L'Anthropo-Bio-Cosmologie : l'ABC des relations
Anthropologiques entre la Biologie humaine et le Cosmos

 
 
Zodiaque des tropiques et zodiaque ascensionnel
 
L’une des « clef » de l’interprétation astrologique réside dans l’association du signe solaire avec celui de l’ascendant. En général, les astrologues modernes utilisent des formules d’association pour donner un pronostic fondé sur la qualité de rapport entre ces deux signes. En dehors des différentes méthodes et écoles théoriciennes sur cette pratique associative, généralement les astrologues mêlent curieusement les critères du signe solaire, dépendant de la photo-périodicité à ceux de l’ascendant, comme si ce dernier dépendant aussi de critères photo-périodiques. Pourtant, il n’en est rien et nous interrogerons ici sur les critères possibles pour définir le fameux « signe ascendant ».
 
Le zodiaque des tropiques : les « signes » de l’horoscope
 
Le « zodiaque tropique » est un terme employé par les astronomes et les astrologues dans le cadre de leurs explications pour désigner une méthode de division du zodiaque des signes et, pour l’astrologie moderne, le zodiaque photo-périodique. Les tropiques, les deux lignes parallèles à l'équateur dont elles sont séparées de part et d'autre de 23° 26' de latitude, sont celui du Cancer au nord et celui du Capricorne au sud. Les noms de Cancer et Capricorne ont été attribués selon la position du Soleil dans le zodiaque. Dans le zodiaque tropique, les positions des astres sont repérées par rapport au point vernal, position occupée par le Soleil lors de l'équinoxe de printemps dans l'hémisphère Nord. L'écliptique est divisé, en partant du point vernal, en douze secteurs abstraits de trente degrés chacun, les signes du zodiaque. Ceux-ci sont liés à la succession des saisons et donc à la photo-périodicité.
 
Hipparque
Hipparque (IIe siècle av. J.-C.)
 
Le zodiaque tropique fut inventé par Hipparque (IIe siècle avant notre ère), après l’avènement de sa découverte de la précession des équinoxes qui donnait vie à deux zodiaques : celui des signes (ou zodiaque tropique) et celui des constellations (ou zodiaque sidéral).
 
precession< Précession des équinoxes
 
Certains assyriologues pensent que les babyloniens connaissaient déjà, avant Hipparque, le décalage des saisons par rapport aux constellations et utilisaient les deux zodiaques (Fenice, 1993).
 
 
Le terme « horoscope » vient du grec, qui associe les mots « heure-lieu » et « vue-yeux» et signifie, selon les spécialistes de l’histoire grecque : « signe visible dans l’espace-temps ».

Or, à l’origine, les premiers horoscopes babyloniens ne précisaient pas le signe ascendant de la naissance, mais seulement les positions des sept corps célestes dans le zodiaque (Guichard, 1994).
 





lion
< Lion de Commagène : bas-relief décrivant l’horoscope du roi (70-38 av. J.-C.)
 

De plus, l’heure pouvait être celle de la naissance ou celle de la conception, cette tradition se perpétua jusqu’à l’époque romaine.
S’il est difficile de dater les premiers horoscopes babyloniens, il est probable qu’ils soient apparus à la fin du Ve siècle avant notre ère.
Mais ce sont surtout les Grecs qui, probablement par l’apport de l’astrologie perse, furent les premiers à concevoir l’horoscopie comme nous l’entendons aujourd’hui, c’est-à-dire avec les pronostics sur le signe ascendant.
 









Petite histoire de l’horoscopie : une « ascension » difficile !
 
C’est que le calcul de l’ascension des signes n’était pas chose facile et la petite histoire du zodiaque montre bien combien l'horoscopie eut une « ascension » difficile dans le petit monde clos des astrologues.
C'est en Egypte que sont attestés les premières observations des levers et couchers synchrones entre les constellations à l’époque d’Eratosthène (Devilliers, 2005). A Rome, les astronomes procédaient à l’observation des levers et couchers des constellations, que l’on appelait paranatellon ou « se lever en même temps » (Ovide, Fastorum, II), et, dans l’Antiquité tardive, Cappella (Capella, Astronomie) calculait les durées des levers et couchers des signes zodiacaux, calcul issu d’une vieille tradition qui jalonne l’histoire de l’astrologie grecque de Bouché-Leclercq (Bouché-Leclercq, 1963). Selon ce dernier, les astrologues s’aperçurent que certains signes du zodiaque montent plus vite que d’autres au-dessus de l’horizon, ces mêmes signes descendant au contraire plus lentement de l’autre côté. « Et la chose était de grande conséquence, car les pronostics concernant la durée de la vie étaient fondés sur la valeur des arcs du cercle zodiacal exprimé en temps…» (Ibid., p.259). Hipparque, au IIe siècle avant notre ère, s'était intéressé au sujet et Ptolémée, au IIème siècle de notre ère, rectifia les solutions proposées. Les divergences que constatent les savants antiques entre les tables dressées par les anciens et les nouveaux astrologues montrent bien que l'accord n'avait pu se faire.
 
petosis< représentation de Pétosiris (http://alain.guilleux.free.fr),fondateur mythique de l’hermétisme astrologique
 
Pour la petite histoire, le nom du mathématicien Hypsiclès, qui vivait à Alexandrie environ un demi-siècle avant Hipparque, fut travesti par les Arabes en Esculeus ou Asclepius, nom appartenant à la tradition hermétique. Ainsi, le nom de l’astronome Hypsiclésfut déguisé en Pétosiris, le fondateur mythique de l’hermétisme astrologique (Ibid, note 3, pp.263-4). Les Égyptiens, qui avaient commencé par ignorer le problème des ascensions, adoptèrent les tables d'Hypsiclès, qu'on avait fini par mettre sous le nom de Pétosiris
 
La difficulté du problème des ascensions consiste en ceci que les signes du Zodiaque montant au-dessus de l'horizon et descendant au dessous plus ou moins obliquement, leur vitesse angulaire ne peut être mesurée que sur l'équateur. Il s'agit donc de convertir les degrés d'ascension oblique (zodiaque) en degrés d'ascension droite (équateur). L'obliquité du zodiaque par rapport à l'équateur est un élément fixe du problème, mais l'angle que fait l'horizon du lieu avec le plan de l'équateur et celui de l'écliptique est une variable suivant la latitude du lieu d'observation, c'est-à-dire que, tous les calculs une fois faits pour une latitude donnée, il faut les recommencer pour une autre latitude. La question, d'importance capitale pour les astrologues, intéressait aussi les astronomes car eux aussi marquaient les degrés de longitude sur l'écliptique, et ils s'obligeaient par là à établir la correspondance des degrés de longitude avec les degrés d'ascension droite marqués sur l'équateur, cadran de l'horloge du monde.
Aussi les plus doctes géomètres de la Grèce avaient cherché des méthodes de calcul.
 









table ascension< Tableau des ascensions dites Pétrosiriaques (d'Hypsiclès) utilisé par les astrologues dont Manilius avec les « climax » (latitude) d’Alexandrie (1er colonne) et de Rhodes (2è colonne).Il faut noter que la progression de la différence des durées d’ascension d’un signe à l’autre est linéaire (3°20’ pour Alexandrie et 4° pour Rhodes).















L'observation avait appris depuis longtemps que les parties les plus obliques du zodiaque sont celles qui montent le plus vite au-dessus du plan de l'horizon. Au coucher, la position se trouvant renversée, ceux qui avaient monté le plus vite sont les plus lents à descendre. Aussi disait-on que « le Bélier est le plus rapide des signes ». Ce que les mathématiciens cherchaient, c'était la progression suivant laquelle le temps ascensionnel allait croissant du Bélier à la Vierge, et le temps de la descente décroissant de la Balance aux Poissons. Ils avaient fini par dresser, en usant de diverses méthodes empiriques, des tables calculées pour sept « climats » ou latitudes.
Manilius, au Ier siècle avant notre ère, considérait comme utilisables en tous lieux les chiffres qu'il a réussi à versifier et qu'il emprunte au tableau anaphorique du climat de Rhodes (Ibid, p.269). Firmicus Manilius (Mathesis, II) au IVe siècle de notre ère, indique la position des différents « lieux » (cuspides des maisons) en comptant par 30° depuis l’horoscope, ce qui signifie qu’il ne tient pas du tout compte des différences de durée d’ascension des signes. Pourtant Hipparque (Commentaire, II, 4-III, 4), dès le IIe siècle avant notre ère, donnait la durée d’ascension au lever des signes sur la latitude de Rhodes (36°nord) que voici.
 
signes
degrés de temps
=
différences/signe précédent
Poissons
21 2/3
1 h 26mn 40s
-13mn 20s
Bélier
21 2/3
1h 26mn 40s
0
Taureau
25
1h 40mn
+13mn 20s
Gémeaux
28 1/3
1h 53mn 20s
+13mn 20s
Cancer
31 2/3
2h 6mn 40s
+13mn 20s
Lion
35
2h 20mn
+13mn 20s
Vierge
38 1/3
2h 34mn 20s
+14mn 20s
Balance
38 1/3
2h 34mn 20s
0
Scorpion
35
2h 20mn
-14mn 20s
Sagittaire
31 2/3
2h 6mn 40s
-13mn 20s
Capricorne
28 1/3
1h 53mn 20s
-13mn 20s
Verseau
25
1h 40mn
-13mn 20s
< Durée d’ascension des signes sur la latitude de Rhodes, selon Hipparque
(Les différences d’ascension par rapport au signe précédent ont été ajoutées par nous)
D’après ce tableau, la progression de la durée d’ascension des signes du zodiaque à leur lever devrait être la même à partir du signe du Taureau jusqu’au Lion (+13mn 20s par signe) pour augmenter d’une minute en Vierge (+14mn 20s). Balance et Vierge ont la même durée d’ascension. La durée d’ascension du signe du Scorpion se ferait plus courte de 14mn 20s, puis à partir du Sagittaire la même progression linéaire aurait lieu jusqu’aux Poissons (-13mn 20s par signe), ces derniers ayant avec le Bélier la même durée d’ascension. Cela signifie que pour Hipparque et ses successeurs, astronomes et astrologues, il s’agissait d’estimer la durée moyenne de l’ensemble d’un signe et non d’une planète, d’une étoile ou d’un point astronomique particulier se levant à l’horizon. C’est donc sur les particularités de la durée d’ascension d’un signe des tropiques que les astrologues étaient renseignés. Et ce sont sur ces particularités exprimées en temps que les pronostics des astrologues (horoscopes) concernant la durée de la vie devaient être fondés, même si dans la pratique les astrologues non férus d’astronomie, comme Firmicus, semblaient ignorer ces particularités ascensionnelles pour leur préférer des caractéristiques analogiques et symboliques.










 
signes
durée du lever
caractéristiques de ces différences
Différences /signe précédent
durée du coucher
Poissons
1 h 20
signes d’ascension rapide
- 20 mn
2 h 40
Bélier
1 h 20
évolution nulle de l’ascension rapide
0
2 h 40
Taureau
1 h 40
évolution rapide de la vitesse d’ascension plus lente
+ 20 mn
2 h 20
Gémeaux
1 h 55
+ 15 mn
2 h 05
Cancer
2 h 05
évolution moyenne de la vitesse d’ascension plus lente
+ 10 mn
1 h 55
Lion
2 h 20
évolution rapide de la vitesse d’ascension plus lente
+ 15 mn
1 h 40
Vierge
2 h 40
signes d’ascension lente
+ 20 mn
1 h 20
Balance
2 h 40
évolution nulle de l’ascension lente
0
1 h 20
Scorpion
2 h 20
évolution rapide de la vitesse d’ascension plus rapide
- 20 mn
1 h 40
Sagittaire
2 h 05
- 15 mn
1 h 55
Capricorne
1 h 55
évolution moyenne de la vitesse d’ascension + rapide
- 10 mn
2 h 05
Verseau
1 h 40
évolution rapide de la      vitesse d’ascension + rapide
- 15 mn
2 h 20
 Martianus Capella (Le Boeuffle, 1998, p.64), au Ve siècle de notre ère, lui, indique des ascensions très symétriques des signes rapides et des signes lents (voir tableau suivant) et une progression non linéaire de la durée d’ascension d’un signe par rapport au précédent.
 
< Ascension des signes selon Capella (les différences par rapport au signe précédent et les caractéristiques de ces différences ont été ajoutées par nous)
 
Les nombreux problèmes de calcul et la nécessité de la connaissance de l’heure de naissance ou de conception forçaient bien souvent les astrologues à employer des procédés purement symboliques, comme par exemple les jours et les heures bénéfiques ou néfastes. Finalement, les auteurs d’horoscopie prenant en compte l’ascendant furent ceux de l’Antiquité tardive : Critodemus (Ier s.), Ptolémée (IIe s.), Antigonus de Nicée (II-IIIe s.), Vettius Valens (IIIe s.), Hephaestion (IVe s.), Palchus (Ve s.), Eutocius (V-VIe s.), Rhetorius et Stephanus (VI-VIIe s.) qui exercèrent surtout dans l’Empire byzantin et oriental (Neugebauer, Van Hosen, 1987).
horoscope grec




< Horoscope grec de la période byzantine (Neugebauer, Van Hosen, 1987, p.154)
 















Géminius qui prétendait que les « anciens » ne savaient pas que « les Poissons sont aussi rapides que le Bélier, la Balance aussi lente que la Vierge », signifie à sa façon que dans l’esprit des astrologues il était notoire que le Bélier soit rapide et que son ascension horoscopique soit à l’image de sa symbolique solaire et printanière, alors qu’il était plus difficile de le concevoir pour les Poissons. On le voit, bien des « écarts » à la logique d’une interprétation de l’horoscope doivent être imputés à la tradition de la symbolique solaire. En effet, les astrologues mêlèrent souvent à leurs interprétations la symbolique des signes solaires à celle de l’ascendant de l’horoscopie.
 

Qu’est-ce que le zodiaque ascensionnel ?
 
Nous avons vu que le zodiaque photo-périodique expliquait l’effet zodiacal par celui de l’alternance des saisons sur l’Homme. Mais qu’en est-il de l‘horoscopie, c’est-à-dire du signe ascendant ? Ce dernier n’a rien à voir avec la photo-périodicité, mais, comme nous venons de l’évoquer dans notre petite histoire, a tout à voir avec la vitesse et l’inclinaison de l’ascension des signes sur l’écliptique.
Il faut savoir que le mouvement ne se fait pas de façon uniforme mais que les six signes proches du point vernal sont plus rapides que les six autres. Ainsi, pour les horoscopes septentrionaux, l’ascension des signes des Poissons et du Bélier se fait presque à l’horizontal, alors que l’ascension de la Balance et de la Vierge se fait presque à la verticale, ce qui rend leur lever respectif très lent (voir notre illustration pour la latitude de Grenoble, ci-dessus).
 
ascension geneve
Lever du Bélier et de la Balance au-dessus de Grenoble (Nicola, 2005)
 
Pour reprendre le même exemple, sous la latitude de Genève, la hauteur des signes zodiacaux transitant le milieu du ciel (MC) passent de 22°35’ pour le couple Bélier-Poissons, à 25° 70’ pour le couple Taureau-Verseau, puis à 34° 30’ pour le couple Gémeaux-Capricorne, à 49° 70’ pour le Cancer-Sagittaire, 63° 53’ pour Lion-Scorpion et enfin à 68° 45’ pour le couple Vierge-Balance. Ainsi, toujours sous la latitude septentrionale de Genève, cela donne un mouvement de verticalisation la plus extrême dans les signes ascendants de la Vierge et de la Balance et un mouvement d’horizontalisation le plus extrême dans les signes ascendants des Poissons et du Bélier.


ascension vierge< Le lever  « horizontal » des Poissons et du Bélier , en Mésopotamie






Bien sûr ces caractéristiques du mouvement zodiacal en 24 heures s’élargissent ou se modèrent en fonction de la latitude locale de l’horoscope et surtout elles s’inversent pour la même latitude en hémisphère austral. Voici un exemple de l'inclinaison ascensionnelle des constellations en Mésopotamie.











acension belier
< Le lever « vertical » de la Balance et de la Vierge
 
 



De plus ces caractéristiques du mouvement ascentionnel du zodiaque s'applique aussi pour les signes solaires.














Le zodiaque mésopotamien est-il ascensionnel ?


ascension ecliptique 1<L’inclinaison de l’écliptique et des constellations du nord sur l’horizon,  en Mésopotamie (solstice d’été)




Les Mésopotamiens observaient aussi l'inclinaison de l'écliptique des constellations de l'hémisphère nord et sud du zodiaque. Elles apparaissaient plus hautes vers le solstice d'été et plus basse au solstice d'hiver. C'est-à-dire que le Soleil produisait des ombres plus courtes, en rapport avec la symbolique du proche et du terrestre lorsqu'il parcourait l'hémisphère nord du zodiaque, alors qu'il produisait des ombres plus longues, en rapport avec la symbolique du lointain et du céleste lorqu'il parcourait l'hémisphère sud du zodiaque.








 
 
 
acension ecliptique 2
<L’inclinaison de l’écliptique et des constellations du sud sur l’horizon, en Mésopotamie (solstice d’hiver)





Le zodiaque mésopotamien tenait donc compte de la vitesse d'inclinaisons de l'ascension des constellations mais aussi de la différence de l'inclinaisons sur l'écliptique, entre les constellations de l'hémisphère nord et celle de l'hémisphère sud, répondant à une symbolique du proche et du terrestre, pour le nord, et à celle du lointain et du céleste, pour le sud. Bien sûr, cette symbolique peut être rapprochée du zodiaque solaire, mais pas photopériodique, car à l'époque mésopotamienne, il s'agissait d'un zodiaque des constellations (Knappich, 1985, p.49) dont le symbolisme reflétait à la fois celle du Soleil, celle de la vitesse d'inclinaisons ascensionnel des constellations et celle, enfin celle de la différence d'inclinaison des constellations, entre hémisphère nord et sud.



 


Le zodiaque mésopotamien constitué de 12 constellations de 30° chacune (Faffitte, 2008, p.122)
zodiaque mésopotamien






































Selon Laffitte, c'est dans un éphéméride mésopotamien daté de 463 av. J.-C. que l'on désigne pour la première fois un espace déterminé de l'écliptique qui sert à localiser les planètes dans douze constllations de 30° chacune. (Faffitte, 2008, pp.121-122). Dans le contexte mésopotamien, les représentations historiques des constellations  font référence, en partie, au zodiaque solaire et, d’autre part, au zodiaque ascensionnel. Par exemple, le Bélier et le Taureau sont des symboles solaires et bestiaires, voire thériomorphiques et surtout chthonien, c’est-à-dire en relation à la Terre-Mère et au monde souterrain (par le grondement, produit par les galops, assimilé à l’enfer) tout en évoquant l’ascension céleste et l’élévation aérienne (en raison des cornes, des ruades et des sauts des bovins). Cependant, alors que le Bélier est souvent assis, la tête tournée, le Taureau est souvent représenté comme s’il prenait son envol (le "Taureau céleste") . Cela montre une déclinaison du symbole « ascensionnel », des constellations progressant vers la verticalité. Les Gémeaux, qui se retrouvent dans les textes cunéiformes, représentaient originellement un dragon bicéphale (Fuzeau-Braesch, 1989, p. 33), mais ils resteront d’une certaine manière toujours bicéphale puisqu’ils seront stylisés par deux anthropomorphes unis l’un à l’autre. Le Cancer, lui aussi tout d'abord, comme les Gémeaux bicéphales, était représenté par deux têtes rapprochées d'un dragon mâle à tête de vautour et d'une femelle à tête de Lion (Ibid, p.33). La forme stylisée du Cancer  rappelle d’ailleurs ces deux têtes. Nous avons donc, originellement, deux signes du solstice d’été qui font appel à une symbolique thériomorphique (les dragons) bipolaire. Le Lion prenait, sur les anciennes frises de Babylone, la forme de démon (Ibid, p. 34) et évoque lui aussi la symbolique thériomorphique pour rejoindre plus tard le monde animalier du Bélier et du Taureau. La "jeunne fille" qui tient l'épi à la main est la Vierge, la Terre-Mère que les femmes de Babylone priaient en tant que divinités luno-chthonienne. C’est donc, avec l’hémisphère septentrional du zodiaque toute la symbolique terrestre et chthonienne qui joue un rôle primordial, bien que certains symboles ascensionnels soient présents.
En ce qui concerne l’hémisphère austral du zodiaque, les signes d'automne semblent plus anthropomorphiques et repésenté par des objets contendants. La Balance correspondait d'abord au « teneur de Balance représentant le marchand des premières grandes cités de Mésopotamie » (Ibid., p.34). Le poids, la mesure, l’abstraction deviennent roi. Le Scorpion était assimilé à Girtab, qui signifie « celui qui pique ». Le dard faisait donc suite au « fléau » de la Balance et précédait les flèches du Sagittaire, être hybride, à la fois anthropomorphe et chthonien par la symbolique du chle "centaure-archer"). Le Sagittaire et le Scorpion ont eu tous deux des représentations anthropomorphiques, sur certaines représentations babyloniennes on trouve, en effet, un « homme-scorpion » (Gleadow, 1971, p.263) brandissant un arc, tout à fait comparable à l’archer-centaure du Sagittaire. Le Capricorne lui aussi est un être hybride, sorte de poisson-chèvre (le "carpe-chèvre") symbolisant la conjonction des contraires, de l’eau céleste avec la montagne terrestre. Les signes d’hiver, en général, font référence à l'eau céleste. Le Verseau était représenté sous la forme d'un homme agenouillé versant la pluie d'une urne, et, avec le Sagittaire et la Balance (si l’on tient compte des « marchands des premières grandes cités de Mésopotamie »), prenaient forme humaine bien avant que Gémeaux et Vierge ne prirent leur apparence anthropomorphique. En Mésopotamie, le signe des Poissons annonçaient la saison des pluies. Avec les Poissons ("les Queues"), c’est le troisième signe (les trois signes d’hiver) qui se rapporte à l’eau céleste (« verse-eau » ,  « poisson-chèvre » et "hirondelle").
La représentation historique dans le contexte mésopotamien des constellations du zodiaque, ne faisait donc pas uniquement référence à la symbolique solaire ou saisonnière. Pour la symbolique solaire, il ne s’agissait pas de la photopériodicité mais du mouvement oscillatoire de l’écliptique, plus au nord lors du printemps-été (chthonien, thériomorphique), et plus au sud, lors de l’automne-hiver (anthropomorphique, céleste). Pour la symbolique de l’horoscopie, il s’agissait de la vitesse et de l’inclinaison du signe sur l’horizon.
 
Conclusion
 
Il va s’en dire que si l’on inverse l’horoscope de naissance sous une latitude australe, la symbolique des signes tropiques s’inverse également puisqu’elle est due, d’une part, aux phases d’accroissement de la présence du Soleil au-dessus ou en dessous de l’horizon local (zodiaque photopériodique) et, d’autre part, à la vitesse et de l’inclinaison du signe sur l’horizon. Dans l’hémisphère Sud, sous la latitude de Tahiti (environ 17°30’ Sud), la durée du passage de l’écliptique sur l’horizon (c'est-à-dire l'ascendant de l’horoscope)  est de 6 h 30 mn environ pour les signes des Poissons et du Bélier, alors que cette durée n’est que de 5 h 30 mn approximativement, pour les signes  de la Vierge et de la Balance. Bien sûr, la courbe de ces durées s’inverse pour un horoscope sur la latitude identique mais dans l’hémisphère Nord, soit de 5 h 30 mn pour les signes des Poissons et du Bélier, et 6 h 30 mn pour les signes  de la Vierge et de la Balance. La symbolique des signes ascendant s’inverse donc d’un hémisphère à l’autre.
 



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