L'Anthropo-Bio-Cosmologie : l'ABC des relations
Anthropologiques entre la Biologie humaine et le Cosmos

 
 
Photopériodisme et astrologie : « un » zodiaque sous le signe du « Soleil » ?
 
Pour la plupart d’entre nous, le zodiaque est emblématique de l’horoscope à travers lequel nous avons l’habitude de reconnaître les signes. Ces derniers évoquent souvent une saison, un symbole ou un attribut plus ou moins religieux ou mythologique. Nous verrons que la chose est bien plus compliquée et qu’elle relève même du mythe, au sens de l’invention pure et simple. Sous forme de déclinaisons de questions, nous aborderons les différentes idées reçues à propos du zodiaque. Puis, nous aborderons la vision contemporaine du zodiaque pour nous intéresser aux possibles hypothèses scientifiques sur l’influence de la photo-périodicité de l’astrologie moderne qui, paradoxalement, ne semble pas vouloir retenir cette influence comme explication au fonctionnement du zodiaque.
 
Quelques définitions

Qu’est-ce que le zodiaque ? Le nom « zodiaque » vient du mot grec zodiakos [kyklos], « cercle de petits animaux », de zodiaion, diminutif de zoon : « animal ». Ce nom vient de ce que toutes les constellations du Zodiaque (sauf la Balance, anciennement partie du Scorpion) figurent des créatures vivantes. C’est aussi le nom de la zone dans les cieux autour de l'écliptique où sont observés les déplacements du Soleil ainsi que des planètes. Les planètes et la Lune s'en écartent plus ou moins, et l'on retient comme limite conventionnelle du zodiaque une bande de huit degrés d'arc de part et d'autre de l'écliptique.
Le zodiaque est traditionnellement divisé en douze constellations correspondant à douze signes. En fait, l'écliptique traverse treize constellations dans le ciel, mais l'une d'entre elles, Ophiuchus (ou Serpentaire), ne fait pas partie du Zodiaque traditionnel. Le zodiaque a été divisé au Ve siècle av. J.-C. en douze parties égales (une pour chaque mois de l'année) auxquelles on a donné le nom de la constellation la plus proche, constellation qui pouvait exister bien avant la création du Zodiaque. 
Ces « signes » sont des secteurs réguliers de 30°, conventionnellement décomptés à partir du point vernal ou équinoxe du printemps. Ils n'ont dès l'origine qu'un rapport lointain avec les constellations du même nom, dont les limites et positions sont évidemment irrégulières. De plus, ce rapport s'est constamment distendu au fil du temps, du fait de la précession des équinoxes. Il ne faut donc pas confondre les constellations, assemblage analogique d'étoiles, et les signes, portions de 30° de l'écliptique en partant de l’équinoxe du printemps. La forme d'astrologie la plus courante en Occident n'utilise que très secondairement les constellations. Pour l'astrologie classique, on ne naît pas sous une « constellation », mais sous un « signe ».
 
 signe et constellation
 
 Zodiaque des signes et des constellations (source : w.w.w.astroclic.net)
 
 
Petite histoire du zodiaque
 
mul apinQuelle est l’origine du zodiaque ? Pour beaucoup, l’astrologie et le zodiaque sont mésopotamiens. Si cela est vrai historiquement parlant, parce que les Babyloniens ont été les premiers à concevoir un zodiaque, cela l’est moins, anthropologiquement parlant, parce que plusieurs cultures astronomiques ont conçu un zodiaque. Nous y reviendrons, en préférant ici nous attacher montrer les différentes origines du zodiaque.
L’origine mésopotamienne est à trouver dans la conception des « trois voies célestes », dans le texte des tablettes dites « Moul Apin », qui répartissent 66 constellations dans le ciel sous le patronage du dieu Anou, représentant du supramonde (cieux) au centre, de la divinité Ea, personnifiant l’inframonde (enfers) du sud, et Enlil le dieu de l’atmosphère (intermédiaire) au nord. Les constellations inventoriées dans ce traité sont classées comme appartenant à l’un de ces trois voies, en fonction du lever héliaque des étoiles. Les constellations proches de l'étoile polaire sont identifiées comme appartenant à la voie d'Enlil (nord) etc… Ces trois voies ne sont pas séparées par des limites fixes, elles ont été introduites après l'identification des dieux aux constellations. Ecoutons un spécialiste.
« Une tablette de la série Moul Apin range à part 18 constellations se trouvant sur l'orbite de la lune, du soleil et des planètes : il s'agit là de la toute première définition de la ceinture zodiacale. Son libellé comme ‘chemin du soleil/de la lune’ propose déjà une idée de cycle rythmant les ans, les saisons et les mois. Une autre liste postérieure diminue le nombre de ces constellations à 15, et il faut attendre le Ve siècle pour trouver un zodiaque réduit à 12 constellations » (Michel, 1994, p.38).
On notera que les premiers rudiments du zodiaque étaient déterminés par le lever héliaque (c’est-à-dire juste avant le lever solaire) des constellations et non par le transit du Soleil, ce qui revient à dire que les saisons n’étaient pas déterminées par le Soleil dans les constellations mais pas la visibilité des étoiles au cours de l’année. C’est ce procédé qui fut aussi utilisé en Egypte (Devilliers, 2005).
L’astrologie fut introduite en Grèce par le Chaldéen du nom de Bérossos, au IIIe siècle avant notre ère, et nous devons le zodiaque que l’on connaît aux Egyptiens, qui y introduisirent la constellation du Bélier, et surtout aux Grecs de l’époque ptolémaïque, c’est-à-dire après la conquête l’Alexandre Le Grand, époque à partir de laquelle le zodiaque prit sa forme définitive en Grèce et plus tard à Rome. Mais, en dehors du courant de diffusion géographique du zodiaque, qui vient de Babylone et passe par l’Egypte et la Grèce, la tradition perse du zoroastrisme a joué un rôle certain, au Ve siècle avant notre ère, qui influença (directement et indépendamment de ce premier courant) le zodiaque gréco-romain. Selon la thèse d’Anna Caiozzo, l’influence perse sur le zodiaque auraient été encore sensible au Moyene Âge, par l’intermédiaire de l’astronomie arabe que l’Occident et l’Orient reçurent en héritage dès le VIIIe siècle (Caiozzo, pp.29-60, 2003). Le zodiaque ne fut donc pas un « produit fini », mais, bien au contraire, l’histoire zodiaque démontre la complexité de l’ « influence orientale » qui fut notre legs.
 
La pluriethnicité des zodiaques
 
On a longtemps cru que le zodiaque fut l’apanage de l’Occident qui l’aurait reçu de l’Orient et que son invention aurait été, en quelque sorte, un des signes de la civilisation orientale dont le monde moderne aurait hérité. Pourtant les ethnoastronomes découvrirent que, bien au contraire, la conception zodiacale n’était non seulement pas le propre de la civilisation, au sens chauvin du terme, mais qu’elle n’était pas le monopole de l’Ancien Monde. Selon l’ethnoastronomie, l'apparition du zodiaque est le résultat de l’observation astronomique et de techniques de représentation cosmographique qui existent dans les cultures très différentes les unes des autres. Selon nous, le zodiaque pourrait découler de certaines formes de sophistication astronomique, tels que l’emploi du calendrier soli-lunaire et l’invention de l’écliptique, mais aussi de certaines représentations cosmogoniques, tels que l’axe du monde ou l’arbre cosmique. Nos recherches ethnoastronomiques montrent la corrélation possible entre un des plus grand symboles universel, l’ « arbre cosmique », la représentation cosmologique d’un axe du monde, entre l’écliptique et la Voie lactée, et l’élaboration d’un zodiaque (Cruchet, 2011).
Une autre problématique rencontrée en ce qui concerne la question de savoir s’il a existé d’autres zodiaques dans les autres mondes est souvent liée au brassage des cultures, dans les mondes asiatiques. Le zodiaque chinois semble faire preuve d’une telle originalité, par rapport au zodiaque grec, qu’il peut avoir été propre à l’Empire du Milieu. En tous cas, une astronomie proprement chinoise s’était largement épanouie bien avant qu’ai eu lieu l’influence grecque (Morvan, 1985). Le problème se pose pour le zodiaque indien, surtout à l’époque d’Alexandre Le Grand (IVe siècle avant notre ère). Alors qu’il est à peu près certain que le zodiaque indien ait été influencé par l’hégémonie de la culture hellénistique, selon Robert Hand (1996), la question ne se pose pas pour les cultures précolombiennes.
 
zodiaque maya< Zodiaque maya 
(http://www.hharlestonjr.com/zodiac.html)
 

Les Mayas possédaient un zodiaque, au plein sens du terme, formé par 13 signes-constellations (Milbrath, 1999, pp.254-258): le Serpent à sonnette (Pléiades), la Tortue (Orion), l’Oiseau (Gémeaux), la Grenouille (Cancer), le Pécari ou le Cochon sauvage (Lion), un animal non identifié (Vierge), un autre Oiseau (entre la Vierge et la Balance), le Scorpion (Scorpion), le Poisson-Serpent (Sagittaire), un troisième Oiseau (Capricorne), la Chauve-souris (Verseau), le Squelette (Poissons) et l’Ocelot ou Félin sauvage au pelage tacheté (Bélier). Ce zodiaque était donc constitué d’animaux (excepté pour le Squelette) et suivait l’écliptique dont la jonction avec la Voie lactée, qui semble avoir joué un rôle primordial, d’une part, en direction des Pléiades et, d’autre part, vers la Croix du Sud.
Le zodiaque maya suivant l’écliptique de près (Orion s’en écarte un peu plus), la jonction entre le zodiaque maya et la Voie lactée était de première importance dans leur représentation astronomique de l’arbre cosmique (le Fromager ou Ceiba) qui, pour les Mayas, était représenté à travers plusieurs constellations formant une croix : la Croix du sud, la Croix du nord et une croix située dans la constellation du Sagittaire (Ibid., pp.270-273). Il est possible que ce type de représentation astronomique, où l’axe du monde est à la jonction du zodiaque et de la Voie lactée, ait joué un rôle dans d’autres cultures qui inventèrent « leur » zodiaque.
Pour conclure sur le zodiaque maya, précisons qu’il ne fonctionnait pas comme le zodiaque moderne où le signe solaire détermine son influence, mais, au contraire, les constellations étaient observées à leurs levers et à leurs couchers, comme ce le fut à l’origine pour le zodiaque oriental.
 
 






Sous le signe du Soleil : zodiaque et photo-périodicité
 
Aujourd’hui, être né sous tel ou tel signe signifie avoir vu le jour lors de la période du passage du Soleil dans un signe particulier. L’astrologie moderne s’est, en effet, fait l’écho d’un système zodiacal solaire vulgarisé depuis le début de notre ère par les astrologues gréco-romains. Bénéficiant de la réflexion scientifique, l’école des conditionalistes, qui s’émancipa vers la fin des années 50, mit au point une théorie zodiacale répondant aux lois de la photo-périodicité observée par les médecins en matière de troubles saisonniers.
 
Le zodiaque photo-périodique des conditionalistes

L'astrologie conditionaliste est un courant de l'astrologie française. Pour ce mouvement, l'homme est influencé par l'hérédité, appelé « héritage terrestre », et par le système solaire, appelé « héritage céleste ». L'idée de base de l'approche conditionaliste est que chaque être, à sa naissance, reçoit un double héritage : l'un vient de la Terre, l'autre du système solaire, les deux héritages ayant en commun les lois générales concernant l'évolution des systèmes vivants. Le père spirituel des cette école, Jean-Pierre Nicola, s’est inspiré des théories du physiologiste russe Ivan Petrovitch Pavlov, prix Nobel de physiologie médicale en 1904, qui découvrit les lois fondamentales de l'acquisition et la perte des « réflexes conditionnels », c'est-à-dire les réponses réflexes qui se produisaient dans des conditions expérimentales spécifiques chez l'animal. Nicola s’inspira notamment des recherches pavloviennes sur la typologie de l’activité nerveuse supérieure qu’il mit en relation avec les recherches menées sur les rythmes du vivant. Ainsi naquit un zodiaque dit « photo-périodique », parce qu’il répondait aux stimulations de la lumière sur l’Homme, qui ne comportait initialement que quatre types de stimulations (voir figure ci-contre). Il lui fallut concevoir un zodiaque « réflexologique », inspiré du physiologue russe, pour donner naissance aux 12 signes zodiacaux conditionalistes.
 
zodiaque photoperiodique1< Zodiaque photo-périodique (Nicola, 1984)
 
Les éléments du zodiaque photo-périodique apparentent le cycle solaire à une sinusoïde d’une période d’un an qui pourrait induire des phénomènes psycho-nerveux. Ecoutons le père de ce zodiaque.
« Nous avons imaginé la sujétion du cerveau à des stimuli cosmiques, mais le cerveau inférieur (hypothalamus) reçoit d'autres stimuli. Il reçoit les messages de l'organisme sous forme de rythmes nerveux. (…) Il n'est pas sans intérêt de préciser que l'hypothalamus est le centre de la stéréotypie, des schèmes moteurs, de l'émotion, de l'affectivité, de la vie sexuelle, et plus encore qu'il réglerait l'alternance veille-sommeil. Bref, l'hypothalamus est dans le plan de l'astrologie, car l'interprétation porte sur le caractère, les tendances psychologiques, les instincts et leurs variations dans le temps. Les significations dégagées à partir d'un excitant externe (lumière, ondes, etc....) seraient donc valables à partir d'un excitant interne (flux afférent) [souligné par l’auteur]. Nous avons là l'explication de l'identité entre les types Pavloviens, basés sur les mécanismes nerveux, et les types zodiacaux dégagés de l'expérience empirique. Si les principes définis par Pavlov étaient représentés graphiquement c'est à la construction d'un zodiaque jour-nuit que nous aboutirions » (Nicola, 1984, p.39).


 
 


































zodiaque photoperiodique< Zodiaque réflexologique (http://www.astroariana.com/ Le-zodiaque-dans-l-Homme.html)


Nicola conçut le zodiaque réflexologique en attribuant aux quatre saisons des impulsions nerveuses :
·         Printemps : Force d'excitation (le processus dominant, le Jour, croît dans le temps).
·         Eté : Force d'inhibition (le processus dominant, le Jour, décroît dans le temps).
·         Automne : Force d'excitation (le processus dominant, la Nuit, croît dans le temps).
·         Hiver : Force d'inhibition (le processus dominant, la Nuit, décroît dans le temps).
Un autre disciple de l’astrologie conditionaliste, Richard Pellard, précisera (http://www.astroariana.com/Le-zodiaque-dans-l-Homme.html) :
Lorsque la durée d’un arc dominant en durée est croissante, elle est la source de fortes réactions d’excitation (code "F+"). Lorsque la durée d’un arc dominant est décroissante, elle est la source de fortes réactions d’inhibition (code "F-"). Dialectiquement, la Force d’excitation ("F+") implique la faiblesse de l’inhibition (code "f-"), et la Force d’inhibition ("F-") implique la faiblesse de l’excitation (code "f+").
D’où les formules réflexologiques saisonnières :
·        Printemps (Bélier, Taureau, Gémeaux) : Force d’excitation (F+), faiblesse d’inhibition (f-)
·         Eté (Cancer, Lion, Cancer) : Force d’excitation (F+), faiblesse d’inhibition (f-)
·         Automne (Balance, Scorpion, Sagittaire) : Force d’inhibition (F-), faiblesse d’excitation (f+)
·         Hiver (Capricorne, Verseau, Poissons): Force d’inhibition (F-), faiblesse d’excitation (f+)
 
De telles conceptions astrologiques ne sont, bien sûr, que de simples hypothèses théoriques.
Pourtant, certaines études scientifiques tendraient à prouver l’exactitude de l’influence du photopériodisme sur l’Homme.
 




Dépression saisonnière et photopériodisme
 
illustration depressionLes dépressions saisonnières, qui ont été mises en exergue par le docteur Rosenthal (Rosenthal, 1989), pourraient constituer une preuve scientifique de l’effet du zodiaque photo-périodique sur les troubles des humeurs et, partant, sur l’Homme. En effet, les études du médecin montrent l’existence de l’influence des saisons, sur certaines personnes sujettes à la dépression, en fonction des latitudes géographiques (notamment aux États-Unis) : plus la population statistique habite sur un parallèle septentrional, plus le coefficient des troubles est élevé. La pathologie serait donc corrélative à la faiblesse de l’indice de photo-périodicité sur les hautes latitudes.
Les traitements par la lumière artificielle, qui ont donné de bons résultats sur les personnes souffrant de dépression saisonnière en hiver, prouvent également que lorsque la photo-périodicité est augmentée la sensibilité humaine au photopériodisme n’est plus pathologique. Ces études sur les troubles de l’humeur démontrent bien l’influence des saisons solaires sur le système nerveux humain, comme l’avait prévu Nicola. De plus récentes études scientifiques ont expliqué la cause des dépressions saisonnières en hiver par le rôle de la mélatonine qui, au cours des longues nuits de cette saison, est produite en excès et entraîne une torpeur qui ralentit les activités humaines (Kraft, 2005). Ces nouvelles études ont confirmé le rôle de la latitude de résidence, mais ont permit aussi de souligner la prévalence de l’origine génétique de ces troubles de l’humeur. En effet, la mélatonine a pour précurseur la sérotonine dont la recapture synaptique est responsable des troubles de la dépression. Le groupe de recherche de Norman Rosenthal a découvert, en 1999, que les personnes soufrant plus des dépressions saisonnières ont une « version courte » du gène qui code la molécule impliquée dans le système d’évacuation de la sérotonine, elle-même productrice de la mélatonine. L’hypothèse de l’origine génétique du « blues de l’hiver » est confirmée par le pourcentage élevé (entre 13 et 17%) des personnes atteintes de dépressions saisonnières dont leur famille serait également atteinte (Ibid., p.75). Cette explication génétique est intéressante, dans la mesure où elle souligne l’inscription du rôle de la photo-périodicité dans l’histoire biologique de l’humanité.
 
 
Une inversion d'un hémisphère à l'autre ?
 
Paradoxalement, les astrologues modernes ne semblent pas vouloir tenir compte des preuves scientifiques sur la pertinence du fonctionnement photo-périodique du zodiaque. Du moins, l’école conditionaliste a, très tôt, préférée la voie de l’universalité du zodiaque, en parfaite contradiction avec les premières théories de Nicola sur le zodiaque photo-périodique. Déjà, dans les années 80, les conditionalistes, qui semblent avoir pris Françoise Hardy (la chanteuse) comme faire-valoir, publiaient « L’astrologie universelle » (Hardy, 1986) avec un sous titre prometteur, « Le zodiaque comme vous ne l’avez jamais vu », qui annonçait exactement le contraire de ce que l’ethnoastronome sait : les astrologues ont toujours fait preuve d’ethnocentrisme en voulant à tout prix imposer le zodiaque occidental au monde entier ! En utilisant les formules du zodiaque photo-périodique, dans ce livre et dans les suivants), les conditionalistes sapent eux-mêmes leur crédibilité en le prétendant universel, alors que, bien entendu, il devrait s’inverser d’un hémisphère à l’autre comme s’inverse le photopériodisme en fonction des saisons.
C’est qu’en temps était née la conception du « zodiaque des déclinaisons », dans l’esprit conditionaliste, que nous expliquons maintenant.

zodiaque declinaisons< Zodiaque des déclinaisons (http://www.astroariana.com/La-realite-astronomique-du.html)
 
Certes, d’un point de vue géocentrique, le Soleil semble tourner autour de la Terre et son plan orbital apparent est incliné de 23°45 par rapport au plan de l’équateur céleste (la hauteur du Soleil sur l’écliptique par rapport à l’équateur céleste s’appelle déclinaison). Mais, pour les conditionalistes, le zodiaque aura donc une déclinaison nord ou sud (selon qu’un astre est dans l’hémisphère nord ou sud) et le phénomène des déclinaisons le fonde astronomiquement parlant. Et Richard Pellard d’ajouter : « Le zodiaque des déclinaisons est universel : en quelque point de la Terre qu’on se trouve, les déclinaisons planétaires - et leurs effets sur l’être humain - sont identiques » (http://www.astroariana.com/La-realite-astronomique-du.html), sans nous dire pourquoi donc les déclinaisons septentrionales seraient la réplique universelle du printemps et de l’été ou, inversement, pourquoi donc l’automne et l’hiver correspondraient aux déclinaisons australes, en oubliant tout loi physique à laquelle les conditionalistes semblaient si attachés. En réalité, il semble bien que l’analogie entre signes (positifs et négatifs) des déclinaisons ait été établie avec les signaux d’excitation (+) et d’inhibition (-) de la théorie zodiacale originelle. Lorsque l’on sait que, bien entendu, les déclinaisons (+) pour le nord et (-) pour le sud sont purement arbitraires, parce qu’ils ne déterminent en aucun cas une quelconque spécificité astronomique ni du nord, ni du sud, il est clair que le conditionalisme rompu son pacte d’intégrité scientifique lorsqu’il utilisa de tels subterfuges pour imposer un procédé, somme toute, tout à fait classique de l’astrologie occidentale : s’en tenir aux apparences !
 


Le doctrinalisme zodiacal
 
Les sites astrologiques de l’hémisphère sud qui prônent le zodiaque des signes non inversés sont légion :
- http://www.tarot.net.nz/pages/astrology.htm, pour la Nouvelle-Zélande ;
- http://www.faainc.org.au/ : la fédération des astrologues australiens;
http://www.universalastrology.com.au/monthly01.htm, le site australien de l’astrologie universelle.
La résistance à l’inversion des significations des signes du zodiaque dans l’hémisphère sud ne cacherait-elle pas aussi une forme d’idéologie doctrinale ? Nous avons répondu par l’affirmation à cette question, dans notre livre « Ethnoastronomie et traditions astrologiques » (Cruchet, 2009), où, en mettent à l’épreuve l’inversion du zodiaque dans l’hémisphère australe, nous avons été mis à l’index des astrologues. Pourtant, la non inversion des signes ne laisse pas indifférent.
Les réponses face au problème de l’inversion, sont de nature très différente.
Pour les rationalistes, l'influence d'un signe provient de la saison lui correspondant : le signe ne serait que le reflet du climat et de l'ensoleillement observés à une époque, toujours la même, de l'année. « Petit problème de taille ! Cette définition n'a plus rien d'universelle et donc plus rien de scientifique puisqu'elle exclut la moitié des habitants de la Terre (hémisphère sud) où les saisons sont inversées !! (…) [Le zodiaque des tropiques] se veut universel et applicable à l'hémisphère sud malgré l'inversion des saisons (…) suppose que chaque changement de signe correspond à une modification « électromagnétique » due à la saison sans avancer le moindre fait probant » (Puech, 2003). Le rationaliste Laurent Puech poursuit, en parcourant les livres de Suzel Fuzeau-Braesch (1995), et réagit vivement aux affirmations de celle-ci en apprenant que « le fait d'utiliser le même zodiaque pour les hémisphères nord et sud n'est pas gênant ». Et bien si, rétorque t-il : « c'est gênant, car le zodiaque que l'astrologie utilise est un zodiaque qui se cale sur les saisons de l'hémisphère nord, où chaque signe correspond symboliquement aux caractéristiques de la saison où il se situe ».
Pour les astrologues qui emploient le zodiaque des constellations, qui ne s’inverse pas, les autres astrologues font une grave erreur. « Les significations du zodiaque photopériodiques n'ont aucun sens pour les régions tropicales ou équatoriales, où il n'y a que deux saisons, et sont à contre sens pour tous les pays de l'hémisphère sud. Pourquoi alors ne pas tenir compte de l'argument majeur des astronomes envers les astrologues : le fait que ces derniers ne tenaient pas compte de la précession des équinoxes » (http://fas.ifrance. com/histoi/hist00.htm.).
Pour les astrologues qui emploient le zodiaque des signes, la tendance est de faire appel à d’autres critères que les saisons pour sauver les apparences. Certains préfèrent un zodiaque « électromagnétique » s’expliquant par la courbe annuelle des perturbations de l’électromagnétisme de la Terre, dues au fait que le Soleil occupe un des foyers du centre de la révolution terrestre. Mais il faut préciser que ce zodiaque devrait être « universellement »…inversé par rapport aux saisons ! En effet, le Soleil est au plus proche de la Terre, dont il perturbe le champ électromagnétique, en hiver alors qu’il en est le plus éloigné en été.
 
Conclusion
 
Pour l’ethnologue, les astrologues pourraient être tout simplement ethnocentriques. Les propos du maître à penser du zodiaque « photo-périodique » sont, à cet égard, assez déroutants. « Sans les saisons, nous ne saurions rien du zodiaque. Il était normal de célébrer les grands moments de l’année et de donner aux signes qui leur correspondent des symboles en rapport avec les effets du Soleil sur la nature, les activités humaines, le temps, la durée de la lumière, etc…» (Nicola, 2005), nous rassure Jean-Pierre Nicola. Mais, on comprend mal pourquoi il s’empresse d’ajouter : « Dans notre hémisphère, ces variations entraînent les saisons que vous connaissez. Dans l’hémisphère sud, les variations demeurent mais les saisons sont « théoriquement » inversées : l’hiver est notre été, dit-on... sauf que ce n’est pas le même hiver qu’en hémisphère nord, et que notre été n’est pas celui de l’hémisphère sud ».
On ne saurait sous-estimer la connaissance géographique de Nicola, les pays de latitudes australes telles que la Nouvelle-Zélande ou l’Australie connaissant, là où il existe le taux le plus élevé de natalité, des saisons climatiques tempérées comme celle de l’Occident. Mais on admet moins le fait que Nicola méconnaisse que, dans ces mêmes régions, le zodiaque des ne soit pas inversé et que, par conséquent, il semble éluder la question alors qu’il appartiendrait à l’école fondatrice du zodiaque phopériodique de s’en préoccuper.



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