et aux Gambier cette variation est plus forte. C'est aux Marquises que les différences d'amplitude entre marée haute et marée basse sont plus fortes, ces dernières îles remportant le record avec une différence de 80 cm en moyenne. Les marées polynésiennes existent donc bien. Mais, elles ne nous apparaissent pas avec la même évidence qu'en Europe en raison de la relative inexistence de dénivellement des fonds du littoral.
 
L’influence de l’électromagnétisme
 
L’astronome et astrophysicien anglais nommé Percy Seymour a formulé une théorie scientifique sur les influences astrales qui décrit le système solaire comme un réseau complexe de résonances et de champs planétaires. Le soleil, la Lune et les planètes transmettraient leurs effets jusqu’à l’Homme via les signaux magnétiques, selon Seymour. Le magnétisme est en effet connu pour avoir une incidence sur les cycles biologiques de nombreuses créatures terrestres, y compris sur les êtres humains. En somme, la théorie de Seymour propose que les planètes soulèvent des marées dans les gaz du Soleil, créant des taches solaires et leurs émissions de particules, ce qui tendrait ensuite dans l'espace interplanétaire à frapper la magnétosphère de la Terre.
magnétisme Généralement, les astrologues font références aux travaux de Percy Seymour pour illustrer une explication causale de l’influence des « aspects astrologiques ». Il s’agit de la relation d’angle, vue de la Terre, entre les planètes. Les aspects astrologiques sont de 0° pour la conjonction, de 180° pour l’opposition, de 120° pour le trigone et de 90° pour la quadrature. Pour ne prendre que le cas des influences de la Lune, le problème, au sujet de la magnétosphère, c’est que cela ne fonctionne pas pour les aspects autres que la conjonction. En effet, lorsque le Soleil se trouve aligné, par ordre, avec en premier la Lune, puis la Terre, comme au cours de la nouvelle lune, la queue de la magnétosphère de la Lune vient perturber celle de la Terre. Mais, lors de la pleine lune, dont on serait en droit d’attendre une explication scientifique, la théorie de Percy ne fonctionne plus car la queue de la magnétosphère lunaire est bien trop loin pour exercer une action quelconque. Dans le cas des autres aspects, la queue de la magnétosphère lunaire ne se dirige pas vers la Terre.
electro et naissanceIl faut donc que les défenseurs de l’astrologie comptent sur les perturbations solaires, via les alignements planétaires (de façon héliocentrique), pour expliquer l’influence de l’activité solaire (comme les taches du Soleil) sur la Terre (voire illustration ci-contre). Selon la théorie de Percy, les effets de marée des planètes sur la géométrie du champ du soleil perturberaient ce champ, provoquant une violente activité solaire. Pour l’astronome, il importe peu que les forces de marée des planètes soient faibles, sous prétexte qu’elles pourraient être amplifiées par ce qu’il appelle « la résonance de marée magnétique » (sur l'influence gravitationnelle des planètes, voir notre article " Changement climatique et géante gazeuse").
electro et naissanceCes signaux magnétiques planétaires seraient perçus par le réseau neuronal du fœtus à l'intérieur du ventre de la mère, selon Percy, annonçant la naissance de l'enfant (voir illustration ci-contre). « La façon dont les taches solaires sont nées hors du soleil ressemble beaucoup à la manière dont un bébé est né de l'utérus », nous dit-il. Selon lui, « les changements dans le champ magnétique du soleil peuvent être comparés à une période de gestation pour les taches solaires ». On connaît, en effet, l’influence électromagnétique sur les organismes vivante et des perturbations solaires sur les climats, mais ceci de manière globale, c’est-à-dire concernant toute notre planète, et on voit mal comment on pourrait expliquer ces incidences sur la seule naissance d’un individu.
Dernier point problématique sur la théorie de l’influence de l’électromagnétisme sur les êtres humains : c’est une théorie qui ne « colle » pas avec le zodiaque car le maximum de l’électromagnétisme terrestre susceptible de perturber et d'"exciter" les natifs, se situe en automne et en hiver, alors que c’est aux individus nés sous les signes zodiacaux du printemps et de l’été que les astrologues prêtent des tempéraments extravertis et « excitables ».
 




Conclusion
 
Les explications modernes comme les plus anciennes, employées par les astrophiles pour justifier l’astrologie, persistent à prétendre que l’Homme est influencé par les astres comme le seraient les plantes. Dans le dernier cas exposé ici, c’est l’électromagnétisme qui provoquerait les « naissances astrales » influant sur l’utérus, sans doute l’état humain le plus « végétatif ». Ces explications omettent le propre de l’homme, la parole et la symbolisation, sa culture et ses représentations (astronomiques entre autres) pour ne s’en tenir qu’à des questions d’ordre analogique avec la nature. Nous verrons dans les rubriques suivantes que s'il faut tenir compte de la biologie humaine, en matière de receptivité cosmique, il faut aussi tenir compte de son histoire.
 



Créé avec Créer un site
Créer un site gratuitement