L'Anthropo-Bio-Cosmologie : l'ABC des relations
Anthropologiques entre la Biologie humaine et le Cosmos

 
 
Ancienne et nouvelle approche des périodicités planétaires géocentriques
 
Depuis quand l’Homme observe t-il les mouvements planétaires ? Les premiers témoignages remontent à la période babylonienne, mais peut-être l’a-t-il fait bien avant. Nous ferons un tour d’horizon des différentes cultures qui ont laissé par écrit leur connaissance de ces mouvements, en nous attardant sur ceux spécifiques aux périodicités vues de la Terre (géocentriques) où notre planète s’aligne avec une autre, le Soleil et une étoile. Puis nous rendrons compte d’une approche moderne qui semble vouloir nier cette vision géocentrique, pour, enfin, exposer l’approche anthropobiocosmologique des périodes géocentriques des planètes.
 
Les périodicités planétaires géocentriques dans les différentes cultures
 

De Babylone à Rome
 
Les textes babyloniens appelés « Goal Year » (van der waerden, 1974) témoignent de l’utilisation ancienne des périodes synodiques par les astrologues. Le cycle de Méton, qui comporte 19 années, provient de l'astronome grec Méton qui avait déjà remarqué la coïncidence entre cycles lunaires et cycles solaires aux environs de -432, comme le fit l'astronome chaldéen Kidinnu vers -380. Mais des écrits cunéiformes semblent indiquer que ce cycle était déjà connu en Mésopotamie dès le VI e siècle av.. Ce cycle est employé dans les calendriers luni-solaires. Il a également donné une valeur moyenne plus précise de l'année tropique, c’est-à-dire l’année solaire. Le cycle de Méton est donc un cycle à la fois lunaire et solaire.
Claude Plolémée, au IIe siècle de notre ère postulait la doctrine des "épicycles" pour justigier les mouvements apparemment rétrogrades des planètes.
ptoléméeClaude Ptolémée a été un vulgarisateur des conceptions de Posidonius (135-51) et d'Hipparque (190-126) qui découvrit la précession des équinoxes. Il s'inspira de Posidonius d'Apamée, en ordonnant les planètes et les astres de la Lune à Saturne, en donnant au Soleil une place privilégiée : les errantes formaient une succession de révolution homocentriques à partir de la Lune, puis venait Mercure, Vénus et le Soleil, qui équilibraient le système planétaire de Ptolémée, enfin, Mars, Jupiter et Saturne suivaient. Une typologie planétaire naissait : de l'astre le plus rapide correspondant à l'enfance, à la planète la plus lente, correspondant à la vieillesse.
De plus, Ptolémée constituait les couples planétaires équilibrés et symétriques par rapport à l'axe solaire : Vénus-Mars, Jupiter-Mercure et Saturne-Lune ou Saturne-Soleil. Enfin, une étude poussée des révolutions synodiques (par rapport au Soleil et aux étoiles), lui permit de préciser le laps de temps imparti à l'influence de chaque astre et planète depuis la naissance et au cours de la maturation d'un individu. Il accordait 4 ans à la Lune, 10 ans à Mercure, 8 ans à Vénus, 19 ans au Soleil, 15 ans à Mars, 12 ans à Jupiter et 30 ans à Saturne. Les couples formés donnaient toujours 120 ans.
·         Vénus-Mars : 8 X 15 = 120
·         Jupiter-Mercure : 12 X 10 = 120
·         Saturne-Lune : 4 X 30 = 120
La totalité donnant 360 ans, pour Ptolémée, un an équivalait à un degré du zodiaque.
Concernant ces périodes, nous ne disposons pas de première source, mais il suffit de relire l’un des commentateurs de Ptolémée, parmi les derniers ses dépositaires, dont les œuvres ont été moult fois compilées et commentées. Ainsi, dans le chapitre XI « De la division du temps » de l’Uranie, Bourdin (l’un des astrologues du XVIIe siècle et commentateur de Ptolémée) parle des âges planétaires de la vie, en référence à l ‘Almageste de Ptolémée et l’Astrologie de Campanella, en nous en donnant l’explication astronomique :
 « Ainsi les quatre premiers sont données à la Lune (suivant le nombre de quatre ans qui lui est propre), elle gouverne l’enfant en cet âge (…) Le propre nombre de sa révolution en son petit cercle s’accomplit en quatre ans presque juste (Pto. Almag 4). La Lune gouverne donc l’enfance jusqu’à 4 ans. Mercure suivant la moitié de ses vingt ans, gouverne les dix suivantes années de l’âge enfantin (…) En 20 ans Mercure retourne à peu près en même lieu de son Epicycle (Pto. Almag 9) ». Mercure gouverne l’enfance de 4 à 14 ans, âge considéré propice « aux inclinaisons des mœurs et des études ». Le troisième âge, qui est celui de l’accroissement, revient à Vénus pour sa gouvernance pendant les huit suivantes années, dont le nombre s’accorde bien avec son propre tour (….) En 8 ans Venus retourne presque justement en son propre lieu dans son petit cercle. Vénus gouverne donc le temps des ardeurs et des appétits qui font naître l’amour de 14 à 22 ans.  Mais le quatrième et moyen âge, qui est celui de la jeunesse, a pour son gouverneur le Soleil, qui tient la sphère du Milieu et préside sur les dix neuf ans qui suivent (…) De ce qu’il [Ptolémée] donne 19 ans au Soleil il le fait de la comparaison à la Lune, parce qu’en cet espace leurs aspects mutuels se retrouvent quasi en même temps et en même lieux. C’est l’âge des ambitions que gouverne le Soleil de 22 à 41 ans. Le cinquième âge de l’homme, que Mars, suivant l’espace de son cours, gouverne durant quinze années, où il rend les esprits et le corps plus forts et plus propre à endurer le travail (…) Il n’y a pas beaucoup à dire [d’autre] que Mars ne retourne en 15 ans au propre lieu de son épicycle. [Donc de 41 à 56 ans]. Jupiter, qui est le sixième, gouverne la vieillesse pendant l’espace de douze ans, suivant sa révolution (…) En moins de 12 ans Jupiter fait un tour en son grand cercle [De 56 à 68 ans]. Le dernier est Saturne, qui régit la dernière vieillesse (…) Il [Ptolémée] ne dit pas combien d’années Saturne gouverne, il est à présupposer que c’est 30 ans presque qu’il met à faire un tour en son grand cercle, ainsi viennent 99 ans où peu de gens arrivent d’ordinaire : que s’ils passent ils reviennent en enfance et ont ainsi la Lune pour les gouverner, comme Campanelle le livre (Astrol 4) » (bourdin, MDCXL, pp.412-432).
L’explication astronomique des tranches d’âge planétaire est donnée par l’expression « son propre lieu de son épicycle » qui signifie que les planètes retournent au bout de tant d’années sur le même lieu astronomique. En fait, il semblerait que les astrologues ait eu connaissance des théories astronomiques sur la justifications des rétrogradations apparentes des planètes qui, dans le système géocentrique en vigueur, donnaient du fil à retordre aux astronomes qui calculaient leurs « épicycles », c’est-à-dire le mouvement (et la périodicité de ce mouvement) des boucles dessinées dans le ciel par les planètes folles. Il semble bien que ce soit ce savoir qui ait donné lieu à ces chiffres, sans pourtant que l’on puisse savoir si ces âges étaient fondés sur l’observation astronomique ou s’il s’agissait juste d’une justification après coup, à la lecture des commentateurs tardifs.
Beaucoup d’astrologues reprendront cette conception. Julius Firmicus Maternus, un astrologue romain influencé par la vulgate hellénistique et par Ptolémée, nous donne, dans son Mathesis (337 de notre ère) et sa théorie du « donner de vie », le tableau suivant des âges de vie rangés en maximum, moyen et minimum (Firmicus Maternus, 2002, p.128) :
  • ·         Saturne : 57/ 43/ 30 ans
  • ·         Jupiter : 79/ 45/ 12 ans
  • ·         Mars : 66/ 40/ 15 ans
  • ·         Soleil : 120/ 69/ 19 ans
  • ·         Vénus : 82/ 45/ 8 ans
  • ·         Mercure : 76/ 48/ 20 ans
  • ·         Lune : 108/ 66/ 25 ans. 
D’autres sources plus tardives encore reprennent ces chiffres (Le Boeuffle, 1987), tel Isidore de Séville (N.R. 23,4 ; Orig., III, 66,2), au VIIIe siècle, qui attribue à la planète Mercure 20 ans de révolution, à la planète Vénus 8 ans de révolution et attribue à la planète Mars 15 ans de révolution, les astrologues ayant souvent employé le terme « révolution » pour désigner les périodes géocentriques des planètes qui étaient donc bien connues des astrologues-astronomes de l’Antiquité.
 
Les périodes lunaire et vénusienne attestées dans les autres traditions
maya
Les Mayas avaient des instruments de mesure ressemblant à un astrolabe et utilisaient aussi deux bâtons qui leurs donnaient des indications de direction et d'angle. Ils utilisaient ces deux bâtons comme on le voit ci-contre.
 
< méthode d’observation astronomique maya (http://www.planetastronomy.com/special/2009-special/15jan09/ferrio-ama09.htm)
 





Ils construisent des observatoires, comme celui de Chichen-Itza (El Caracol) qui étaient codex dresdegénéralement en forme de spirale avec des ouvertures pour observations suivant des directions bien particulières.
Vénus faisait partie intégrante de la culture Maya. De nombreux monuments sont dédiés à Vénus comme par exemple :
·        Cacaxtla
·        la plateforme de Vénus à Chichen-Itza
·        le site de Mayapan qui a permis l'observation du transit de Vénus.
Les Mayas savaient que 8 années solaires correspondaient au retour de Vénus à la même position dans le ciel par rapport à la Terre et Soleil (Fierro, 2009).
 
< extrait du Codex de Dresde
 (http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Dresden_codex,_page_2.jpg)
 
Dans le Codex de Dresde, les Mayas avaient un almanach qui affichait le cycle complet de Vénus. Ils comptaient cinq fois 584 jours, soit 2920 jours ou 8 ans pendant lesquels Vénus effectuait 5 boucles de rétrogradation.
Ils connaissaient aussi la durée de la révolution synodique de Mars (780 jours), Jupiter (399 jours) et Saturne (378 jours) et il est possible qu’ils aient connu la période de 15 ans durant laquelle Mars revenait à la même position par rapport à la Terre, au Soleil et aux étoiles.
 
En Chine, la « Divination par les cinq planètes » (Steens, 1985) est bien attestée et date du IIème siècle avant notre ère et reprend un manuscrit antérieur, « Le manuel des étoiles », écrit sous la dynastie des Zhou (entre le VIè et le IIIè siècle). Les astrologues chinois de cette époque ont associé les cinq planètes principales aux cinq éléments, d’où elles tirent leur nom actuel : Jupiter est le Bois, Mars est le Feu, Saturne est la Terre, Vénus est le Métal, Mercure est l'Eau. Le cycle synodique de Vénus était bien connu, ainsi que ces mouvements de rétrogradation se répétant « 5 fois durant 8 années solaires », selon ce texte Par ailleurs, le cycle de Méton de 19 ans a été très tôt connu en Chine où il fut appelé tchang.
 
 
Nouvelle approche des périodicités planétaires géocentriques

Nous proposons une relecture des textes astrologiques sur les périodicités des planètes.
Voici un tableau donnant les périodes géocentriques des planètes lorsqu’elles sont alignées avec le Soleil, la Terre et une étoile. Cela revient à dire qu’il y a une coïncidence entre révolution synodique et révolution sidérale tous les tants d’années (colonnes 5).
 
(héliocentrique)
(géocentrique)
Planètes et luminaires
Période de rotation sidérale
Période de révolution sidérale
Période de révolution synodique
Révolution synodiques et révolution sidérale de la terre (années solaires de 365,25 jours) coïncident tous les :
soit
= nb
 révolutions synodiques
Lune
 
27,32 jours
29,53 jours
19 ans
235
Mercure
58,65 jours
88 jours
116 jours
20 ans
(ou 7 ans)
63
(ou 22)
Vénus
243 jours
224,7 jours
583,9 jours
8 ans
5
Mars
24 h 37
687 jours
780 jours
 
15 ans
7
Jupiter
9 h 50’ 30’
11,86 ans
399 jours
 
12 ans
11
Saturne
10 h 14
29,46 ans
378 jours
 
30 ans
29
Uranus
17 h 14
84 ans
370 jours
 
84 ans
83
Neptune
16 h 3
164,8 ans
367,5 jours
165 ans
164
Pluton
6,39jours
248,5 ans
366,7 jours
248 ans
248
Soleil
 
365,25 jours
 
 
 
Terre
23 h 56 04’’
365,25 jours
 
 
 
 
Excepté pour la période lunaire (de 4 ans pour Ptolémée), les chiffres obtenus sont en concordances avec les "tranches d'âge de vie" données par les astrologues et démontrent que ces dernières étaient fondées sur une observation astronomique et non pas nées de doctrines sans fondements. Nous retrouvons le cycle de Méton de 19 ans (cycle soli-lunaire), les 20 années attribuées à Mercure, les 8 ans à Vénus, 15 ans à Mars , 12 ans à Jupiter et 30 ans à Saturne. Il faut remarquer que Ptolémée donnait 19 ans non à la Lune mais au Soleil, le cycle de Méton étant  un cycle à la fois lunaire et solaire.
En Grèce, il existait aussi une cycle lunaire de 8 ans, appelé cycle octaéride. utilisé dans le calendrier attique, en vigueur à Athènes où l'année  se composait de 12 mois lunaires. À l'origine, chaque mois comptait 30 jours exactement. Pour une meilleure concordance avec le cycle lunaire, une alternance de mois de vingt-neuf jours (κο?λοι μ?νες/koîloi m?nes) et de trente jours (μ?νες πλ?ρεις/m?nes pl?reis) fut ensuite mise en place. L'année était donc de 354-355 jours, soit 10-11 jours en moins par rapport à l'année solaire. Pour y remédier, on intercala un treizième mois de trente jours tous les trois ans. C'est ce que l'on appelle un cycle « triérétique ». Mais, l'année se trouvait encore trop longue par rapport au cycle solaire, une autre correction fut de nouveau appliquée au Ve siècle av. J.-C., celle du cycle « octaétérique ». Dans ce système, trois mois intercalaires sont insérés dans un cycle de huit années au lieu de neuf. Dans cette période de huit ans, on compte donc trois années à treize mois : la troisième, la cinquième et la huitième.
 
 



Nous appellons la coïncidence entre révolution synodique et révolution sidérales "période planétaire géocentrique".
 
periode de vénusAu cours de cette période le Soleil, la Terre et une étoile s'alignent avec une planète. Par exemple, il faut 8 années pour que Vénus puisse s’aligner avec le Soleil, la Terre et une étoile, environ à la même date de l’année.
Durant ces 8 ans, Vénus forme 5 boucles de rétrogradation apparente vue de la Terre, Mercure 22 boucles et 7 ans (ou 63 en 20 ans), Mars 7 boucles en 15 ans, Jupiter 11 en 12 ans et Saturne 29 en 30 ans











Camille Flammarion donnait encore, au XIXe siècle, une représentation des ces boucle de rétrogradations des planètes autour de la Terre.
 
 
periode de mars< Ici les 7 boucles de Mars (Flammarion, 1880, p.418)
 




















Le tableau plus haut donnant les périodes géocentriques des planètes est du reste théorique. Dans la réalité, les périodes sont un peu plus complexes. Nous avons réalisé quelques exemples afin de les déterminer au cas par cas.
Pour un alignement Soleil-étoile à 10°41'36'' du Verseau le 31/1/1900 (0h) au XIXe siècle et à 11°01'15'' du Verseau le 31/1/2014 (0h) au XXIe siècle, nous obtenons une périodicité Lune-Soleil-Terre-étoile de 19 ans, les dates ne changeant pratiquement pas sur près d'un siècle et demi. Pour un alignement sur la même période, nous obtenons une périodicité Vénus-Soleil-Terre-étoile de 8 ans. Même si les dates se décalent (du 30 avril au 23 avril) de 7 jours sur un siècle et demi (soit 0,875 jours en moins tous les 8 ans), nous obtenons une périodicité de 7,997 ans, soit pratiquement un nombre entier. Pour Mercure, les dates se décalent (du 9 février au 20 février) de 11 jours sur un siècle, soit 0,73 jours tous les 6 ou 7 ans (soit une périodicité de 5,998 ans et de 6,998 ans). Les périodes de Mercure-Soleil-Terre-étoile sont donc alternativement de 6 ans et 7 ans, elles forment aussi des périodes alternatives de 19 ans (en jaune) et de 20 ans (en vert).

planete inferieure

En résumé, les périodes géocentriques de la Lune, Vénus et Mercure forment des alignements avec le Soleil, la Terre et une étoile aux mêmes dates de l’année. Il n’en va pas de même pour les planètes supérieures.
Pour Mars, en un siècle et demi, les dates se décalent (du 22 janvier au 11 avril) de 79,5 jours sur 135 ans, soit 8,83 jours en plus tous les 15 ans. La période de Mars-Soleil-Terre-étoile est de près de 15 ans (15,02 ans), mais ne tombe pas exactement à la même date. Pour Jupiter, en un siècle, les dates reculent (du 30 avril au 2 octobre) de 230 jours, soit 25,5 jours en moins tous les 12 ans. La période de Jupiter-Soleil-Terre-étoile est près de 12 ans (11,93 ans), alors que la révolution sidérale (héliocentrique) de Jupiter est de 4 335,355 jours (11,87 années), et ne tombe pas exactement à la même date. Pour Saturne, il existe une alternance de trois périodes de 30 ans (moins 134 jours) et de trois autres de 29 ans (plus 105 jours), avec un décalage total de 29 jours, soit 5,8 jours en moins tous les 29,5 ans (soit une périodicité de 29,48 ans). Les périodes de Saturne-Soleil-Terre-étoile sont de 29 (en vert) et 30 ans (en jaune), ce qui constitue un cycle moyen de près de 29 ans et demi (29,48 ans), alors que la révolution sidérale (héliocentrique) de Saturne est de 10 757,737 jours (29,45 années).

planete sup

En résumé, les périodes géocentriques de Mars, Jupiter et Saturne ne tombent pas exactement aux mêmes dates respectives de l’année.
La période sidérale (héliocentrique) d'Uranus est de 30 708,160 jours (84,07 années), vue de la terre (géocentrique) cette périodicité ne change pas beaucoup. Elle est de 42,17 ans pour l'hémicycle, 56,22 ans pour les deux tiers de cycle et de 84,34 pour le cycle entier. Pour Neptune, au total la périodicité recule de 166 jours, soit 55,33 jours en moins sur une période moyenne de 42 ans (soit une période exacte total de 41,84 ans), on peut aussi estimer approximativement le tiers de la périodicité de Neptune à 55,78 ans. La révolution sidérale (héliocentrique) de Pluton  est de 90 613,306 jours, soit 248,09 ans. En raison de la grande excentricité du cycle de Pluton, il est très difficile d'obtenir la périodicité de la planète vue de la terre (géocentrique). En prenant pour période la révolution sidérale de Pluton, on obtient un sixième de cycle de 41,34 ans, ce qui est très proche du quart de la périodicité de Neptune (41,84 ans) et du demi de celle d'Uranus (42,17 ans).

période géocentrique transsaturnienne

En résumé, les périodes géocentriques d’Uranus, Neptune et Pluton ne tombent pas exactement aux mêmes dates respectives de l’année et sont pratiquement similaires à leurs révolutions sidérales.

Entre astrologie et révolution copernicienne
 
systeme geoSi les différents traditions astronomiques et astrologiques plaident en faveur d’une vision géocentrique des périodes planétaires, l’histoire de l’astronomie moderne marquera une rupture épistémologique, en Occident, que les astrologues modernes seront prêts à suivre.
 
< Système géocentrique
 (http://www.sciencegraphique.com/uploads/images/Sch%C3%A9mas/schema_ Systeme_Geocentrique.jpg)
 
 
 
La théorie des âges fondée sur l’héliocentrisme …
 
L’astrologie dite « traditionnelle » a longtemps utilisée les périodes planétaires géocentriques, dans la droite lignée de la tradition ptoléméenne. Ce système ajoutait tout simplement les tranches d’âge à la précédente tranche. Par exemple, la période lunaire allait de 1 à 4 ans, celle de Mercure de 4 à 14 ans (soit 10 ans), l’âge vénusien allait de 14 à 22 ans (8 ans) etc.… Il est vrai que certaines étrangetés du système, telle que la période lunaire de 4 ans (sic.) ou celle de Mercure de 10 ans, poussèrent les défenseurs d’une astrologie moderne à rechercher d’autres modèles de réflexion. L’école conditionaliste, en particulier, révolutionna la théorie de Ptolémée en adoptant un comput des âges très différent. Tout d’abord, il fut décidé que les tranches d’âge ne s’additionnaient plus mais qu’elles se superposaient. Ainsi pour Saturne, il fut question, avec un certain bon sens, de comptabiliser le début de la période saturnienne à partir de la fin de la révolution de Jupiter (12 ans) jusqu’à la fin de la période saturnienne (30 ans). L’âge saturnien était donc de 12 à 30 ans et non de 68 à 98 ans comme le préconisait l’astrologie antique. Mais, chose étrange, il fut aussi décidé de ne plus s’inspirer du géocentrisme mais du modèle post-copernicien héliocentrique.
heliocentrisme< Le système héliocentrique de Kepler (http://carlitablog.blogspace.fr/r25159/Le-Portrait/13)
 
La question d’ajustement des connaissances modernes pouvait, en effet, se poser. Mais que dire de l’âge martien, de 1 à 2 ans environ, selon les conditionalistes, alors que l’Homme qui vit sur Terre, ne peut en aucun cas s’adapter à une période qui lui est tout à fait étrangère. En effet, nous avons déjà vu que, s’il pouvait avoir une « influence » du cosmos sur l’homme cela ne pouvait être que par l’influx des saisons ou des cycles astraux perçus de la Terre. Existerait-il, au sein de l’inconscient humain, une façon particulière de s’adapter à un système référentiel de planètes qu’il ne peut ni voir, ni appréhender dans une culture multimillénaire ? Peut-être. Dans notre livre (Cruchet, 2009), nous avons d’ailleurs montré que certaines structures de pensée pouvaient s’appliquer à un modèle héliocentrique, mais nous avons aussi montré les limites de cette conception. De plus, ce que la théorie des âges devrait être, en tout logique, ne correspond pas à la réalité mise en pratique par les astrologues modernes. Pour ne prendre que l’exemple des planètes inférieures, le système héliocentrique donne l’ordre des planètes suivant :
·         Soleil
·         Mercure
·         Vénus
·         Terre-Lune etc…
Mais, en fait, les conditionalistes utilisent un système semi-héliocentrique qui préconise l’ordre des planètes suivant (selon Blanchet, 1994, et Nicola, 1984, pp. 215-256) :
·         Lune (période synodique d’environ un mois, donc géocentrique)
·         Mercure (révolution sidérale, héliocentrique)
·         Vénus (révolution sidérale, héliocentrique)
·         Soleil (période géocentrique, à la place de la Terre-Lune)
On serait tenté, devant un tel « bricolage », de se poser des questions sur l’intégrité de la pensée astrologique moderne, d’autant que celle-ci semble aussi cacher une certaine forme d’ethnocentrisme dont il sera question ici.
 
…et la psychologie des enfants : une vision ethnocentrique
 
Les références des astrologues modernes à la maturité des âges chez les enfants et les adolescents sont essentiellement celles de Jean Piaget, dont les études portent uniquement sur les structures de la pensée chez les jeunes occidentaux dont l’éveil intellectuel ou affectif dépend bien entendu des lois, de l’éducation, de l’environnement scolaire et des valeurs socioculturelles propres aux sociétés modernes. La référence astrologique à gesell (Gesell, 1949 et 1959), surtout dans son livre "Le jeune enfant dans la civilisation moderne" (tout un programme!), ne fait pas de doute sur l'ethnocentrisme des astrologues qui, il est vrai comme beaucoup d'autres psychologues, ne semblent pas vraiment connaître les travaux des spécialistes des sociétés traditionnelles. 
< Résultats des
troadec
tests tahitiens obtenus normalement vers 7-8 ans selon Piaget (Troadec, 1996, p.72)
 
Parmi ceux-ci, Bertrand Troadec a contribué à démontrer que les jeunes Polynésiens ne possédaient pas un développement intellectuel « normal » aux yeux de l’éducation occidental. Par exemple, il a montré que le cadre normatif piagétien ne convenait pas du tout aux jeunes Tahitiens. Tout particulièrement, son travail sur la conception mathématique d’inclusion, qui est un indice majeur de l’avènement du stade des opérations logiques concrètes, montre un décalage certain entre les jeunes Occidentaux, qui obtiennent des résultats positifs à ce sujet vers 7 ou 8 ans, et les Tahitiens qui n’y parviennent qu’au-delà de 13 ans. Pour les astrologues comme les psychologues modernes, situant l’âge de la logique concrète dans la période jupitérienne comprise entre 6 et 12 ans (second hémicycle de Jupiter), ce serait difficile de cadrer ces résultats. En effet, cela signifierait que la période saturnienne, d’ordinaire l’apanage de la logique abstraite (de 12 à 15 ans, pour le premier hémicycle de Saturne) devient, pour d’autres, la période du concrétisme.
 
Nous avons déjà montré, dans notre livre (Cruchet, 2009), que les périodes géocentriques des planètes étaient significatives non pas sur le plan du développement intellectuel mais au niveau de l’évolution des critères biologiques et hormonaux de l’Homme, critères qui sont « universels » parce que propres à notre espèce.


Conclusion
 
Nous avons vu que les astronomes-astrologues de différentes cultures connaissaient les périodes géocentriques des planètes qui, dès l’Antiquité, correspondaient à des tranches d’âge de l’existence. Ces conceptions étant obsolètes, il ne nous semble pas devoir pour autant adopter un système, héliocentrique, que les astrologues modernes « bricolent » et dont ils se servent comme modèle de réflexion sur l’évolution intellectuelle du petit de l’Homme dans une société qui, paradoxalement, est typiquement occidentale. En revanche, il nous semble plus plausible d’assoir une réflexion sur l’adaptation du déterminisme biologique de l’espèce humaine aux rythmes planétaires, sur le modèle des périodes géocentriques des planètes que l’Homme a été en mesure d’identifier depuis plusieurs millénaires.



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