L'Anthropo-Bio-Cosmologie : l'ABC des relations
Anthropologiques entre la Biologie humaine et le Cosmos

 
 
 
Calendrier astronomique, mythe et rite
 
À peu près toutes les civilisations connues montrent un intérêt pour l’observation de la Lune, qui fut généralement à l’origine de leur premier calendrier.
En Chine, dès les premières inscriptions sur os, nous retrouvons des observations astronomiques : éclipse de Lune en 1361 avant notre ère et éclipse de Soleil en 1216 avant notre ère. L’ancien calendrier chinois apparaît comme luni-solaire. Par ailleurs, le cycle au bout duquel le Soleil et la Lune occupent les mêmes positions relatives, le cycle de Méton (égal à 19 ans), a été très tôt connu en Chine où il fut appelé tchang. Ils utilisèrent également un cycle de 76 ans appelé pou. Selon les chroniques des astronomes du début de notre ère, l’empereur Huangdi fit construire en 2068 avant notre ère un observatoire auquel il confia la mission d’établir un calendrier fiable. Plus d’un millénaire avant notre ère, les Chinois mais aussi les Coréens et les Japonais procédaient déjà à des observations célestes comme les éclipses. Néanmoins, ce ne fut que vers le premier siècle avant notre ère que les Chinois connurent le cycle du saros qui régit les éclipses de Lune et de Soleil. Le calendrier luni-solaire chinois fut exporté dans le reste de l’Extrême-Orient, notamment au Japon et en Corée.
En Inde, l’astronomie des Védas, livres sacré, fait une grande place à l’observation de la Lune, notamment dans le calendrier. En effet, leur calendrier luni-solaire comptait une année de 360 jours composée de 12 mois de 30 jours, avec l’adjonction d’un treizième mois de 30 jours quand le décalage entre le calendrier civil et les saisons l’exigeait. Les calendriers hindous, d’une grande complexité, font état de nombreux types de divisions du temps. Ils utilisèrent des mois et des jours solaires et lunaires, dont les durées différentes nécessitaient un système d’intercalation et de suppression de mois et de jours.
Chez les Mayas, les connaissances astronomiques furent très poussées. Les Mayas utilisaient simultanément plusieurs calendriers ainsi que le calendrier dit du « compte long », une série d’observations quotidiennes depuis une date zéro correspondant au 13 août 3114 avant notre ère. Leur calendrier comportait 365 jours, répartis en 18 mois de 20 jours, plus 5 jours intercalaires. Sur les plus anciens bas-reliefs, on voit les dates mayas complétées par une évaluation de l’âge qu’avait alors la Lune, c’est-à-dire du nombre de jours écoulés depuis la nouvelle lune. De ce grand nombre d’observations, les prêtres de la cité de Palenque avaient déduit, dès le VIIe siècle de notre ère, que 81 lunaisons (ou mois synodiques) équivalaient à 2392 jours. Ce calcul donne une valeur au mois synodique de 29,53086 jours/lunaison (ou mois synodique), légèrement excédentaire à la valeur réelle de 29,53059 jours/lunaison. Les Incas utilisaient un calendrier luni-solaire de 365 jours, répartis en 12 mois de 30 jours, et avec 5 jours intercalaires.
Nous avons des preuves que les Amérindiens d’Amérique du Nord effectuaient des observations de la Lune. En effet, on a retrouvé plusieurs représentations de la Lune accompagné d’une étoile sur les parois rocheuses du Grand Bassin de la Californie. On a d’abord pensé qu’il s’agissait d’une représentation de la supernova du Crabe, de 1054, mais aujourd’hui, on pense plutôt qu’il s’agit de pictographies symbolisant les conjonctions de la Lune et de Vénus, quoiqu’il puisse aussi s’agit de la représentation de la révolution sidérale de la Lune alignée avec une étoile. Les alignements du Chaco Canyon, au nord-ouest du Nouveau-Mexique, témoignent des observations des solstices, des points cardinaux ainsi que des limites nord et sud des levers de la Lune. Certaines « roues de médecine » (medicine wheels) contenaient des orientations des variations maximales et minimales des levers et couchers de la Lune qui permettaient de prédire les éclipses de Lune.
 
Du calendrier lunaire sidéral au calendrier solaire
 
Il est probable que les premiers calendriers lunaires furent de nature sidérale, prenant en compte le cycle sidéral de la Lune (28 jours) c'est-à-dire par rapport aux étoiles. Pour cette dernière hypothèse, nous verrons qu’il exista des calendriers lunaires sidéraux dans les sociétés premières.
 
Calendrier lunaire astronomique en Polynésie (Hawai’i)
mois-époux
étoiles donnant leurs noms aux mois
Etoiles épouses correspondant aux mois-époux
10/ ikuwa
 
Kahela, Kau-ka-mälama, Ka-welo-lani, Hina-ai-malama, Kapohä-ko’ele’ele
11/ welehu
 
Ke- ahi- lele, Ke- alohi- lani, Kaiehu
12/ makali’ i
Pléiades (Makali’i)
Hali’i- lua
1/ ka’ elo
Bételgeuse (Ka’elo)
Ka- hoano- ku
2/ kaulua
Sirius (Kaulua)
Ka -onohi -ali’i, Kaulu- wena
3/ nana
 
Manawahine, Ka -onoh- ali’i, Ka- huelo- iki
4/ welo
étoile non identifiée
Ka- huelo- kü
5/ ikiiki
Jupiter ( ?)
Kaulia, Ka- onohi- ali’i, Malama- i- hane’elekia
6/ ka’aöna
 
Pauahi- lani, Ke- alohi- lani, Malamaiku
7/ hinaia ‘ele’ ele
étoile non identifiée
Pa konane, Ke’ehu-hiwa, Lua- ho’omoe, Ka- -pä -uli- o- ka- lani
8/ hilina ehu
étoile non identifiée
Hina- li’i, Mülehu, Polo- wehi- lani, Polo ‘ula
9/ hilina ma
étoile non identifiée
Ka- wao- nui- a- ola
En effet, l’hypothèse d’un calendrier lunaire primitivement stellaire constitué de 28 lunaisons sidérales est confirmée par le témoignage hawaïen des 28 lunaisons sidérales : dans le calendrier lunaire de Hawai’i, chaque lunaison correspond à une étoiles (Johnson, Mahenola, 1975), ce qui serait impossible s’il s’agissait d’un calendrier lunaire de nature synodique. Par exemple, à Moloka’i (archipel hawaïen), chacun des noms désignant des mois reçoit des noms d’épouses correspondant à des étoiles, car les chants hawaïens font état d’un système traditionnel de mois-époux associés à leurs étoiles-épouses. Dans ce système (voir notre tableau), un mois peut recevoir plusieurs étoiles-épouses. Par exemple, le mois ikuwa est l’époux de 5 étoiles, alors que d’autres mois reçoivent 2, 3 ou 4 étoiles-épouses. Les mois désignent parfois directement un nom d’étoile, par exemple le mois Makali’i, qui désigne les Pléiades reçoit aussi une étoile-épouse à l’étymologie, du reste, assez proche du nom du mois. Ainsi, il semblerait que tous les mois hawaïens aient été déterminés par les étoiles. Enfin, soulignons que dans les sociétés du Paléolithique supérieur comme dans les  sociétés premières (telles que celles des Polynésiens qui ne connurent par la "révolution du Néolithique"), les lunaisons, c'est-à-dire la révolution synodique de la Lune (de 29 à 30 jours), avaient moins d’importance que dans les sociétés agricoles du Néolithique où il fallait tenir compte des lunaisons (synodiques) pour le repiquage des cultures.

Sidérales ou synodiques, reste à savoir où, c’est-à-dire dans partie du ciel, la première lune annuelle était observée, dès la préhistoire, pour indiquer le début de l’année et la période des rites annuels, voire des cycles rituels pluriannuels.
 
L'observation préhistorique de l'axe cosmique
 
Pour cela, nous formulons l’hypothèse d’observations préhistoriques, à l’œil nu, des nébuleuses d’Orion et des étoiles doubles, comme Sirius, étoile faisant parti de l’arbre cosmique, c’est-à-dire l’axe Sirius-Ceinture d'Orion-Aldébaran-Pléiades (voir notre article « L’arbre cosmique »). Nous savons aujourd’hui que cette partie du ciel, très riche d’enseignement sur l’histoire du cosmos, a pu frapper l'imaginaire en matière de phénomènes astrophysiques qui ont été visibles à l’œil nu (Henarejos, 2011). Les témoignages archéoastronomiques des observations de la nébuleuse du Crabe (Luminet, 2008) près du Taureau et celles de l’ethnologie concernant l’observation par les Dogons de l’étoile double Sirius (Sirius B et Sirius A) peuvent confirmer cette hypothèse. Cette étoile (Sirius B, nommée aussi Digitaria), confièrent-il aux scientifiques, met 50 ans pour faire le tour de Sirius A. Pour fêter cet évènement, tous les 50 ans, ils célèbrent la fête de « Sigui », afin de régénérer le monde. Bien que les sources ethnographiques soient ambigües (le rite de sigui serait tantôt de 60 ans, tantôt de 50 ans), les Dogons prétendre connaître un lot de phénomènes astrophysiques sans avoir recours à aucun instrument astronomique(Griaule et Dieterlen, 1950),c’est dire combien il est vain de prétendre que seuls nos télescopes modernes sont susceptibles de découvrir le ciel.
Orion
< Orion au Japon
 
L’axe Sirius-Orion-Aldébaran-Pléiades était aussi connu dans le ciel ancien du Japon où le tambour chamanique apparaît dans la constellation d’Orion  (Renshaw, Ihara, 2000), qui prend d’autre forme ailleurs, mais qui ici témoigne bien de la relation établie entre cette constellation et les premières croyances.

La Lune dans l'oeil d'Aldébaran et la tête d'Orion

Les premiers témoignages d’observation de la Lune dans la sphère d’Orion sont bien explicités par les travaux de René-André Lombard (Lombard, 2005) qui montre que l’observation préhistorique de la Lune se faisait à la pointe de l’arbre cosmique, c’est-à-dire à la jonction de l’écliptique et de la Voie lactée, lors des rites lunaires qui permettaient de réitérer un message d’espoir, d’espérance de vie (voir notre article « La mort : une préoccupation humaine ») ainsi que les croyances chamaniques en l’au-delà que l’auteur situe dans la Voie lactée. Les croyances des sociétés premières semblent corroborer de telles hypothèses. Par exemple, les Polynésiens croyaient encore au XIXe siècle que la nouvelle lune se régénérait dans la Voie lactée pour renaître à nouveau (Best, 2011, p.20).


Concernant Orion, René-André Lombard
a comparé les figures de Lascaux avec celles des constellations.


 
lascaux lombard
< Lascaux et le ciel préhistorique, dessin de  René-André Lombard (source : Jègues-Wolkieviez, 2000)
 
L’auteur pense que La lune passait sur les Gémeaux, la tête d’Orion et l’œil du Taureau.


Dans la grotte aux taureaux, Chantale Jègues-Wolkieviez a aussi très bien repéré les constellations des Pléiades (en haut à droite), des Hyades avec Aldébaran sur l’œil du Taureau (au centre) et Orion (en bas à gauche).La Lune passant sur l’écliptique proche d’Aldébaran, les hommes du Paléolithique ont pu observer le transit de celle-ci sur l’ « œil » (Aldébaran) du Taureau, représenté dans la salle de Lascaux, et s’en servir comme repère de rite annuel au Paléolithique supérieur.
 
 
constellation préhistoire<Aldébaran sur l’œil du Taureau
 
 












 
Mais, jamais la Lune n’a pu « descendre » jusqu’à la tête d’Orion, il y a 20000 ans, comme aujourd’hui. Cependant, elle a pu l’effleurer en transitant la « massue » d’Orion, lorsqu’elle passait à son maximum sud. Les hommes préhistoriques ont pu observer ce phénomène et s’en servir de repère lunaire annuel et de calendrier lunaire pluriannuel, ce qui nécessitait la connaissance du mois draconique qui est la période entre deux passages de la Lune au même nœud de son orbite (les nœuds sont les points où l'orbite lunaire coupe le plan de l'orbite de la Terre). Un mois draconitique vaut en moyenne 27,212221 jours et le nombre de mois draconitiques excède d'une unité celui des mois sidéraux (de 27,32 jours) au bout de 18,6 ans, ce qui correspond au temps mis par les nœuds lunaires pour effectuer une révolution complète sur le plan de l'écliptique. L’hypothèse d’observation à l'âge mégalithique du transit de la Lune sur la « tête » d’Orion, tous les 28 nuits (révolution sidérale de la Lune), comme repère annuel, et tous les 18,6 ans, comme repère pluriannuel, est rendue possible par la découverte d'un cycle de 18, 18 et 19 ans à Stonehenge (voir article : « La mort : une préoccupation humaine »).
orion 2015Un site archéoastronomique en Irlande, Newgrange, construit vers 3150 avant notre ère, indiquait aussi le cycle de Méton (19 ans) et la révolution du mois draconique (18,6 ans). Le transit de la Lune sur la massue d’Orion, près de sa tête, a lieu sur un cycle de 18,6 ans . Ce phénomène astronomique a encore eu lien en octobre 2015.

< Le prochain transit de la Lune sur la massue d’Orionen octobre 2015, près de sa tête, phénomènes astronomique ayant lieu tous les 28 nuits sur un cycle de 18,6 ans (l’écliptique, en rouge, passe près de l’œil du Taureau sur Aldébaran)
 
 
Les témoignages ethnoastronomiques, comme ceux de la Polynésie où le début de l’année lunaire se situe à la première lunaison après l’apparition des Pléiades (Cruchet, 2005) dans le Taureau et proches d’Orion, témoignent bien en faveur d’un premier calendrier lunaire de nature stellaire dans la sphère de l'axe cosmique Sirius-Orion-Aldébaran-Pléiades.
 



Les calendriers luni-solaires
 
Cette évolution est due à l’apparition de l’agriculture, où le calendrier luni-solaire est utile au repiquage (on dit que les semis repoussent mieux durant la lune croissante) et où la préoccupation du cycle des saisons stimule la recherche de relation entre lunes et année par l’ajout d’un treizième mois au bout de plusieurs années. En Grèce ancienne, on connaissait le cycle de l’octaéride qui préconisait un ajout d’un mois tous les 2, 5 et 7 ans, sur un cycle de 8 ans (qui devint le cycle des Olympiades), et en Grèce classique on pratiquait le cycle de Méton avec un apport de treizième mois tous les 2, 5, 7, 10, 13, 15 et 18 ans (Lefort, 1998). Le calendrier hébraïque est aussi un calendrier luni-solaire composé d’années solaires, de mois lunaires, et de semaines de sept jours commençant le dimanche et se terminant le samedi, jour du Shabbat. Comme une année solaire fait 365,24 jours, près de onze jours se perdent chaque année. Pour rattraper ces jours perdus, les années comportent successivement douze ou treize mois lunaires, selon un cycle métonique découvert par les Grecs.
Notons que dans le monde arabe pré-islamique, certains bédouins déclarèrent avoir un calendrier lunaire de 28 jours (Luminet, 2008), mais le calendrier musulman ou calendrier hégirien (hijri) est un calendrier lunaire, basé sur une année de 12 mois lunaires de 29 à 30 jours chacun. Se différenciant de la pratique juive, le Coran interdit expressément le mois intercalaire. Il existe une variation du calendrier musulman, connue sous le nom de calendrier musulman tabulaire ou calendrier fatimide, dans laquelle la longueur des mois est déterminée par des règles de calcul. L’année commune de ce calendrier comporte 354 ou 355 jours, répartis en 12 mois de 30 (années dites abondantes) et 29 jours (années dites communes) alternativement. Les années communes ou abondantes s’intercalent selon un cycle de 30 années comptant 19 années communes et 11 années abondantes.
Un cycle de 30 ans existait aussi chez lesCeltes, qui adoptèrent un calendrier luni-solaire sous l’influence grecque (Lefort, 1998), et étaient de fins astronomes. L’étude du chaudron de Gundestrup (figure ci-dessous), un récipient en argent découvert dans le Jutland au Danemark (fin du IIème siècle av. J.-C.), a montré que les Celtes des IIème et Ier siècles av. J.-C. avaient développé une grande maîtrise de l’astronomie énoncée en termes de récits mythologiques : le taureau représenté sur la plaque du fond du chaudron, couché sur une litière de lierre, qui symbolise la constellation du Taureau et la Voie Lactée (le lierre), est entouré d’autres constellations (Orion, l’Ourse, le Dragon ou Lézard), dont la disposition ne correspond pas tout à fait à la réalité (le taureau est placé au centre du cosmos).
chaudron taureauMais le chaudron de Gundestrup met bien l’accent sur les constellations du Taureau et d’Orion qui représentaient peut-être, pour les Celtes, le début de leur calendrier. En effet, sur les parois extérieures et intérieures du chaudron des figures mythologiques sont représentées, dont le fameux Cernunnos, ainsi qu’une déesse lunaire, un dieu solaire, Orion et les douze mois lunaires.
 
< Représentation des constellations sur le fond du chaudron de Gundestrup : Orion, Hyades, Ourse et « Lézard » (constellation celte peut-être composée de Pégase), le lierre représente la Voie lactée (l’auteur a fait aussi figurer les Poissons)
 
Les noms des constellations, en langues celtiques et celto-germaines (Monard, 2005), rendent bien compte des représentations des constellations sur le fond du chaudron de Gundestrup. Les voici  traduits en français :
·         - Taureau (Hyades) : « Bœuf », « Sept bœufs de la charrue » ;
·         - Orion : « Château », « Roi », « Grand chasseur » ; le folklore rend compte d’une « Epée d’Orion » nommée « La dague » ou « L’épée du roi » ;
·        -  Baudrier d’Orion : « Trois moissonneurs » (germain), « trois pêcheurs » (germain), « trois rois » (germain) ;
·         - Ourse (Petit Ourse) : traditionnellement « L’Ourse du nord » ; le folklore laisse : « Sept étoile du nord », « Araire », « Petit char tordu » et aussi « Pénis du dragon », le Dragon étant l’autre nom donné au Lézard ;
·         - Lézard : « Lézard vert », « Reptile borgne ».


Le mithriacisme d’origine phrygienne, introduit à Rome, reproduira la même conception du cosmos, avec pour centre un taureau, dans la doctrine de la tauroctone où Mithra a été identifié à Orion sacrifiant le Taureau, entouré des constellations du Petit chien, du Cratère, du Lion et du Scorpion (Turcan, 2004).
Sur la stèle du Musée de Frankfort apparaissent en demi-arc de cercle, au-dessus de Mithra-Orion, les douze mois et signes zodiacaux et, au sommet, le char solaire et le char lunaire (Ingeborg Huld-Zetsche, 1997).
 
mithra< Stèle du mithriacisme où figurent Orion-Mithra et le Taureau entourés des autres constellations
 
Pour terminer avec les calendriers luni-solaires, les Suméro-babyloniens avaient un calendrier de ce type, ce qui peut expliquer leur invention du système sexagésimal qui eu pour corollaire celle du zodiaque à 12 constellations, auxquelles les astronomes grecs ajoutèrent une treizième constellation zodiacale, comme on ajoute une treizième lune au calendrier luni-solaire.
 
Les calendriers solaires
 
En revanche, les Egyptiens adoptèrent un calendrier solaire et Rome, qui connu primitivement un calendrier lunaire, opta aussi pour un premier calendrier solaire, dit « julien », que la réforme grégorienne perfectionna pour donner notre calendrier moderne. Le calendrier de l'Égypte antique, (également appelé calendrier nilotique) était axé sur les fluctuations annuelles du Nil et avait comme but premier la régulation des travaux agricoles au cours de l'année. Le calendrier égyptien était basé sur les cycles lunaires et la récurrence annuelle du lever héliaque de Sirius (vers le 19 juillet de notre calendrier), ce qui nous renvoie à l’axe cosmique Orion-Pléiades déjà évoqué. Le calendrier julien résulte de la réforme du calendrier romain introduite par Jules César en 46 avant notre ère. Il reste employé jusqu'à son remplacement par le calendrier grégorien à la fin du XVIe siècle et, dans certains pays, jusqu'au XXe siècle. Il est encore utilisé par les Berbères et par plusieurs Églises nationales orthodoxes. Le calendrier grégorien a été conçu par un collège de scientifiques sous la direction de Christophorus Clavius pour corriger la dérive séculaire du calendrier julien, il porte le nom de son instigateur, le pape Grégoire XIII. Dans le Nouveau Monde, les Mayas et les Aztèques adoptèrent aussi un calendrier solaire qui comprenait, comme un Egypte, des jours épagomènes pour faire correspondre l’année vague aux saisons. Un jour épagomène (en grec ancien ?παγüμενα ?μÝρα / epagümena hêméra, jour supplémentaire) est un jour ajouté à la fin de l’année, afin de corriger le décalage entre calendrier et année tropique de 365,2422 jours. Dans le calendrier aztèque, composé de 18 mois de 20 jours (= 360 jours), les 5 derniers jours sont des jours épagomènes que l'on considère comme des jours néfastes. Dans le calendrier égyptien, ce sont les 5 jours restants aux 12 mois de 30 jours que compte une année. Ils correspondent à la naissance des cinq dieux : Osiris, Horus l'Ancien, Seth, Isis et Nephtys. Pour les Égyptiens, ces cinq jours étaient considérés comme « maléfiques ». Les jours épagomènes étaient les jours du malheur, comme si les dieux, qui avaient concédé aux hommes un calendrier solaire « vague », leur faisaient payer le prix de leur sacrifice par le tribut d’un destin fatal.
 
Des rites et mythes astronomiques au calendrier zodiacal
 
En Egypte, les 5 jours épagomènes avait été acquit par Thot, dieu lunaire dont l’image simiesque dans la Lune se retrouve jusqu’en Inde. Le grand dieu Rê vieillissant et fatigué des querelles humaines décida de gagner les hauteurs célestes afin de se reposer. Ainsi, il illuminait la Terre le jour et la nuit voyageait dans le monde de dessous. La terre restait donc privée de lumière la moitié du temps, c’est pourquoi Rê s’adressa au dieu Thot : «  Tu seras à ma place, mon substitut. On t’appellera Thot, celui qui est à la place de Rê. Tu entoureras les deux cieux de ta beauté et de ta clarté». Ainsi, naquit la Lune qui marquait la nuit de sa clarté. Les égyptiens identifièrent donc le dieu lunaire Thot comme l’inventeur du calendrier. Pour cela, il gagna au jeu avec l’astre de la nuit et cinq jours supplémentaires furent rajoutés à la suite des douze mois de l’année. Lors du combat qui opposa le dieu Horus à son oncle Seth, Seth arracha l’œil d’Horus et le déchira en six morceaux. Ce fut le dieu Thot qui reconstitua l’œil « oudjat » car Thot était le patron des médecins.
 
Rite et mythe lunaires
 
camirosCe récit mythique évoque la mort et la renaissance de la Lune représentée par un œil. Dans une nuit sans lune, le regard lunaire semble « aveuglé ». Voici ce que nous en dit René-André Lombard. « Ce Visage-Regard est en grec un ôpa, ôpè….(optique, ophtalmos, oculus etc) » (Lombard, 2005, p.56). Opis est attestée comme une forme d’Artémis, la déesse lunaire, adorée à Delos, l’île sacrée où elle rencontre le Géant Orion. « L’île passait pour avoir hérité autrefois des connaissances calendaires hyperboréennes (…) Quel rapport entre Orion et les prêtresses hyperboréennes ? C'était précisément à une de ces représentantes d'Artémis venues de si loin que le Grand Chasseur avait fait violence. Son nom? Opis : le nom du Visage-lune d'Ouverture de Cycle, l'épithète même d'Artémis ». La légende veut que la tentative de viol d’Artémis par Orion ait été punie par la morsure d’un scorpion sur le pied du Chasseur, la constellation de l’animal du même nom pourchassant encore Orion.
 
< Plat de Camiros : L’aveuglement du Cyclope, c’est-à-dire « cycle » et « ops », la Lune)
 
« Mais l'arrivée, religieusement attendue, de la Lune sur Orion, n'est pas toujours interprétée comme un duel ou un viol. La Grèce gardait trace d'une tradition selon laquelle la Blanche Chasseresse était éprise du Géant. Ce qui nous vaut un épisode dramatique dans lequel Apollon joue un rôle inédit : tandis qu'Orion se baigne au loin dans la mer et que seule sa tête dépasse à la surface, à peine visible, Apollon dit à sa sœur : « Serais-tu capable d'atteindre ce petit point là-bas, sur l'horizon ? L'ombrageuse archère, sans réfléchir, vise et décoche sa flèche. Elle vient de tuer celui qu'elle aime... Broderie mythique où s'entrelacent les thèmes de la supériorité de la Puissance lunaire sur Orion qui ne peut être qu'une relation passagère : celui de la Tête visée, aveuglée, du Géant et celui de la domination, secrète mais absolue, du rythme des saisons solaires qui fait tour à tour apparaître et disparaître les astres et les créatures » (Lombard, 2005, p.214).
 
La mythologie grecque fait une large place à Héraclès-Hercule qu’elle met en relation à Orion, à l’arbre cosmique porteur des « Trois Pommes » (le baudrier d’Orion) et à la Lune. L’un des 12 travaux d’Hercule consistait à prendre la place d’Atlas pour supporter le ciel : « le héros est venu au « jardin » d’Atlas lui demander d’emprunter les trois fameuses Pommes d’Or dont il est le gardien »( Lombard, 2005, p.114). A cet égard, la généalogie d’Héraclès est parlante. Persée, celui qui coupa la tête de la Gorgone-Méduse (symbole de la Lune décapitée), était le père d’Alcmène (Alk-Mènè : mène ; c’est-à-dire mois-lune et alké «  force, action » : « Puissance lunaire active »), qui était la mère d’Héraclès-Hercule.
 

pommes dor< Héraclès et les pommes d’or (Lombard, 2005)
 
L’étymologie d’Héraclès-Hercule aussi : Swar Klaw, Hèra Klès, Her Cules, dans le monde gréco-latin, Su Cellus chez les Celtes, So Keil chez les Iraniens : le « Frappeur céleste ». Swr ou Swl ou sw (svar, slave : le ciel) et Klw (clava, latin, la massue). Il y a donc identification d’Héraclès à Orion qui frappe de sa massue et supporta le ciel comme Atlas, les trois pommes d’or représentant le baudrier d’Orion sur l’arbre cosmique (voir article : « L’arbre cosmique »).

En ce qui concerne la Lune, nous avons déjà évoqué son visage-œil et sa figure simiesque, la mythologie comparative permet de dégager une constante plus précise : un animal (lapin, grenouille, chien ou loup) y figure presque partout dans le monde (uniquement pour le lapin : Inde, Chine, Japon, Amérique Centrale, Amérique du Nord, Afrique, Egypte et monde musulman). Les animaux qui y résident sont plutôt de nature chtonienne et nocturne, ce qui explique leur représentation dans l’astre de la nuit. Comme la déesse Ops (dont l’étymologie évoque la Lune) représentait la 3ème fonction romaine (Dumézil, pp.88 et 138, 1992), à Rome où le calendrier primitif était lunaire, la Lune remplissait une fonction agraire dans la société et dans la mythologie romaine. De même, le lapin dans la Lune dans les différentes cultures est lié à un élixir de vie et à une vie agricole. Certains rites de passage y font référence.

Chez les Aztèques, le dieu Ometochtli « deux lapins » était un des frères de Mayauel, la déesse du maguey, l’agave américaine (agave americana L.) dont on tire un vin patronné par Ometochtli. Le génie du vin, Ometochtli, avait un caractère paysan car sa fête, la célébration du vin nouveau, était probablement d’origine pré-maya puisqu’elle ne nécessité par de sacrifice humain.
« Tous les ans avait lieu la fête de la «croissance», sorte de baptême des enfants. Tous les quatre ans, elle prenait un caractère plus important sous le nom de «percement des oreilles», souvenir des rites d'initiation par lesquels on accueillait les jeunes enfants dans la communauté sociale. A l'occasion de ces cérémonies, les tout jeunes enfants étaient littéralement saoulés par leurs « parrains » pour les conserver en bonne santé, et les adultes les soulevaient par les tempes « pour les faire croître ». Le vin est un élément qui est donc considéré comme indispensable à la croissance et un développement des jeunes individus. » (Dorsinfang-Smets, p.30, 1990).
Mais ce dieu lapin n’est pas seulement un génie du vin, il est associé aux mythes de la végétation, de la fécondité agraire et, comme animal lunaire, à la création du monde puisqu’il fut créé, selon des anciens Mexicains, la nuit sous le signe de la Lune qui précéda le Soleil.

rite vin< Rite aztèque du vin nouveau
 
Pour terminer sur les mythes lunaires, précisons que la Lune renaissante apparaît aussi comme un symbole d’éternité non accordé aux hommes, ceci souvent à cause d’un animal (Goblet d’Alviella, 2000). Chez les Hottentots d’Afrique du sud, un lièvre fut chargé par la Lune de délivrer aux hommes un message qui leur donnait l’éternité, mais le lièvre dit le contraire, ce qui fut irréversible pour les hommes qui, depuis ce jour, moururent. De même, la légende fidjienne raconte que Ra vula, la Lune, désirait que l’humanité soit immortelle. Un rat en décida autrement et l’emporta sur la Lune, alors que chez les Nishinams de la Californie, c’est un coyote qui s’opposa à la Lune qui désirait que les âmes des hommes revinssent sur terre. En Polynésie, c’est Maui, un héros espiègle à l’image du coyote amérindien, qui décida de pénétrer entre les cuisses de Hina, la Lune, pour recouvrir l’immortalité. Mais un oiseau se mit à rire de la situation grotesque et Hina se réveilla en étranglant Maui entre ses cuisses. Encore une fois, un animal mis fin au désir d’immortalité que les hommes pouvaient contracter en contemplant la Lune renaissante. Ici la métaphore de « l’animal dans la Lune » se change en comparaison où l’homme devient « comme la Lune », susceptible de renaissance dans un au-delà, mais non sujet à l’immortalité lunaire sur terre. Ces jeux de style nous viendraient-ils du lointain Paléolithique où le calendrier lunaire et la relation chamanique à l’animal permettaient aux hommes de croire en un monde des esprits ?
 
Entre Soleil, Lune et Vénus
 
Le caractère astral du lapin est accentué dans d'autres légendes. Au pays des Huastèques, dans l'Est du Mexique, dans la région du Meztitlan (Pays de la Lune), l'on racontait qu'Ome­tochtli avait accepté de mourir de la main du dieu du ciel, Tezcatlipoca, pour obtenir la vie éternelle. Dans la légende maya du Popol Vuh, le lapin joue un rôle dans le drame sacré de la germination du maïs, qui figure l'éternel renouveau du monde. « Le lapin assiste en effet la jeune déesse lunaire, Ixbalamque, au moment le plus tragique de la légende. Le dieu solaire, Hunahpu, qui symbolise aussi le grain de maïs, vient d'être vaincu par les puissances souterraines : il est décapité et sa tête est exposée au jeu de pelote. Ixbalamque, sa sueur, engage contre ses ennemis une partie de balle. Au moment où elle a lancé la balle, le lapin qui l'aide s'élance d'une cachette et détourne sur lui l'attention des adversaires qui, croyant voir rouler la balle, se mettent à sa poursuite. Ils laissent à la déesse le champ libre pour reprendre la tête de son frère et provoquer ainsi sa résurrection. La naissance de la jeune plante de maïs, née de la mort du grain, le renouveau de la végétation sont ainsi rendus possibles » (Dorsinfang-Smets, p.32, 1990).
Ainsi, le lapin lunaire sauve le dieu solaire du maïs à qui il redonne la vie, à l’instar de la renaissance lunaire. Mais dans le calendrier maya, se produit un « glissement » de la fonction luni-solaire du maïs vers celle de Vénus, qui devient le dieu de l’épi, comme à Rome où la Lune (Ops) fait place à Florès puis à Vénus dans la fonction agraire (Dumézil, pp.106-108, p.143, 1992). Le calendrier aztèque, d’origine maya et intimement lié à sa mythologie, est assez parlant à ce sujet car il conjugue le cycle solaire à celui de Vénus. Il en existait trois :
  1. le tonalpohualli, calendrier divinatoire sacré de 260 jours, regroupés en 20 groupes de 13 jours auxquels correspondait un symbole (par exemple : le lapin, tochtli) ;
2.      le xiuhpohualli, calendrier solaire de 365 ou 365,25 jours (trois ans de 365 jours suivis d'une hypothétique année de 366 jours), faisant office de calendrier civil. Divisé en 18 mois de 20 jours appelés « vingtaines », ce calendrier comportait également un « mois » de cinq jours épagomènes néfastes appelé nemontoni ou nemontemi, auxquels s'ajoutait peut-être un sixième jour tous les quatre ans ;
3.      un calendrier vénusien de 584 jours, qui venait en concordance avec les 2 autres tous les 104 ans solaires.
De la combinaison d'une année de 260 jours et d'une autre de 365 jours, il résulte une concordance toutes les 52 années solaires. On parle alors de Xiuhmolpilli (ligature des années) : le siècle aztèque se termine. La nuit de ce passage d'un siècle à l'autre est une nuit de prière et d'angoisse, où l'on célèbre la Fête du Feu nouveau où les prêtres immolent une victime pour faire renaître le Soleil. Mais, les Aztèques utilisaient également une mesure de temps appelée vieillesse (104 années solaires) qui découle du calendrier vénusien de 584 jours. Vénus est en effet une des incarnations de Quetzalcoatl ; son cycle était donc parfaitement connu par le clergé. Or 5 années vénusiennes équivalent à 8 années solaires. Ainsi, le chiffre et le signe de l'année solaire sont identiques à ceux de l'année vénusienne au terme d'un cycle de 104 années solaires. Ce cycle se nomme Ueuetiliztli, la vieillesse. Ce cycle est encore aujourd’hui mis en scène au cours de jeux qui rappellent les rites mayas. Selon la tradition des Maya-Quichés, l'alignement Sirius-Orion-Aldébaran est lu comme le tronc d’un arbre cosmique.Au cours de jeux, il est coupé rituellement et façonné en mât de cérémonie (un Palo) par le groupe serré des jeunes gens qui portent le nom des Pléiades (Motz). Ce sont eux qui le tirent à travers la forêt, les Pléiades apparaissant à l'horizon du Géant Zi Pak'na (Si Paktli chez les Aztèques), c’est-à-dire Orion. Ce Géant Zi, d’une puissance redoutable est mal intentionnée. « Sur la place de Chichicastenango, lieu saint en face de l'église, des jeunes gens (…) ont apporté et dressé le Palo de trente mètres de haut. Ils ont feint que le terrible Zi Pak'na les avaient aidés. Ils ont dit qu'avant de planter le Mât, ils lui avaient demandé de creuser le trou nécessaire et qu'au moment où le Géant était au fond, ils l'avaient écrasé sous le poids de l'Arbre. Qu'ainsi périssent les vieux démons ! C'est alors que se déroule la cérémonie du Gua Xoroj ah Kui Ché, la « Danse des Artistes en haut de l'Arbre », que l'on nomme actuellement « Palo Volador », numéro de voltige impressionnant devenu de nos jours, comme tant de manifestations autrefois sacrées, une attraction pour touristes. Au sommet du Mât, tout là-haut, en équilibre tournant, un bâti de bois. Et voltigeant dans l'espace, quatre hommes tournoient, suspendus par les pieds la tête en bas. A chaque tour, la corde qui les relie au sommet se déroule un peu plus. Ils prennent de la distance, ils descendent en spirale, décrivant des cercles de plus en plus larges, planant, les bras ouverts, comme des oiseaux. Ces dangereux tournoiements ne se succèdent pas au hasard. Rituels, ils obéissent au nombre. Les cordes sont enroulées sur le tambour terminal de façon à faire descendre les voltigeurs dans l'espace en 13 tours. Le jeu rituel concrétise, rend visible aux yeux de tous, ce savoir abstrait que précise le Livre du Mois mexicain : la puissance du nombre 13, Oxlahun Ok, est née de la conception même du calendrier luni-solaire. Et c'est par le rythme de 13 tours effectués par 4 danseurs, 13x4=52, que le calendrier luni­-solaire doit parvenir à s'harmoniser avec le cycle de 104 ans qui voit revenir au même point dans la saison la belle perle blanche, Vénus. Les hommes volants qui descendent la tête en bas, ont un sursaut au moment où ils vont se fracasser sur cette Terre. Ils s'arquent, ressaisissent la corde au-dessus de leurs pieds liés, dénouent la corde sans la lâcher, leurs pieds retombent, ils courent... Ils sont les âmes descendues s'incarner parmi le groupe humain. Car une ronde les accueille. Dans le cérémonial complet que les modernes, sensibles au seul numéro de cirque, négligent, la Danse du mélange de la race intègre ces âmes-oiseaux. Unie par des rubans aux couleurs des âges successifs de la création, cette ronde terrestre tourne en sens contraire des voltigeurs, elle va à leur rencontre, dans le sens senestre, le sens de la terre, qui est aussi celui de la Lune, modulatrice des sèves fécondantes. L'atterrissage des voltigeurs dans la ronde dessine l'évocation achevée du passage de la Vie à travers les générations...Les Espagnols du temps de la conquête ne s'y sont pas trompés, si l'on en juge par une gravure où les voltigeurs du Palo sont représentés comme des angelots, un vol d'âmes, Palotournant autour du Maître du Jeu figuré en Adam, premier père, tenant la fameuse pomme » (Raphael Girard, Le Popol Vuh, histoire naturelle des Maya Quiché, Payot 1954, cité par Lombard, pp.144-146, 2005).

< illustration du rite du « Palo volador » (Lombard,p.166, 2005)
 
Le mythe amérindien sur l’origine du baudrier d'Orion, de Vénus et de Sirius évoque aussi le mythème de l’arbre. Lévi-Strauss nous raconte qu’« Il y avait trois frères dont un seul était marié. Un des célibataires était bien fait de sa personne, l'autre si laid que le premier résolut de le tuer. Il le fit grimper à un arbre urucu (Bixa orellana), sous prétexte de récolter les graines, et profita de ce qu'il se tenait à califourchon sur une branche pour le transpercer d'un coup d'épieu. Le blessé tomba et mourut. Son assassin coupa les jambes du cadavre et s'en alla. Un peu plus tard, il revint sur la scène du crime où il rencontra sa belle-sueur. « A quoi peuvent donc servir ces jambes, dit-il, elles ne sont bonnes qu'à nourrir les poissons. » Il les jeta à l'eau où elles se changèrent en poissons surubim [grands siluridés]. Le reste du cadavre fut abandonné, mais l'âme monta au ciel et devint les trois étoiles du baudrier d'Orion : le corps au centre, une jambe de chaque côté. L'assassin se transforma en Caiuanon, la planète Vénus, le frère marié en Itenha, Sirius ; soit deux astres voisins de l'emplacement occupé par le frère que, pour leur châtiment, ils contempleront à jamais » (Lévi-Strauss, p.35, 1968). Nous retrouvons ici la présence de Vénus auprès de l’arbre cosmique.
 
L’avènement du zodiaque
 
Les évolutions et du calendrier solaire allaient produire le zodiaque et l’allégorie des saisons, en passant par les métamorphoses de l’espace-temps, des mythes et des religions. Nos calendriers luni-solaires avaient créé des dyades Soleil-Lune et des mythes expliquant la nécessité de l’équidistance du couple Soleil-Lune, pour épargner le cosmos des désastres du jour ou de la nuit perpétuel, comme il en est encore aujourd’hui chez les Amérindiens et les Polynésiens (voir le chapitre « Du paradigme de Soleil et Lune en pirogue » dans notre article : « Tripartisme planétaire »). Les représentations traditionnelles du temps posaient le passée devant nous et l’avenir derrière soi, comme il en fut  en Mésopotamie (Lafont, 1994) et comme il en est toujours en Polynésie et en Amérique du Sud dans la langue aymara, parlée par environs 2 millions de personnes vivant dans la cordillère des Andes, au Chili, en Bolivie et au Pérou. L’inversion qui résulte de nos représentations actuelles de l’espace-temps… n’est que produit de la modernité des sociétés ! Nos croyances aussi ont beaucoup changé. C’est en Egypte que le mythe solaire révolutionna probablement pour la première fois la croyance religieuse. Avec pour symbole le disque solaire, le pharaon Kenaton fit régner le dieu solaire Aton en Egypte comme un véritable précurseur du monothéisme « solaire » qu’il soit perse, hébreux ou romain. Ajoutons que, contrairement à l’idée reçue sur le rejet de l’astrologie par les juifs, il exista un zodiaque hébreu (ci-contre). 
La Rome catholique fera du monothéisme le fer de lance de sa pérennité. Alors qu’en Grèce le polythéisme et le calendrier luni-solaire donnaient le jour au zodiaque tropique à 12 signes et aux 13 constellations des astronomes, Rome fit de l’empereur solaire, puis de Dieu ou Jésus Christ le centre du zodiaque. Bouché-Leclercq, dans son ouvrage, L’astrologie grecque (1963), démontra clairement comment le calendrier romain avait pour nom des mois celle des planètes correspondant aux signes zodiacaux. Si bien que dans l’Europe renaissante le zodiaque et l’allégorie des saisons allaient de pair.
 
 
Lorsque le calendrier sidéral devient astrologie lunaire
 
Dans le monde bouddhiste de la Chine, du Japon et de l’Inde, ainsi que le monde musulman,  différentes traditions de « demeures lunaires » peuvent être considérées comme une subsistance des calendriers lunaires d’origine sidérale. Ces demeures évoquent les 28 lunaisons du calendrier sidéral, dans la mesure où se sont les positions de la Lune par rapport à certaines étoiles et constellations qui constituent les « demeures lunaires ».
 
Les demeures lunaires dans le monde bouddhiste
 
Dans le monde bouddhiste, l’Inde connaît une tradition spécifique où la sphère céleste était divisée en 28 quartiers inégaux mesurés sur l’équateur et convergeant vers le pôle, identifiés chacun par une étoile principale ; l’équateur étant ainsi fractionné en 28 secteurs, ou «abris». On peut déceler dans cet arrangement un zodiaque lunaire, correspondant primitivement aux positions successives de la Lune au cours du mois. Trois recensions dans les livres sacrés font état de 27 maisons indiennesou de 28 constellations lunaires (il y a d’ailleurs à ce sujet une polémique entre praticiens des 27 demeures et ceux des 28 demeures). Il s’agit donc de divisions d’un zodiaque lunaire, constituée de « maison lunaires » – maisons successivement occupées par la Lune dans sa révolution mensuelle – comme en Chine.
 
< exemple de zodiaque lunaire indien à 27 demeures (http://iletaitunefoisastrologie. wordpress.com/2007/04/03/a-la-recherche-de-la-voie-combuste/)
 
Divisé en 27 parties de 13°20′ égales, appelées Nakshatras (ou « maisons lunaires »), à partir du Bélier, ce zodiaque d’inspiration lunaire sert également à l’observation du Soleil et des planètes. Mais la légende indienne évoque 28 demeures et non 27. C’est lors de l’invasion arabe des Indes en 712 après J.C. que la légende nous est parvenue par Al Biruni (973-1050), prisonnier et au service du Khwarizm shah Mahmoud al-Ghazni vers 997/999, qui effectuera des voyages aux Indes et relatera ce qu’il découvrit de la culture indienne (et c’est suite également à ce qu’Al Biruni rapportera de ce voyage que Mahmoud al-Ghazni détruira le temple de Somnatha en 1026). Ce temple renferme en lui une légende indienne qui se rapporte aux filles de Daksha (Père des créatures terrestres) qui eut 60 filles dont 28 deviendront les épouses du dieu Chandra ou Soma (Lune) qui deviendront les maisons lunaires (Nakshatras).C’est pourquoi ce temple est supporté de 60 colonnes représentant les 60 filles de Daksha.La légende nous conte que des 28 filles de Daksha, l’une d’elle, Rohini, sera l’épouse préférée de Chandra. Rohini est la 4ème maison lunaire et se voit accompagnée d’une étoile comme chacune des épouses, qui sera pour Rohini, Aldébaran à 15° du Taureau. Son opposée, Antarès, se situant à 15° du Scorpion. L’origine des la mythologie indienne divisait donc le cycle sidéral lunaire en 28 demeures. De plus, les astrologues qui divisent le zodiaque en 27 parties égales de 13°20′, ne font pas coïncider précisément les constellations mais maison orionles font largement déborder de part et d’autres de ces 13°20′. C’est ce qu’explique Mohan Koparkar, dans son livre Moon Mansions.

< la 6eme maison lunaire indienne représentée par Orion (Koparkar, 1974)
 
Ainsi, la première maison indienne s’inscrit dans maisons chinela tête de la constellation du Bélier, qui a une longitude approximative de 15°, la seconde dans sa queue (plus ou moins 15°), la troisième dans la constellation de Persée et la quatrième dans la constellation du Taureau (sur près de 25° tous les deux). La cinquième dans le Bouvier (environ 13°) et la sixième maison correspond à Orion (plus ou moins 20°). Ce qui donne un total de 88°, soit, divisé par le nombre de maisons (6) : 14°39’, loin des 13°20’ prévus. La division en 27 maisons égales de 13°20’ n’est donc que théorique et très différente de la réalité astronomique.
 
< les 28 maisons lunaires en Chine (Wikipédia)
 
En Chine, figurent 28 « loges lunaires », qui forment essentiellement l'équivalent d'une subdivision du zodiaque. Contrairement aux signes du zodiaque, qui forment une subdivision régulière de la bande zodiacale, les loges lunaires sont de taille variable, allant de 1 degré pour Zuixi (situé dans la constellation d'Orion), à 33 degrés pour Dongjing, situé dans les constellations des Gémeaux et du Cancer. La zone autour de l’écliptique et de l’équateur céleste est divisée en 28 maisons lunaires xiù, correspondant aux 28 secteurs traversés à tour de rôle par la Lune au cours du mois lunaire. L’ensemble de ce « zodiaque chinois » est divisé en 4 quartiers xiàng.
 
maisons différentes traditions< les noms dans les différents traditions des demeures lunaires (Schlegel, 1875, p.80)
 
Ces quatre groupes comportent chacun sept loges lunaires. Les chinois commençaient leurs demeures lunaires sur l’étoile Spica de la Vierge. Selon Auguste Schlegel dans les autres systèmes de demeures lunaires, le cycle commençait originellement dans les Pléiades : « On trouve dans les Vedas que les Pléiades (Critîca) sont la première station » (Schlegel, 1875, p.80).
Au Japon, une tradition assez proche de la Chine utilise 28 sei shuku ou maisons lunaires qui commencent sur Spica de la Vierge.
 
 
Les demeures lunaires dans le monde arabe
 
Dans les pays arabes, les bédouins avaient déjà élaboré un système de repérage appelé naw', comprenant quatorze paires d'étoiles. « Chaque naw' se compose de deux étoiles, alors que l'une se lève à l'est au lever du Soleil (lever héliaque) lorsque l'autre se couche à l'ouest (coucher acronyque). Par ailleurs, naw' / anwâ' signifie « nuage » car, depuis les temps archaïques, certaines personnes spécialisées en astrologie météorologique observaient l'état atmosphérique du ciel ou l'aspect des étoiles, et pouvaient ainsi prédire l'arrivée de la pluie. De ce fait, les anwâ' furent utilisées pour la confection d'almanachs astro-météorologiques réglant la vie agricole » (Caiozzo, 2003, p331). Nous retrouvons bien là une origine du calendrier lunaire sidéral.
maisons arabes
< les maisons lunaires arabes (Caiozzo, 2003, p.334)
 
Par la suite, les Arabes islamisés assimilèrent les anwâ' aux mansions ou Manâzil al-Qamar venues de l'Inde selon al-Bïrûni. Le zodiaque solaire fut divisé en 28 « tranches » ou mansions d'environ 12°50', correspondant à 28 étoiles. Ces dernières étaient réparties sur la route quotidienne de la Lune en 14 paires de deux étoiles associées par le coucher acronyme de la première et le lever héliaque de la seconde. Les noms des anwâ' furent par ailleurs attribués aux mansions indiennes. Une partie de ces mansions est formée des étoiles les plus brillantes des constellations du zodiaque, et l'ensemble constitue une sorte de  zodiaque lunaire « permettant aux nomades de se repérer, mais aussi d'invoquer ces étoiles afin d'en obtenir des bénéfices ». Chez les Harraniens, « une fête était consacrée, dans le calendrier, à l'étoile de première grandeur Spica ou al-Simâk, qui est également la XIVe mansion lunaire, sans que nous sachions vraiment qui était honoré de l'étoile, de la mansion ou du signe de la Vierge... » nous dit Anna Caizzo, ce qui évoque les anciens rites lunaires.
Dans le monde islamique, où la Lune règle le calendrier religieux, les mansions lunaires rythment également les travaux et les jours. Le calendrier d'Ibn al-Bannà, composé au XIIIe siècle de dictons populaires, nous offre un aperçu de l'usage qui pouvait en être fait, à la manière d'un agenda météorologique, et de ce fait champêtre et agricole. Les mansions lunaires étaient certes invoquées pour provoquer l'arrivée de la pluie, mais également, comme les planètes ou les décans, afin de confectionner des talismans à usage très précis. « Les mansions sont présentées, entre autres, par Ibn Qutayba (889), al-Farghâni, al-Battâni, al-Biruni et al-Qazwiru, qui dressent un descriptif de type astronomique. Elles sont décrites dans divers autres textes dont l'Abrégé des Merveilles, et dans d'autres textes antérieurs tel celui d'Ibn al-Hâtim, un auteur du Xe siècle qui écrivit le De Imaginibus Caelestibus en Espagne. Ce dernier donne des descriptions et explique l'usage possible des mansions en magie en décrivant le rituel à suivre : le support à utiliser, la date propice, la composition de l'encens, le nom de l'ange tutélaire, de la mansion, etc. La nature et l'aspect des mansions demeurent assez mystérieux et relève du monstrueux et de l'étrange » ( Caizzo, 2003, p.333).
L'Abrégé des Merveilles les présente comme étant les enfants des quatre éléments :
« Ces races ont été créées au moyen de mélanges différents des éléments: l'eau, l'air, le feu et la terre, et les individus qui les composent ont des formes diverses. II y a une race où les individus sont de haute taille et très agiles avec des yeux et des ailes, et où le langage est constitué par un claquement de doigts. Dans une autre race, les individus ont des corps de lion et des têtes d'oiseau, avec des poils et de longues queues, et leur langage est un bourdonnement. Dans une autre ils ont deux visages, l'un devant et l'autre derrière, et plusieurs pieds; leur langage est semblable à celui des oiseaux. (..) Le reste de ces vingt-huit races a des formes diverses, et toutes ont un aspect sauvage. » (L'Abrégé des Merveilles, p.46-47)
« Les mansions sont donc des créatures monstrueuses radicalement différentes des anges ou des autres créatures célestes », nous dit Anna Caizzo. Les mansions lunaires étaient, selon les mages chaldéens du deuxième siècle, caste dont sont issus probablement les Sabéens de Harrân, des esprits mauvais comparés aux anges qui eux étaient favorables aux actions humaines. Ce sont des esprits masculins et féminins dont l'élément de base est l'eau (la Lune est par excellence la planète de l'humidité). Pour neutraliser ou se concilier ces mauvais esprits, on confectionnait des amulettes ou des statuettes. L’observation des demeures lunaires arabes allait donc de pair avec les rites et la magie.
Enfin, le calendrier malgache, d’influence arabe est très instructif. D’un part parce que les mois malgaches sont désignés par les noms des signes zodiacaux arabes écrits et prononcés à la façon malgache. Ensuite parce que l’année comporte des mois de 28 jours. Contrairement au calendrier occidental, la durée d'un mois malgache (qui correspond à la lunaison) est variable. La lunaison peut durer entre 26 à 30 jours. Il faut compter 28 jours pour les mois Adaoro, Adizaoza, Alahasaty, Asombola, Alakarabo, Alakaosy, Adalo, Alohotsy alors qu'il faut attendre jusqu'à 31 jours avant que la nouvelle lune n'apparaisse en Alahamady, Asorotany, Adimizana, et Adijady. Le 28ème jour est de nature astrologique et il faut compter 1 jour entre celui ci et l'apparition de la nouvelle lune, voire 2 pour Alahamady, Asorotany, Adimizana et Adijady. Ces jours supplémentaires sont appelés, en astrologie, les « jours qui reviennent » ou « qui tuent ». Ces jours soulignent une notion de destin. Plus précisément, les mois « possèdent » des destins (Vintana) : 3 destins pour 4 mois et 2 pour les autres. On en arrive donc à (3 X 4) + (8 X 2) = 28 destins. Ainsi, on ne peut s'empêcher de faire le rapprochement avec les 28 maisons de l'astrologie arabe.
Pour finir, remarquons qu’il y a un fort rapprochement entre la religion musulman, la Lune et les étoiles, dans les drapeaux des pays musulmans. Historiquement, ce n’est que sous l'Empire ottoman que croissant de lune et étoile se sont affiliés avec le monde musulman. Lorsque les Turcs ont conquis Constantinople (Istanbul) en 1453, la légende raconte que le fondateur de l'Empire ottoman, Osman, fit un rêve dans lequel le croissant de lune s'étendait d'un bout de la terre à l'autre. Prenant cela comme un bon présage, il choisit de garder le croissant pour en faire le symbole de sa dynastie. Cependant, la Lune jouait un rôle prédominant dès l’époque pré-islamique : Houbal, le dieu de la lune était adoré et associé à la Kabah (Ka'ba ou Ka'aba) la grande construction cuboïde au sein de la masjid al-Haram (« La Mosquée sacrée») à La Mecque, dont Houbal était le seigneur (Watt, 1971).
 
Conclusion
 
Nous avons vu qu’il est possible que les premiers calendriers aient été de nature lunaire et stellaire dans le monde chamanique préhistorique, puis dans le monde des bédouins pré-islamique et que, enfin, les demeures lunaires puissent avoir été des survivances de ce type de calendrier lunaire aligné sur les étoiles. L’adoption du calendrier luni-solaire, c’est-à-dire du cycle de la Lune dans sa révolution synodique, donnait naissance à l’astrologie avec ses 12 signes et ses 13 constellations, alors que l’adoption du calendrier solaire favorisait les religions solaires, puis monothéismes, et les représentations impériales, à Rome, puis, sous le christianisme européen, le zodiaque à 12 signes et l’allégorie des saisons. Nous obtenons donc divers modèles calendaires qui se déclinent dans les trois régimes de l’imaginaire astronomique.
 
Les calendriers, dans les différentes cultures astronomiques, répartis dans les 3 régimes
 
Régimes
Diurne
Mixte
Nocturne
Cultures
Egypte, Maya et Aztèques, Rome (calendrier julien), Europe catholique (calendrier grégorien)
Mésopotamie (Juifs, Musulmans) Grèce, Celte, Océanie (Polynésie), Maya et Aztèques, Afrique, Amérindiens
Monde chamanique préhistorique, monde arabe pré-islamique, monde bouddhiste (Chine, Japon, Inde…)
Calendriers
Solaire (année vague)
Luni-solaire  (période synodique)
Lunaire (révolution sidérale)
Nb jours/mois
30 (nb/3) ou 31 (nb 1er)
29 (nb 1er) ou 30 (nb/3)
28 (nb/2)
Nb mois/année
12 mois
12 (+ 13è mois*)
13 mois
Nb jours/année
365 (nb/5) (5 jours épagomènes)
354 (nb/2 et /3)
364 (nb/2)
Exemples de mythe et symbole
Disque solaire de Kenaton/Aton en Egypte, empereur solaire à Rome
Dyade Soleil-Lune, équidistance de Soleil-Lune chez les Amérindiens et en Polynésie
Drapeau et religion lunaire chez les musulmans
Astrologie
Europe : zodiaque et allégorie des saisons
Babylone : 12 constellations, Grèce : zodiaque à 12 signes et 13 constellations. Maya : 13 constellations
28 demeures lunaires en Chine, Japon, Inde, astrologie arabe
* sauf chez les Musulmans
 
Le nombre de jours dans l’année varie donc en fonction du calendrier adopté. Pour les calendriers solaires, du régime diurne, le nombre de jours dans l’année es de 365, nombre divisible par un nombre premier (5), les jours épagomènes étant aussi de 5 (nombre premier). Pour les calendriers luni-solaires, du régime mixte, les 354 jours obtenus sont divisibles par 2 (nombre pair) et par 3 (nombre premier). Enfin pour les calendriers lunaires (révolution sidérale), le nombre de jours dans l’année est de 364, nombre pair. La nature des calendriers, répartie dans les trois régimes de l’imaginaire souligne donc encore une fois la différenciation des régimes de l’imaginaire en fonction des nombres : du nombre de jours de l’année décliné en sous multiple de nombre premier (régime diurne), de nombre premier et pair (régime mixte) et de nombre pair (régime diurne).
 
 



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